Fragments d’été

Lorsque je me suis mise au clavier dimanche à 21h passées, j’ai compris qu’il serait bien ambitieux d’espérer boucler un article fourre-tout en une soirée si je tenais à garder les yeux ouverts le lendemain au boulot. Cette dernière semaine a été bien chargée et le blog est passé au bas de ma liste de priorités. Ma discipline ne doit pas être respectée au dépens d’autres éléments prioritaires de ma vie, alors je triche en m’octroyant une soirée de sursis.

Cela fait plusieurs fois maintenant que je décris lutter avec le format quinzomadaire, comme si cet équilibre périodique avait changé en même temps que mon déménagement. J’ai beaucoup moins ce besoin de concentrer des réflexions en un sujet unique et délimité par les mots et images, je ne suis plus assez en apnée pour accoucher de ces articles monolithiques qui se suffisent à eux-mêmes. Mes sujets d’intérêt sont bien plus fragmentés et diffus, ce qui équivaut finalement à un certain lâcher prise que j’espérais depuis longtemps, tout du moins j’aime à le penser. J’avais prédit il y a quelques mois un changement sur ces pages, je crois qu’il est temps que je l’accepte au lieu de forcer la nage à contre-courant.

Inquiète qu’on me reproche de baisser la barre de mes standards ou qu’on m’accuse d’imitation, j’ai demandé son avis à K qui comme toujours a été la voix de la raison. Ce n’est pas pour rien que ce format d’articles m’est plus accessible ces temps-ci, et après tout je peux bien faire ce que bon me semble chez moi. Vu que l’idée de flux de plein de petits sujets m’inspire bien plus ces temps-ci (au point où je finis toujours par y passer plusieurs heures), je vais cesser d’introduire ce type d’articles-fleuves par une apologie que j’adresse bien plus à moi-même qu’à mes lecteurs, et au contraire j’inaugure officiellement une nouvelle catégorie qui leur est dédiée.

Noyau d’idée en néons sur peau

Il y avait pourtant une idée qui me trottait en tête depuis quelques jours et qui aurait pu être le nœud central de cet article, celle du rapport au corps et surtout à la peau. Cette dernière est l’organe le plus extérieur, immédiat et enveloppant que je possède, et sans aucun doute celui avec lequel je suis le plus en conflit. Alors j’ai tenté l’approche douce, celle de l’apprivoiser par l’image, mais elle ne s’est pas laissée faire si facilement.

Trop visible, trop frontale, trop intime : j’avais besoin d’une armure supplémentaire matérialisée par mes cheveux. L’autoportrait du corps est toujours un exercice dans lequel je me sens terriblement maladroite, troublée de me dévoiler tant d’angles morts et inquiète de basculer dans l’impudeur. Confronter ces images m’est bien plus difficile que celles de mon visage. Je suis pourtant soulagée de pouvoir affirmer que je suis plutôt unie avec mon propre corps, mais il s’agit ici des frontières qui me démangent : la peau. Quelque chose qui m’est encore trop conflictuel et de loin pas assez apaisé pour que j’arrive à écrire dessus avec fluidité. J’y travaille, doucement, et si ces images m’aident c’est peut-être simplement à prendre mieux conscience de mon trouble. On est tous d’accord de toute façon pour dire que la meilleure photo de la série est la dernière, même floue et mal cadrée.

The bee’s knees

J’ai visité cette semaine une exposition au Musée de la Main sur le thème de la conscience ; je suis restée scotchée pendant dix minutes devant cette vidéo de l’artiste Jeroen Eisinga. En 2011, il a été recouvert de 150 000 abeilles durant une heure, et est entré dans un état de méditation profonde afin de s’abandonner complètement dans cette masse qui le submergeait.

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Les photos des coulisses sont tout aussi impressionnantes, et les explications de l’artiste sur sa performance n’ont fait que renforcer ma fascination :

My work like many artworks throughout Netherlandish art history is about pain, suffering, decay, death and failure. But it also has ties to the Romantic tradition involving a quest for Beauty, a peculiar realm of solitude, a fascination with extreme experiences and dreamlike visions or journeys within, sometimes despite the harrowing aspects of Nature, and all of these as a means of redemption, spirituality and illumination. Springtime originated from the idea of writing. I think writing is very exciting. Maybe even more so than climbing Mount Everest. But meanwhile you’re physically sitting at a table and nothing much seems to happen from the outside. I wanted to visualize this paradox. The bees were a metaphor for words. I think it’s magical and miraculous that thoughts can be sent from your head down through your arm and into your hand, and you’re able to plot those little signs down on paper for someone else –even a complete stranger !- to be able to read and understand and even more than that ; to evoke the same feelings and emotions in that person, which originally caused you to write down those words. It also works the other way around ; because of words you can think thoughts that otherwise would never have occurred to you. Sometimes I sit down and writing seems to come by itself, almost automatically. Then I write without asking myself if it’s good or not. When I’m ready there’s a perfectly constructed story, which I could never have figured out rationally. I imagine those kinds of moments to be most precious to a writer. Without words you cannot think. You even need words to be able to think about images. Without words one would only think in vague feelings. Similar to a baby, who is only able to react with primal impulses because it is unable to use language. So words are very useful and extremely important. But of course words can also be dangerous and they can overwhelm you. Just like the bees have overwhelmed me. At the end of the film, once I have been completely enveloped in bees, I become indistinguishable from my background, I have disappeared ; that’s a sort of dust to dust and ashes to ashes and fear of death type of moment. And then, when I’m only able to sit still and look out at the world, unable to interfere or to do anything about anything, I try not to forget the sacred spark of the soul, which is still burning somewhere inside this amorphous creature, which is me.

Jeroen Eisinga

Le sujet me donne un prétexte parfait pour révéler ce petit reportage photo d’apiculture dont j’avais déjà parlé la dernière fois sans vraiment avoir de contexte pour le partager. J’ai été piquée une fois durant les deux sessions de récolte du miel malgré ma tenue de cosmonaute ; vu la douleur qui m’a irradiée dans le bras, je ne suis que d’autant plus abasourdie par la performance que je décrivais plus haut, l’artiste ayant été piqué une trentaine de fois y compris aux paupières…

Procrastinate now, don’t put it off !

L’un des tout premiers articles que je souhaitais écrire sur la version actuelle d’Hypothermia était au sujet de la procrastination ; je m’étais arrêtée à la mise en ligne du sketch d’Ellen Degeneres ci-dessous, comble de l’ironie. Trois ans plus tard le sujet revient sur le tapis, sans qu’il ne m’ait lâchée d’une semelle tout du long.

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Cette semaine a été remplie par un long et pénible projet d’écriture au boulot que j’ai laissé traîner des jours et des jours, avant que l’alarme de la deadline ne me sorte de cet état de torpeur par la peau du cul. Je suis une procrastinatrice invétérée, et je réalise de jour en jour à quel point je me rends misérable à repousser chaque tâche à l’extrême plutôt que de retrousser mes manches le moment voulu. Si cela vous paraît évident, c’est que vous n’avez jamais été confronté à la résistance, ce phénomène de dégoût extrême où votre cerveau trouve n’importe quel prétexte – y compris celui de l’autodépréciation à son paroxysme – pour éviter une tâche à accomplir.

Ces derniers années j’ai dévoré des tonnes d’articles et de bouquins de productivité en espérant trouver une explication voire un remède à ce défaut – sans être dupe pour autant, je savais bien ce n’était qu’un autre moyen de me donner bonne conscience tout en ignorant mes obligations. Dans le tas heureusement j’ai trouvé quelques ressources que je conserve précieusement, telles ce TED Talk de Tim Urban ou encore cet article très juste de Mark Manson dont l’association avec la notion d’identité m’a donné du food for thought durant des jours :

The more something threatens your identity, the more you will avoid doing it.

Mark Manson

Je pense ne jamais réussir à dédier un article complet, structuré et illustré à ce sujet. Toutefois, je souhaitais partager cette fois-ci le kit de premiers secours que j’ai déployé avec succès durant cette dernière semaine : la combinaison des applications Forest et Brain.fm.

Pour désamorcer l’angoisse qu’on ressent face à une tâche paraissant insurmontable et qui nous pousse à procrastiner, il est souvent conseillé de la découper en de plus petites actions mesurables qui donnent un sens d’accomplissement. Par exemple, il est préférable de remplacer « Je vais avancer sur mon article aujourd’hui » par « Je vais écrire 500 mots ou une heure sur mon article aujourd’hui ». Cette idée est la base de la technique Pomodoro, une mesure de temps (par exemple 50 minutes de travail suivies de 10 minutes de pause) correspondant à une unité de productivité.

J’ai beaucoup moins de mal à me mettre au travail lorsque je sais que mon effort va être limité dans le temps et va être récompensé par une pause légitimement méritée. Le principe de la technique Pomodoro est de simplement répéter ces cycles jusqu’à ce que la journée de travail soit finie. Je n’ai ainsi aucune autre mesure de succès (donc aucune autre pression) que le nombre de Pomodoros accomplies durant la journée. 

La difficulté toutefois est de respecter la contrainte de temps de travail imposée sans glisser vers un nouvel onglet web ni déverrouiller son téléphone, ce qui replonge inévitablement dans l’état d’autruche par défaut. C’est là que l’application Forest entre en jeu. Installable sur smartphone et navigateur web, il s’agit d’un minuteur qui va faire pousser un petit arbre virtuel durant une Pomodoro. Si je bascule sur une app interdite ou un site web distrayant durant ce laps de temps, mon arbre meurt. À la fin de la journée, je peux constater l’évolution de ma forêt – et au fil des mois, je peux même utiliser les crédits virtuels gagnés au fil des plantations pour faire une bonne action et planter un arbre réel. L’application est jolie, le niveau de gamification est suffisant pour me motiver, et je me sens libérée d’un poids immense lorsqu’à la fin de la journée je vois sur mon écran les 6 arbres nouvellement plantés que je m’étais fixée en me levant. Je ne sais pas décrire à quel point c’est une révolution pour moi de rentrer à la maison le soir satisfaite du travail accompli. J’ai l’impression de revivre.

Forest me permet de garantir des poches de temps de travail qui me font abattre des masses de boulot sans que je me laisse dépasser par mes traditionnelles angoisses procrastinatrices : lorsque je les sens pointer le bout de leur nez, je plante un arbre et mon seul objectif est de travailler de façon concentrée le temps qu’il pousse.

Ce dernier point n’est pas des plus évidents pourtant, vu que je bosse dans un bureau partagé entre cinq personnes. Mes écouteurs sont vite devenus indispensables, et j’ai longtemps essayé différentes sources d’isolation sonores, allant de la musique classique à mes tubes préférés en passant par les ambiances de café ou du bruit blanc. MyNoise.net a longtemps été ma came de prédilection, mais elle a été remplacée durant ma thèse par le mode Focus de Brain.fm qui me transforme en Super Saiyan de productivité.

L’idée des morceaux de musique passés par ce site est qu’ils ont été générés par intelligence artificielle pour ne pas être distrayants tout en étant plaisants à écouter, et contiennent des battements binauraux pour stimuler la concentration. Certains dénoncent le bullshit là où d’autres crient au génie ; je fais partie de cette dernière catégorie car même s’il s’agit d’un pur effet placebo, ce fond sonore est incroyablement efficace pour me plonger dans un état de concentration intense.

J’ai profité d’une promo il y a un an pour acheter un abonnement à vie à ce service, et je crois que c’est l’investissement professionnel le plus rentable que j’ai jamais effectué. Les dix premières sessions d’essai sont gratuites il me semble, et j’imagine qu’il existe des centaines d’alternatives open bar sur YouTube. Je reste toutefois fidèle à ce service payant : Les musiques sont variées et plaisantes sans jamais être oppressantes, allant de murmures zens aux sons des cloches de temple bouddhiste à un après-midi en pleine forêt tropicale en passant par un rythme techno des plus hypnotiques. J’ai personnellement une préférence pour le violoncelle-biniou-clavecin médiéval à bas volume qui est une exception pas du tout représentative des choix proposés, mais dont je tiens à mettre un extrait ici car j’aurais du l’inclure dans les remerciements de mon manuscrit de thèse.

Tokyo blues

Cela fait quelques temps que je suis en quête d’une série TV dans laquelle m’immerger et nombreux de mes derniers essais ont été peu fructueux. J’ai abandonné Doctor Who après m’être accrochée plus de deux saisons en vain, je m’y ennuie ferme.  J’ai essayé de me remettre à Glow après une tentative avortée avec Maddie, et rien à faire malgré les éloges que je lis partout je trouve les personnages plats et caricaturaux. K aimerait me convertir à Rick & Morty et je lui ai promis de regarder la première saison avec lui, pour le moment je vis chaque épisode comme un véritable moment de torture. Je retiens tout de même Mindhunter qui a passé mon filtre critique apparemment mal paramétré ; même si le personnage principal me tape un peu sur le système, le sujet et la réalisation sont vraiment bien ficelés.

La semaine dernière heureusement, je suis tombée sur un véritable coup de cœur qui a compensé de loin les déceptions passées. Il s’agit d’une série japonaise dont Netflix a financé une saison que plusieurs personnes m’ont recommandée ces dernières années et que j’ai enfin rattrapée à grandes bouchées : Midnight Diner : Tokyo Stories

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La série se déroule en quasi huis-clos dans un petit restaurant tokyoïte ouvert de nuit, et dans lequel les clients peuvent commander ce qu’ils souhaitent pour peu que le maître ait à disposition les ingrédients nécessaires. Chaque épisode d’une petite demi-heure se concentre autour d’un plat différent et de clients de passage qui y croisent les habitués. J’étais au départ un peu dubitative de l’humour naïf et du format très théâtral de la série, mais suis très rapidement tombée folle amoureuse de son atmosphère. K m’affirme que c’est la nostalgie de notre voyage au Japon qui s’y réveille, il y a de cela sans doute. Cette série est d’une douceur et d’un réconfort merveilleux, tout en traitant parfois de sujets difficiles fortement ancrés dans la culture japonaise. Chaque épisode me coupait totalement de mon quotidien en me donnant l’impression de retrouver un véritable petit foyer parallèle. Et l’accent porté sur la nourriture, centrale sans jamais être flagrante, n’est pas pour me déplaire !

Sans transition mais l’association d’idées va venir, Nathan s’étonnait agréablement d’entendre nos soirées rythmées au son d’une certaine radio YouTube alors qu’il séjournait chez nous fin de semaine dernière. Tout comme je ne peux pas écouter de musique distrayante au boulot pour me concentrer, il arrive souvent le soir que je soie trop épuisée pour me plonger dans des albums qui me monopolisent énergétiquement et/ou émotionnellement. K à l’inverse est toujours partant pour blaster un vinyle à travers tout le salon là où je me délecte d’un silence religieux. On est tombés implicitement d’accord sur cette ambiance sonore douce et rythmée à la fois du genre chill/lofi, un mélange qui fonctionne à merveille aussi bien pour écrire et faire la sieste que pour papoter entre potes sans se laisser perturber par la musique de fond. Nathan a monté le niveau en me passant la playlist « Raining in… » qui superpose un son de pluie à ces morceaux ; mon salon a gagné +10 en cozyness depuis que j’y passe Raining in Tokyo (il est là, le fil conducteur japonisant).

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Shooting for the stars

La médaille d’or du moment tout doux a été décernée dimanche dernier lors de la nuit des étoiles filantes, causée par le croisement annuel de l’orbite terrestre avec celle d’une comète. À 23h, K et moi nous sommes allongés sur une couverture en plein milieu d’un champ de maïs fraîchement coupé non loin de chez nous. Nous pensions être totalement isolés, jusqu’à entendre d’autres groupes de personnes au loin s’exclamer en même temps que nous à chaque traînée lumineuse surgissant dans la nuit. Nous sommes restés un bon moment le nez pointé vers le ciel, à papoter de tout et de rien sans se sentir oppressés par les ondes ni par le temps ; juste parfois, interrompus par un immense sourire de voir une étoile filante à travers les nuages. La dernière à avoir fendu le ciel avant notre départ était d’une beauté à couper le souffle.

And I urge you to please notice when you are happy, and exclaim or murmur or think at some point, ‘If this isn’t nice, I don’t know what is.

Kurt Vonnegut

J’avais pointé mon appareil photo vers le ciel en rafales de poses longues, doutant du résultat qui était tout compte fait pas si mal pour un premier essai. Un peu déçue du passage de nuages et de la pollution lumineuse clairement visible sur ces images, je me suis rendue un peu plus en altitude il y a quelques jours pour espérer avoir une vue plus dégagée sur les étoiles. Il y avait quelque chose de magique à m’installer une heure toute seule dans une clairière en pleine forêt au beau milieu de la nuit, à écouter le son des animaux à peine entrecoupés par quelques voitures et le clic-clac régulier de mon appareil. Malgré les lumières aux loin qui restaient amplifiées sur les images, j’ai eu l’agréable surprise de pouvoir tout de même y dégager le profil de la voie lactée. Je regrette fort de ne plus avoir les conditions que j’ai connues en plein milieu du Sahara il y a des années, où j’avais l’impression que le ciel me tombait sur la tête tant il brillait de mille feux. Cela ne m’a donné que davantage envie d’essayer de retrouver de telles conditions d’astrophotographie : la prochaine session se fera encore plus haut sur les montagnes et le plus loin possible de toute civilisation.

Dans la semaine à venir, j’aimerais enfin mettre à jour ma page de liens puisque j’en ai découvert plusieurs chouettes ces derniers temps ; j’ai aussi comme dur projet d’avancer sur quelques jeux vidéo histoire de pouvoir en toucher mot ici. Mes soirées seront également remplies par l’organisation d’un gros voyage en approche, par la rédaction de réponses aux commentaires et mails en retard (dont certains datent d’il y a plus d’un an, au cas où vous doutiez encore de mon statut de queen ès procrastination) et par de nombreuses papouilles au chaton qui ronronne actuellement vautré sur mes genoux. Je suis curieuse de découvrir le contenu du prochain article sur ces pages pour voir si le format bric-à-brac s’y pérennise :)

5 commentaires

  1. Coucou Miss,

    La queen ès proctrastination du pays d’à côté te salue, et profite de ce commentaire pour te dire que j’ai pas oublié ton mail et que je pense souvent à toi <3

    Mes souvenirs de ton article précédent sont fragmentaires, parce que j'ai lu et fait plein de trucs entre temps, mais j'ai l'impression que celui-ci répond à une interrogation que tu y formulais et qui m'avait bien évidemment interpellée (bien que nous en ayons déjà discuté ailleurs) : celle de l'utilité de l'écriture. J'ai le sentiment qu'ici (mais ce n'est pas la première fois, loin de là), tu t'extrais de l'écriture cathartique, sans pour autant abandonner toute symbolisation – mais simplement tu écris pour le plaisir, du souvenir et du partage. Comme tu t'en doutes, j'en suis ravie : outre que ces articles fleuves me font découvrir plein de choses, je suis loin de penser qu'on "n'écrit pas quand on va bien", parce que pour moi, écrire et être sont pas loin d'être des synonymes et l'écriture n'est pas réservée à l'étalage de névroses :) Au contraire, j'adore écrire à propos des belles choses, en fiction comme au blog.

    En parlant de découvertes, merci mille fois pour tes conseils anti-procrastination, je les ai soigneusement notés et compte bien les mettre à profit dès la rentrée, d'autant que l'année à venir sera bien plus chargée que la précédente ! Cette histoire d'arbre me plait et me parle énormément :)
    Cela dit, ça ne répond pas à un des points que tu soulevais – enfin, je l'ai compris comme ça : c'est à propos de la citation de Mark Manson que tu as mise, comme quoi c'est ce qui nous menace qu'on essaie de repousser. Je ne sais pas comment toi tu l'interprètes au fond, mais moi j'ai pensé que ça voulait dire que c'était la peur qui nous poussait à faire l'autruche. Comme moi je l'ai fait avec mon mémoire, parce que d'emblée j'étais persuadée que je ne serais jamais à la hauteur. Est-ce que le fait de te concentrer sur la tâche à accomplir te permet de mettre cette voix en sourdine ?

    Sans transition, je pense que c'est fait exprès que le personnage principal de Mindhunter te soit antipathique, pour moi c'est un des ressorts du scénario : sa fascination pour les criminels qu'il interviewe est, je pense, un reflet de la nôtre et doit nous interroger… Ça manque peut-être un peu de subtilité, mais je pense que c'est une question qu'il est nécessaire de poser.

    Mon plus gros coup de cœur Netflixien ces derniers mois, en terme de séries, ça a été sans aucun doute Beau Séjour, sinon hors Netflix (mais plus pour longtemps, yeaah !), y'a Lucifer, évidemment (évidemment quand on me connaît un peu, je veux dire, pas "évidemment que c'est bien" ^^)

    Last but not least : tes photos de la voie lactée sont superbes !

    • PS : je me demande comment un mélange « violoncelle-biniou-clavecin médiéval » peut aider à se concentrer, ça parait totalement fou dit comme ça :D
      Il me semble avoir déjà écouté un truc avec des battements binauraux, je sais pas si c’est parce que c’en étaient pas vraiment ou que c’était mal fait, mais ça m’avait plongée dans un état d’angoisse assez désarmant.

    • Pas de soucis pour les périodes d’absence et les mails qui traînent – comme je le dis souvent, le temps s’écoule différemment sur Internet. Tes derniers écrits m’ont fait comprendre que tu étais passée par une période où le virtuel comptait bien moins, aussi prends tout ton temps !

      Tu identifies très justement la phase de transition que je suis en train de subir : J’essaie de m’extraire de l’écriture soi-disant cathartique car elle remplit moins bien son office libérateur ces derniers temps. J’ai l’impression de tourner de plus en plus en rond, et avoir moins de carburant pour l’alimenter sans radoter. Je sais désormais à quel point elle peut m’aider et dans quel contexte, mais j’identifie également ses limites. Je me retrouve ainsi face à un vide que j’apprends doucement à combler, en essayant de donner un autre sens à ma pratique sur ce blog. Comme pour tout changement, il y a de l’inconfort et des questionnements ; peut-être as-tu raison, et ce n’est qu’une question de temps jusqu’à ce que je retrouve mes marques. J’ai eu plusieurs retours très positifs sur ce format d’article, et je sais qu’il ne deviendra pas un standard pour autant – je dois être sur la bonne voie :)

      Pour ta question sur la procrastination, j’interprète la citation de Mark Manson de façon différente : en la lisant, je me dis qu’il est bien plus confortable que je m’identifie comme une impostrice qui n’est pas à la hauteur, car mon inaction se trouve justifiée par l’image que j’ai de moi-même. Et c’est de ce cercle vicieux que je cherche tant à sortir. J’y arrive justement par ces histoires de Pomodoro : en me fixant des intervalles de temps, je ne lie plus ma valeur à ce que je produis, mais simplement à la complétion d’une unité de temps. J’ai un nouveau standard pour mon succès : ce n’est pas la qualité de mon travail ni comment d’autres vont l’évaluer, mais simplement le fait d’avancer durant x minutes. C’est un peu la même idée que le premier jet d’un texte : tu sais qu’il sera pourri, mais il faut que tu le rédiges pour pouvoir l’améliorer – j’essaie de considérer mon travail de cette façon, et je suis souvent impressionnée du résultat (ce qui n’est pas difficile comparé au rien que je produirais sinon ^^). N’hésite pas si tu as d’autres questions sur la procrastination et les techniques pour la combattre, je crois que j’ai éclusé toutes les ressources possibles et imaginables à ce sujet ^^

      Le personnage principal de Mindhunter ne m’est pas du tout antipathique pour sa fascination que je peux comprendre, mais bien plus pour sa personnalité ! Son ton condescendant et ses dents qui rayent le parquet me donnent beaucoup de mal à l’apprécier. L’ambiance de Beau Séjour a l’air incroyable d’après sa bande annonce, moi qui m’attendais à un genre de Plus belle la vie vu le nom, j’y retrouve du Dark croisé Broadchurch, ça m’attire énormément ! Et je ne me suis toujours pas mise à Lucifer que j’avais complètement oublié alors que tu m’en avais parlé avec beaucoup d’enthousiasme, merci pour ces deux recommandations :)
       

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  2. J’aime beaucoup ce format d’article, parce qu’il y en a pour tous les goûts : je suis sûre d’y retrouver au moins une chose qui m’intéresse. Et s’il y a plusieurs choses qui m’intéressent, alors j’aime ce feu d’artifice de différents mini voyages à travers tes photos et sujets.

    • Ton appréciation me fait tout plaisir, surtout sachant à quel point tu aimes bien plus le partage des jolies petites choses du quotidien que le brassage d’idées noires. Je travaille activement à mieux balancer mieux les deux dans ma vie, et ça doit se refléter sur ces pages :)

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