(Dé)possession virtuelle

Cela fait quelques mois que mon royaume virtuel se désagrège au bord de l’effondrement, et je ne sais que faire pour le réparer. Pour une raison que j’ignore, Hypothermia a décidé de ne pas digérer la dernière mise à jour de WordPress – à moins que ça soit une nouvelle version de PHP. Si les apparences sont sauvées, elles sont aussi trompeuses : je rédige mes articles sur une interface minuscule aux briques défaillantes et au goût d’obsolescence programmée. Je me demande chaque semaine quand mon site va définitivement cesser de fonctionner.

La pointe de l’ergonomie.

Il y a des jours où je me réjouis que le blog ait enfin un problème suffisamment gros pour que j’arrête de le rafistoler à bouts de scotch : je fantasme alors sur une idée de refonte qui en assainirait le code depuis les fondations. Moins de dépendances, plus de contrôle : la mode des sites statiques me séduit, sans doute par la nostalgie de mes débuts de publications sur le web il y a plus de vingt ans.

Il y a des jours plus réalistes où je désespère. Réparer le blog, c’est la promesse de dizaines et dizaines d’heures immergée dans des lignes de code – mettons le double si je décide de le transférer sur une nouvelle plateforme. En envisageant la montagne de boulot qui m’attend, j’ai parfois envie de tout plaquer et de me libérer de ce qui me donne l’impression d’avoir un travail parallèle à mi-temps.

La majorité de ma vie s’écoule déjà devant un écran. Le cœur de mon « vrai » travail réside dans des lignes de commande, des scripts à compiler, des jeux de données à analyser. J’ai basé une grande partie de mon métier sur ce qui était au départ une passion adolescente. Avec le prix à payer de la transformer en travail : une fois de retour chez moi le soir, j’ai tout le mal du monde à m’installer sur l’ordinateur pour faire avancer mes projets personnels. À ma droite, la fenêtre qui donne vue sur la forêt où j’ai envie de me balader. À ma gauche, Olaf qui réclame jeux et grattouilles et le canapé où K m’attend pour regarder un film. Mon cœur refuse de se concentrer sur ce qui m’attend devant moi : un clavier, un écran, un tunnel.

J’ai eu un goût doux-amer de cette immersion virtuelle ces derniers jours, lorsque j’ai voulu avancer sur mon souhait de retrouver le contrôle de mes données privées en ligne. Atteignant les limites de mon hébergement mutualisé et me laissant entraîner par l’enthousiasme de quelques geeks dans mon entourage, j’ai acheté un Raspberry Pi que je comptais transformer en petit serveur autohébergé.

Mon petit Raspberry avec sa carte mémoire d’une capacité environ 3000 fois supérieure à son ancêtre :

L’IBM RAMAC 305, premier ordinateur à disque dur (5Mb) commercialisé en 1956.

L’idée était plutôt simple : je comptais rapatrier plusieurs des services que j’utilise encore en ligne (calendriers, contacts, lecteur de flux, archivage d’articles, cloud de fichiers, …) sur mon mini serveur à la maison accessible des quatre coins du monde. Il est vrai que j’aime énormément l’idée d’avoir tous ces éléments dans une petite boîte physique que je conserve dans mon chez moi. Au programme ? Une instance Nextcloud bien huilée, un Wallabag et Miniflux pour commencer.

Allez, au maximum un weekend et ça serait bouclé ? Quelle naïveté. J’ai passé des soirées bien trop longues les mains dans le cambouis à essayer de configurer la bête. Sous la main, une trentaine d’onglets Internet ouverts chacun m’indiquant une marche à suivre différente digne d’une adaptation de recette dans les commentaires d’un blog de cuisine. Je me faisais insulter par la ligne de commande à chaque étape, n’ayant aucune idée de comment décrypter la plupart des messages d’erreur, lançant la majorité des commandes à l’aveuglette en priant pour que les étoiles s’alignent et que mon système fonctionne.

Cerise sur le gâteau, plus je lisais de tutoriels dans l’espoir de trouver des instructions qui m’aideraient, plus je lisais de mises en gardes sur l’extrême importance de tout maîtriser et de parfaitement tout configurer sans quoi de petits hackers chinois de 13 ans allaient s’infiltrer dans mon réseau, prendre mes données en otage et kidnapper mes ressources virtuelles pour les mettre au service du Dark Web. Après une dernière insulte du terminal à une heure bien trop avancée, de rage j’ai tout débranché, je me suis servie une grenadine, un bol de pâtes et j’ai boulotté une saison de Selling Sunset pour me calmer (ne me jugez pas).

ON S’AMUSE (non).

Même si je ne me considère pas comme une geekette de pointe, je suis pourtant loin d’être une tanche dans le domaine. Autodidacte certes, mais bidouilleuse de guerre quand il s’agit d’arriver à mes fins. Au fil des jours et malgré ma frustration, j’ai réussi à construire un système à peu près utilisable : tout n’est pas encore installé, tout n’est sans doute pas hyper sécurisé, mais je commence à m’en servir au quotidien ce qui est un bon signe. Je regrette toutefois que l’alternative aux solutions clef-en-un-si-pratiques-en-plus-gratuites-mais-peu-respectueuses-de-la-vie-privée passe forcément par la case « bidouilles intenses à la sueur de votre front, ne passez pas par la case départ et ne sauvez pas 20000 heures de votre temps libre ». Il y a un côté ironiquement frustrant, à avoir suffisamment de compétences pour comprendre l’étendue du problème sans pour autant être en capacité de le résoudre.

Prenons l’exemple Evernote. Je me suis servie de ses services durant des années pour collecter et organiser tout type d’information : de mes recettes préférées à des idées d’articles en passant par l’organisation de mes voyages et les codes d’accès à mon centre des impôts. Peu à l’aise avec leur changement de position constant sur la confidentialité de mes données, j’ai recherché une alternative qui me rendrait plus confortable sans pour autant sacrifier les fonctionnalités dont j’ai besoin.

Notion, porteur de flambeau du bullet journal en ligne. Source : Notion VS Evernote, Pannita’s toy box

Notion a actuellement le vent en poupe et correspond parfaitement à mes critères : applications sur toutes les plateformes et interface web, personnalisation pointue, interface sexy, grande flexibilité, et en prime depuis peu la gratuité pour les utilisateurs particuliers… Ce qui devrait mettre la puce à l’oreille. En effet. En farfouillant un peu, je constate qu’il est impossible de chiffrer les information qu’on y stocke. Ce qui veut dire que les serveurs de Notion contiennent de façon claire tous les éléments que vous y publiez, lisibles de ce fait par quiconque y a accès (ou quiconque à qui Notion les partage…) La preuve ? Le service de hotline peut consulter toutes vos données – mais ne vous inquiétez pas, ils vous demanderont s’il-te-plaît au préalable.

KOMPROMAT – Possession

C’est d’une logique économique évidente, qu’un service gratuit cherche à se rémunérer par d’autres fins, en exploitant les données de ses clients par exemple. Pour éviter ce problème j’étais prête à souscrire à un service payant répondant à mes critères en matière de confidentialité – je n’ai hélas pas trouvé chaussure à mon pied. J’ai trouvé Standard Notes qui derrière une présentation alléchante a un goût de bâclé très limité (quelle galère pour juste insérer une image !) Ou bien j’ai failli m’abonner à crypt.ee tant la démarche de ses développeurs et le goût du détail m’ont plu. Hélas après quelques utilisations, la sécurité poussée à l’extrême en rendait l’utilisation trop lente pour répondre à mes besoins (rentrer la clef de déchiffrage à chaque fois que je souhaitais prendre une note rapide me devenait bien trop pénible).

J’en suis donc restée à Joplin, solution open source pas très jolie et sans interface web mais qui remplit mes critères fonctionnels, me permet de tout stocker « chez moi » et de chiffrer les informations que j’y recueille, les rendant lisibles par moi seule. J’ai essayé toute une soirée de faire fonctionner Joplin web pour me garantir un accès à distance depuis n’importe quel terminal, en vain ; on ne peut décidément pas tout avoir.

K m’a demandé si ce n’était pas mon cahier des charges qui était bien trop exigeant pour des solutions que développent des Jean-Michels libristes durant leurs nuits d’insomnies. Pourtant je suis prête à soutenir une structure professionnelle et des développements plus conséquents en souscrivant à un abonnement. Payé avec de l’argent, mais pas avec mes informations personnelles. Ce qui semble hélas encore utopique à l’heure actuelle. Je ne peux m’empêcher de me dire que si aussi peu de solutions payantes respectueuses de la vie privée existent, c’est bien que l’exploitation des données utilisateurs est beaucoup plus rentable.

« C’est bien d’avoir des principes, surtout que toi tu t’y tiens » me soutenait K en essayant de me remonter le moral. Le prix que j’y paie, ce sont ces centaines d’heures de mon temps libre passées devant l’écran à bidouiller des solutions jusqu’à atteindre un compromis qui me satisfait. Une fois que j’aurai mis au point mon système maison, le blog sera le prochain à passer sous le bistouri. Je ne suis pas prête à abandonner mes critères en termes de fonctionnalité, d’esthétique et de confidentialité. Alors je n’ai pas d’autre choix que de me retrousser les manches, et de ressortir mon rouleau de scotch.

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18 commentaires

  1. Bonjour,

    Je lis ton blog depuis quelques temps déjà, et je suis tombé sur ce post, ce matin, en me rendant compte que je n’étais pas seul, et que d’autres partageaient ces mêmes dilemnes…
    Le fameux curseur confort sécurité…
    Notion, tout confortable et beau qu’il est, a 2 désavantages conséquents :
    – la confidentialité, puisque pas de chiffrement, assez intolérable en 2020.
    – pas de véritable mode hors ligne, l’époque du tout-connecté en permanence sans doute.

    Je me suis laissé aller pendant une période de quelques semaines, à l’oisiveté informatique, à faire « confiance » à ces entités. Mais le naturel est revenu peu à peu au galop, sans prévenir, pour venir me bousculer et me dire « eh ho, tes valeurs, tu les as oublié ».
    C’est vrai qu’on les oublie. La famille, ne passer son temps devant cet écran à chercher, bidouiller, etc… Il y a des choix et des compromis à faire, pas toujours évident à faire accepter par notre tête.

    Au final, pour en revenir à Joplin, il y a possibilité de soutenir son dev principal avec son Patreon. C’est moins contraignant qu’un abonnement, et ça peut se changer d’un mois à l’autre.

    Au passage je découvre que je ne suis pas le seul timbré sur Terre à me pose ces questions ;).

    1. Bonjour Redscape et bienvenue par ici ! Merci de t’être pris le temps de réagir à cet article et de m’avoir fait cogiter :)

      Cela me rassure de lire que d’autres que moi se sentent tout autant pris au piège, tiraillés entre valeurs, confort et fonctionnalité – cette impression désagréable de prétendre vouloir le beurre et l’argent du beurre sans pour autant avoir l’impression de demander la lune. Cela me soulage peut-être encore plus de lire quelqu’un qui ne me pousse pas dans les extrêmes, que ce soit de tout laisser tomber (Mais pourquoi tu te prends la tête à ce point ?) ou au contraire de ne pas en faire assez (Et t’y penses à ta télé connectée ou à ton compte Spotify ?)

      Ta remarque sur Patreon est pertinente et m’a bien fait réfléchir : j’étais jusqu’ici plutôt réticente à participer à cette forme de mécénat 2.0 qui fait de plus en plus légion, souvent dans un registre artistique. En effet je n’ai pas encore su résoudre le dilemme (l’excuse ?) du « Je ne peux pas donner à tout le monde ! » Pourtant, c’est aussi une forme de soutien des initiatives qui sont alignées avec mes valeurs et exigences – se rapprochant ainsi du modèle d’encouragement financier que je décrivais, je ne l’avais pas considéré sous cet angle ! La question se pose maintenant pour moi du pourquoi je serais prête à sponsoriser par ce biais le développeur d’un service que j’utilise, et non le créateur d’un art que je « consomme ». Ça me donne du grain à moudre…

      (PS : Le sourire diabolique d’Aphex Twin m’a fait sursauter en s’ouvrant dans mon navigateur, hahaha)

      1. Eliness,

        Ah oui, je sais que c’est rare de voir des gens qui postent spontanément :).
        C’est le fléau des Internets d’aujourd’hui : on lit sans déposer de commentaires.
        (bref)

        « …de lire quelqu’un qui ne me pousse pas dans les extrêmes, que ce soit de tout laisser tomber (Mais pourquoi tu te prends la tête à ce point ?) ou au contraire de ne pas en faire assez (Et t’y penses à ta télé connectée ou à ton compte Spotify ?) »

        Je te répondrai : compromis. Savoir le faire est important pour assurer un équilibre mental. Je l’ai vite compris que tomber dans une extrême ou dans un autre ne pouvait être une solution. Beaucoup de mes amis n’arrivent pas à cerner le problème qui est le mien, eux vivant plutôt bien cet espèce d’extrême contradictoire. J’ai toujours eu du mal, même si aujourd’hui, cela tend à disparaître.
        J’ai Spotify (et j’ai gardé ton texte dans Joplin d’ailleurs parce que tu as assez finement analysé la peur qui était la mienne quant aux algorithmes très efficaces du service), un Google Drive (pour fabriquer un podcast avec un ami), une Chromecast, etc… Bref, un ensemble de services qui me font rester un pied « dedans », mais sans oublier ces quelques services, ça et là, dont le contrôle des données est très important.
        Je ne dis pas que c’est la voie qu’il faut suivre. Mais s’abandonner au 1er service est tellement bien pour ton confort tout en étant effrayant pour ta vie privée et ta sécurité à la fois.
        A force justement d’avoir été poussé dans ces extrêmes, je ne pourrai jamais dire à quelqu’un que c’est bien ou mal. Juste montrer une certaine voie alternative, car décidément, tout n’est ni noir ni blanc.

        « La question se pose maintenant pour moi du pourquoi je serais prête à sponsoriser par ce biais le développeur d’un service que j’utilise, et non le créateur d’un art que je « consomme ». Ça me donne du grain à moudre… »

        J’ai mis longtemps avant de donner à Laurent Cozic qui est l’auteur de Joplin.
        Parce que oui, ta réflexion est la même que la mienne, on ne peut pas donner à tout le monde tout le temps. Pourtant, on le fait pour des abonnements, notamment SVOD. Mais quand on est capable de donner de l’oseille à Evernote, Feedly, voire Notion pour les utilisateurs avancées, qu’est ce que 5€/mois (ce que je donne) pour faire avancer un développeur qui répond gentiment aux questions, écoute sa communauté, guide si un bug est déclaré, etc… ? En répondant à ça, j’ai évacué le dilemne de donner en permanence à tout le monde.

        Il n’est guère facile de se débarrasser de ces biais sociaux (pas sûr que ce terme existe), de la pression sociale exercé par la pub, les magazines, les gens qui nous entourent, etc… Il faut juste essayer de.

        D’ailleurs, si tu as besoin d’un coup de main pour ton blog ou installer des choses sur ton rpi, n’hésite pas ;).

        (Mwhahaha, c’est la meilleure photo de moi-même^^)

        1. J’ai depuis longtemps fait la paix avec le fait que le blog génère bien moins de commentaires qu’il y a quelques années, réalisant que moi-même me donne bien moins cet effort de commenter chez les autres. Ce dernier constat me dérange bien plus à vrai dire, tant j’ai envie pourtant d’encourager les personnes qui se prennent du temps et des efforts pour publier du contenu qui me parle. J’essaie ainsi régulièrement de prendre conscience de la frénésie de consommation superficielle d’information à laquelle me pousse le web, m’imposant de ralentir pour prendre moi aussi le temps de quelques lignes de réponse. J’en connais la valeur :)

          Ton registre du compromis semble s’aligner avec le mien sur le sujet présent, et me conforte quelque peu dans ma démarche. Il ne m’est pas toujours facile à défendre surtout auprès des plus convaincus que moi, mais tu soulignes justement que la santé mentale pèse dans la balance, et ceci devrait m’être une justification suffisante à préserver.

          Je ne sais pas exactement ce qui dans mes choix est de l’ordre de la pression sociale/sociétale ; loin de l’ignorer, j’essaie de ne pas m’en faire une ennemie pour autant. Nous sommes naturellement influençables et ce n’est pas forcément une mauvaise chose tant qu’on en a conscience. J’arrive encore à m’en amuser par moments, ce que je prends pour un bon signe (à moins que mon déni ne soit bien plus grand que ce que j’imagine…) La preuve, tu as bien réussi à me convaincre en quelques mots que Patreon pouvait être une réponse intéressante à mon cas de conscience !

          Merci pour ton offre de coup de pouce, pour l’heure j’ai encore bien trop d’orgueil à ce sujet pour croire réussir me dépatouiller toute seule avec le temps ;) Mais sait-on jamais, je note tout de même la proposition !

          1. Ça sera avec un grand plaisir si cela te tente (ou plutôt, si tu sens qu’un coup de main ne serait pas de trop) pour mettre de l’ordre dans ce chaos (qui malgré tout, finit par faire un blog qui fonctionne !)
            Je comprends ce sentiment, j’ai commencé comme ça, et j’ai fini administrateur système !
            Disponible par mail dans tous les cas.

            Si tu arrives à t’en amuser, alors c’est que tu n’es pas aussi atteint que moi. Bordel, je prends ça tellement à cœur, c’est à la limite du nausée. Mais depuis quelques mois j’ai pris du recul. Lire des billets comme le tien, qui évoque des passages de doutes (Pourquoi fais-je cela ? Est ce que je ne serai pas mieux à me vider la tête devant un film ? Pourquoi d’autres ne se posent pas ces questions comme moi ?) mais aussi ces moments où tu réussis et que ça fonctionne, ça me permet de relativiser.

            Arriver à convaincre quelqu’un.. C’est bien rare ces derniers temps, surtout sur ces sujets. Le fait est que je ne l’ai pas fait exprès :).

  2. Je suis admirative. Cet article me rappelle que j’ai cédé sur à peu près tout, me contentant d’explorer les options des applications et de désactiver le GPS sur mon téléphone… *sifflote, sifflote*
    Et pareil, l’interface de WordPress me désespère régulièrement. Je n’ose même pas changer de thème de peur que les bidouillages réalisés dans les articles ne se révèlent de manière chaotique (genre utiliser des galeries d’images à la place d’images simples pour qu’elles ne débordent pas de la colonne de texte, indenté par rapport aux titres)(perdant au passage la maîtrise sur alt et title). Je préfère pas savoir ce que ça donnerait si je devais sortir de l’écosystème WP. /o\

    1. Tu sais la souris, si tu « cèdes » en connaissance de cause et en choisissant que ce n’est pas ton combat à mener, je n’y trouve rien de déshonorable !

      Quant à WordPress, je me souviens de la période où tu y avais basculé ton blog et du boulot que ça t’avait généré ; je ne reconnais que trop bien les petites bidouilles de code à la « Ok, c’est dégueulasse, mais ça tient ! » Une règle que j’essaie d’adapter à mon développement est de faire le moins de bricolage possible dans ce qui est de l’ordre du contenu qui peut potentiellement migrer (changer d’apparence ou de plateforme). Mais je reconnais que je me contente d’une mise en page bien simple, et ne sais comment je m’en sortirais sans scotch et bouts de ficelles si je voulais faire quelque chose de plus élaboré comme sur certains de tes articles ! Reprenant les paroles de Redscape précédemment, je ne peux que conclure que tout est décidément une affaire de compromis ;)

    1. La grenadine, certes. Mais les post-its, tu n’y penses pas malheureuse : à nous deux, nous serions responsables d’une bien trop vaste déforestation ;)

  3. Coucou !
    Pour mes annexes de thèse que je voulais mettre en ligne, j’ai testé un site statique en combinant Gitlab Pages (donc versioning) + Jekyll (markdown), contente !

    1. Merci pour ton retour d’expérience (et j’en déduis que tu vois bientôt la lumière, youhou \o/ !)

      Jekyll est en effet le premier générateur de sites statiques sur lequel je me suis penchée, mais toute sa machinerie en Ruby me fait peur je t’avoue… Actuellement c’est Hugo qui me fait de l’œil. Il est aussi dans un langage que je ne connais pas, mais il me paraît intuitivement plus accessible.

      La difficulté pour moi n’est pas vraiment de transférer le contenu, mais bien l’habillage – je tiens beaucoup à développer un thème sur mesure, ce qui affecte beaucoup mes choix, mon temps de développement et ma prise de décision (ou plutôt mon absence de, à l’heure actuelle..)

      Quant à git, je commence ENFIN à m’y mettre dans le contexte de mon boulot et y vois clairement l’intérêt pour le blog, même si j’essaie de ne pas trop attaquer de chantiers en même temps ;)

      (Il va falloir vous différencier, les deux Anne ^^)

  4. Courage pour la mécanique derrière le blog. Les sites statiques sont tentants, mais reste la question de la gestion des commentaires pour lesquels, ils sont très mauvais :/

    J’aurais tendance à conseiller de rester sur WordPress et de trouver ce qui cloche dans un premier temps.

    Je suis assez tentée pour redonner une chance à Wallabag, mais la dernière installation m’avait assez agacée.

    1. Cela fait quelques mois maintenant que je réfléchis à m’affranchir des commentaires, constatant leur diminution drastique ces dernières années et que je publie de plus en plus souvent en huis-clos. Cet article est tout de même une sacrée exception en terme d’interactions qui me fait réfléchir à nouveau à la question ! Je me souviens que tu en débattais aussi sur ton blog, j’imagine que dès qu’on sort des solutions à la Disqus les possibilités sont vite limitées…

      Pour le blog tout cassé, merci de me mettre sous le nez une première solution que, par agacement, je n’avais même pas vraiment considérée alors qu’elle parait bien plus raisonnable, vu à quel point je rechigne à tout recommencer de zéro… Tu fais bien de me ramener à un peu plus d’humilité ;)

      Ma première installation de Wallabag via leur docker était catastrophique ; j’ai finalement suivi ce tutoriel et c’est passé tout seul !

      1. C’est encore moi… (désolé j’ai l’impression de squatter c’est horrible).
        Sinon, il te reste la solution de Ghost.
        C’est le CMS qui propulse mon blog.
        Pas trop chronophage à installer, un espace d’écriture clean, et je crois qu’il y a un module d’import pour ceux qui cherche à migrer depuis WordPress.
        En termes de commentaires, tu as « Commento », concurrent open-source de Disqs, les requêtes vers d’obscures serveurs en moins…

        Mais sinon, une installation fraîche de WordPress, un import depuis ici, et roulez jeunesse.

        1. Les conseils sont toujours bienvenus :)

          Je n’ai jamais entendu parler de Ghost, je vais y jeter un oeil ! Même si, après le commentaire de Llu, je pense me ranger à son opinion et essayer d’aller au plus simple / raisonnable.

          Le souci est vraiment le thème du blog, que j’ai bricolé sur mesure en utilisant une ancienne version de Roots comme framework ; j’ai l’impression que les erreurs proviennent de ce dernier, ou alors d’une des multiples extensions que j’ai lourdement modifiées. Sans compter les nombreuses dépendances que j’aimerais vraiment alléger, d’où l’envie de repartir de zéro – mais je peux aussi prendre le parti de plonger dans mon propre cambouis comme matériau de base pour tenter de l’assainir sans devoir tout reconstruire !

          Quoiqu’il en soit je vais sans doute me prendre le temps ces prochains mois de tranquillement débugger le tout, en partant en effet d’une nouvelle install et d’un import locaux en croisant les doigts pour que le thème ne me cause pas trop de fil à retordre. Permets-moi par contre de douter du « roulez jeunesse » qui sera à n’en point douter ponctué de jurons tout du long ;)

      2. Oui, j’ai pas mal réfléchi pour les commentaires.

        Pour le blog perso, je les garde encore, malgré l’interaction en baisse, parce que Dotclear les gère bien et que si je les coupe, ça ne peut pas aider à ce que les interactions remontent. Je veux vraiment éviter qu’elles soient déportées sur les réseaux sociaux (même si en l’occurrence, je n’ai réellement que Twitter encore) et tout le monde ne peut répondre par blog/site interposé.

        Pour un éventuel blog pro, je pense que je ne les conserverai pas, sauf si je trouve une solution technique simple.

        Loin de moi l’idée de te décourager de changer complètement et de passer à du statique, ça peut être marrant, mais si ton but est surtout d’écrire, je me dis que peut-être le temps passer sur la technique est un peu dommage.

        Côté gestion des commentaires, effectivement, sans des outils comme Disqus (je conseille plutôt des alternatives open source aussi :)), ça semble très galère.

        Peut-être que tu peux procéder par étapes, installer un WordPress propre, migrer les contenus et avancer progressivement pour remettre les fonctionnalités et extensions que tu souhaites conserver et virer le superflu :)

        Je vais voir pour redonner une chance à Wallabag, je n’ai pas de quoi l’installer avec Docker (je suis si agacée par cette tendance d’ailleurs…) malheureusement. Peut-être en changeant de NAS ou en rebidouillant un Raspberry Pi (je ne sais pas si celui que j’ai qui commence à être vieux pourrait faire l’affaire)

        1. Je reconnais avoir eu beaucoup de réactions via Twitter à l’époque où j’y avais encore un compte et où je liais mes articles, probablement car il est désormais plus dans les mœurs de partager / interagir par ce biais. Toutefois, je constate souvent que les réseaux sociaux ne menaient que rarement à un engagement dépassant la première réaction. De plus, suite à ma décision de ne plus utiliser Twitter, toutes ces interactions liées au blog sont perdues – je n’aime ainsi pas la dissolution de ce qui se rapporte au blog vers des « ailleurs » dont je suis moins assurée. On m’avait indiqué il y a longtemps l’existence de plugins qui permettaient de rapatrier toutes ces réactions extérieures sur le blog, mais cela me dérangerait de le faire « à l’insu » de la personne qui réagit via des réseaux sociaux (et qui a peut-être une bonne raison de ne pas réagir sur le blog en lui-même).

          Je constate aussi que beaucoup d’échanges que j’ai suite à mes articles se font via voie privée (celui-ci faisant forte exception !) ce qui m’apporte tout autant, mais se fait du coup au dépens de tierces personnes qui pourraient aussi bénéficier de ces interactions. L’espace de commentaires n’est peut-être simplement plus perçu comme un espace de discussion et de communauté, ce dernier ayant désormais migré vers un ailleurs que je n’utilise plus.

          Je n’ai pas grande solution à proposer. Fermer les commentaires serait sans doute la plus simple, mais une partie de moi ne peut s’empêcher de se dire que ça équivaudrait à baisser les bras sur la possibilités d’interactions / de réactions croisées qui ont toujours ce potentiel de se nourrir entre elles !

          Pour le blog, j’ai pas mal cogité sur la question depuis les présents commentaires et je pense vraiment suivre ton conseil. Tu as raison, je déporte mon intérêt de changer de plateforme vers l’espoir d’une solution à mes problèmes actuels, ce qui me fait l’effet d’avoir les yeux plus gros que le ventre et me dépassera sûrement. Reconstruire une base saine moins idéaliste sur des fondations que je maîtrise afin d’avoir quelque chose qui roule me permettra toujours à l’avenir de tester le changement de plateformes avec bien moins de pression. Merci ainsi beaucoup d’avoir apporté ta perspective qui m’évitera de tomber dans un sacré écueil technique !

          (Pour wallabag, c’est justement avec Docker que j’avais énormément galéré, et passer par la source en utilisant le tutoriel que j’ai linké était étonnamment bien plus facile !)

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