Espace liminaire

Que puis-je écrire d’autre que l’an dernier, tant rien n’a changé ? On se le partageait sur l’oreiller avant de s’endormir, même si la vie offre peu de garanties, c’est merveilleux de savoir que l’autre est une constante jusqu’à mourir. Il y a eu tant de petits instants précieux que j’aimerais graver dans ma mémoire à jamais, et pourtant je sais qu’ils seront bien vite effacés par le quotidien. Qu’à cela ne tienne ; je reviendrai.

J’ai laissé traîner cet article en débordant volontairement sur mes obligations intérieures. Je ne voulais pas cristalliser ces quelques jours sur le clavier. Je n’arrivais pas à choisir lequel des moments privilégiés décrire, et j’ai constaté que c’était parce que je n’avais aucune envie de les partager, encore moins de les esthétiser. Alors j’ai ouvert un carnet, et j’y ai reporté tous mes souvenirs. « Ça c’est rien que pour moi », affirmais-tu en triant tes archives. Je comprends pourquoi désormais.

« Between Christmas and New Year is a liminal space », lisais-je à point nommé. Ayant redécouvert récemment l’intérêt des dictionnaires, j’y ai trouvé des définitions qui encapsulaient tout le sens que j’espérais y trouver.

Liminal space (latin : līmen/limin) :

  • The transitional period or phase of a rite of passage, during which the participant lacks social status or rank, remains anonymous, shows obedience and humility, and follows prescribed forms of conduct, dress, etc.
  • The condition of being on a threshold or at the beginning of a process
  • A transitional or indeterminate state between culturally defined stages of a person’s life ; spec. such a state occupied during a ritual or rite of passage, characterized by a sense of solidarity between participants.

En remettant à plus tard tous les rituels traditionnels qui feront état de mes structures intérieures, je voudrais déjà me souhaiter plus de légèreté et de simplicité, pour cette nouvelle année. Il me fallait l’indiquer ici pour le renforcer : Je suis heureuse, écrivais-je. Puisse-tu t’en rappeler, et y revenir autant de fois que nécessaire, dès que tu auras un peu oublié.

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2 commentaires

  1. Alors je te souhaite une année riche mais légère, à conquérir l’évidence de ce « Je suis heureuse ». :)

    (Je joue au grand schtroumpf, mais en réalité j’ai juste sautillé comme une gamine en voyant le mug avec l’anse lapin : ma cousine et moi en avions chacune un chez ma grand-mère. J’avais aussi une version vaguement relookée du jeu à tirette sur l’image suivante – bouffées par procuration d’enfance.)

    • Mes séjours chez A. sont toujours de merveilleux rappels de ces plaisirs simples, d’une douce nostalgie, d’objets réconfortants et d’amour, surtout, tellement. Je n’aurais pu espérer mieux comme phase de transition, et je vais m’efforcer de me rappeler de ces sentiments sur l’année à venir :)

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