Au chômage

Dans la dernière ligne droite de ma thèse, je fantasmais sur cette période de chômage où j’allais enfin pouvoir attaquer ces multiples listes de films à voir, albums à écouter, bouquins à lire, idées à concrétiser, … Autant de passions, désirs et activités que j’avais soigneusement mis de côté pour le jour où mon esprit serait à nouveau libre.

Cela fait trois mois maintenant que je ne travaille plus, et les premières phases d’hébétement, de remue-méninges, de montagnes russes morales et d’épuisement sont définitivement enterrées. J’ai soigneusement relu, annoté, peaufiné, corrigé l’entièreté de mon manuscrit de thèse, et ai enfin publié sa version définitive. Recevant en échange une attestation confirmant définitivement mon grade de docteur. Ça, c’est fait.

M’accordant quelques semaines de flottement pour panser mes plaies et me retrouver, c’est le retour des beaux jours qui m’a fait réaliser à quel point cette période suivant la tempête était une véritable chance. Je ne trouverai pas souvent dans ma vie des semaines entières où je pourrais pleinement me centrer sur moi-même, et je n’ai jamais autant eu conscience de la vitesse à laquelle le temps passe que durant ces jours de totale liberté. Je pensais que le chômage allait rapidement m’amener à une phase léthargique où je tournerais en rond chez moi sans aucune stimulation extérieure – en réalité, je ne cesse d’avoir de nouvelles idées d’activités qui débordent de mes journées.

Le temps est la denrée la plus précieuse que je possède, et je constate avoir besoin de le structurer pour ne pas trop angoisser face à sa perte inéluctable. Afin de ne pas trop dériver, j’ai choisi d’appuyer mon quotidien sur un emploi du temps, décidant chaque soir quelles seraient les activités et priorités du lendemain. Certains trouvent cette structure control freak et enfermante, je la trouve incroyablement rassurante – elle me permet d’avancer doucement mais sûrement dans ces multiples listes de « choses à faire un jour » dont je peux enfin biffer les éléments un à un, apportant par la même occasion une certaine stabilité dans mon quotidien.

Au programme ? Un mélange précis d’obligations autoimposées, de stimulations intellectuelles et physiques, de découvertes culturelles, de projets artistiques, et de divertissements. On attaque la liste  ?

Geekeries

Il était évident qu’un premier plaisir coupable dans lequel j’allais replonger avec délice serait l’immersion complète dans des jeux vidéo des heures durant. Cela fait des années que je ne m’adonne plus autant à explorer des univers imaginaires, culpabilisant beaucoup trop d’y faire partir des dizaines d’heures en fumée. Tout autant que j’avais hâte de retrouver cette évasion, le risque était immense que j’y consume toutes mes journées de chômeuse. C’est l’organisation quotidienne de mon temps qui me permet de me limiter à quelques heures par jour, suffisantes pour me plonger dans de nouveaux titres sans pour autant avoir l’impression de dilapider mes journées.

Jeux vidéo

Je ne sais pas comment j’ai fait pour passer à côté de Dishonored aussi longtemps alors que ce jeu est sorti en 2012, mais je suis ravie de l’avoir acheté impulsivement en tombant sur quelques visuels qui m’ont immédiatement attirée. Je suis pourtant une quille en jeux d’infiltration, balançant ma manette par la fenêtre face au moindre die and retry, et m’arrêtant vite devant des graphismes dépassés. Mais il m’a suffi de voir cette vidéo de gameplay pour me pousser à acheter ce jeu dans lequel je me suis complètement immergée durant quelques semaines (mon cœur ira toujours aux chansons de pirates).

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Le jeu m’a placée dans les bottes de Corvo, garde du corps de l’impératrice Kaldwin, qui rentre de mission dans la fameuse ville de Dunwall, malheureusement atteinte par une terrible épidémie de peste noire. Dishonored débute par l’assassinat de l’impératrice, pour lequel Corvo est accusé à tort et condamné à mort. Le but est de s’échapper de prison, de démêler le complot politique qui a permis ce coup d’état, et de retrouver la fille de l’impératrice qui a été kidnappée pour lui rendre son trône légitime.

Outre son histoire qui m’a rapidement captivée et sa prise en main très facile, ce jeu m’a surtout happée par son esthétique et son univers. Dishonored se déroule à une époque victorienne steampunk, dans une ville sombre et corrompue jusqu’à la mœlle. Moi qui regrettait qu’Alice : Madness Returns ne contenait pas assez de phases de jeu dans cette Londres glauque et décrépie, j’ai retrouvé dans Dishonored la liberté d’évoluer librement dans un tel univers en furetant dans les moindres recoins, me ravissant de la liberté et la multitude de possibilités qui m’étaient offertes pour atteindre mes objectifs d’assassin. Deux styles de jeu sont possibles : adopter une approche d’infiltration discrète en évitant de se faire repérer, ou rentrer franchement dans le tas en tuant tout ennemi se dressant sur son chemin.

Dishonored

Dishonored

Dishonored

Dishonored

J’ai bouclé une première fois le jeu en une trentaine d’heures par l’approche d’infiltration, me permettant d’aboutir à la fin la plus optimiste possible. Ce qui m’a amenée aussi à une certaine frustration de ne pas pouvoir explorer toutes les possibilités proposées comme égorger mes adversaires en leur tombant dessus, ou leur lancer des nuées de rats pestiférés au visage. J’écrivais dans un article précédent qu’il était rare que je recommence un jeu – et pourtant, je crois que je me réjouis d’ici quelques temps de relancer Dishonored de zéro, en mode valkyrie sanguinaire cette fois-ci, histoire de découvrir les nombreux éléments que j’ai manqués lors de mon premier passage !

Dishonored

Dishonored

J’ajoute à bon entendeur que le jeu est actuellement à moins de 3€ sur Steam, et malgré son âge, son style n’a pas trop mal vieilli. J’ai déjà enchaîné sur son deuxième opus, Dishonored 2, mais une nouvelle découverte m’a interrompue dans ma boulimie – ce n’est que partie remise.

C’est Nathalie qui a réussi à me détourner de mon assassin victorien pour me faire replonger à coeur perdu dans Skyrim. Je pensais avoir exploré le moindre recoin de Bordeciel, y ayant voyagé plus de 250h et retourné le moindre caillou. Nath a ravivé la flamme en me mentionnant l’existence d’Enderal, un mod gratuit créé avec les assets de Skyrim pour proposer une toute nouvelle histoire et expérience de jeu.

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Je n’ai qu’une chose à en dire : si vous aimez Skyrim, foncez. Les environnements sont incroyables, l’histoire principale est captivante, les dialogues impliqués et engageants, les doublages incroyablement prenants. Malgré quelques réserves que j’ai sur l’évolution de la difficulté du jeu, je suis tellement heureuse de pouvoir retrouver cette madeleine de Proust de geekette sous un angle nouveau, et de pouvoir y re-consacrer plusieurs dizaines d’heures !

Bouquinages

La lecture est une passion que je délaisse hélas bien trop souvent pour d’autres activités, les écrans me détournant bien trop facilement du papier. C’est ainsi que j’ai constitué au fil des années une immense pile de livres à lire un jour, qui me juge à chaque fois que j’y pose le regard. Prenant le taureau par les cornes, j’essaie actuellement de m’imposer une heure de lecture le soir au coucher, loin des écrans, pour retrouver cette stimulation intellectuelle à explorer de nombreux sujets qui m’intéressent et sur lesquels je ne me suis jamais pris le temps de me pencher.

Bouquins

On estime souvent que j’ai de la chance de lire très vite, je considère toutefois cette capacité comme un fardeau. Les mots ne s’ancrent pas dans ma mémoire, et je ne compte plus les bouquins dans ma bibliothèque dont je n’ai plus aucun souvenir. Cherchant à corriger ce problème, j’ai décidé d’associer cette heure de lecture quotidienne à une prise de notes – surtout pour les lectures nécessitant un investissement intellectuel conséquent, afin de ralentir la cadence et d’engager un peu plus activement ma mémoire, qui est avant tout kinesthésique.

Je constate avec ravissement que prendre des notes en lisant s’avère incroyablement efficace à la compréhension et la mémorisation, mais me demande hélas un temps gargantuesque. Je pensais limiter cette méthode aux bouquins de non-fiction, mais je me surprends de plus en plus à noter des citations voire des passages entiers de romans ; notamment du dernier que j’ai lu, qui m’a très fortement impactée.

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Il faut qu’on parle de Kevin était d’abord pour moi un film qui m’a laissé un souvenir incroyable tant par sa réalisation, ses acteurs que son histoire. J’ai appris récemment qu’il était basé sur un roman écrit par Lionel Shriver. Dans le cas d’une adaptation, je ne m’intéresse pas souvent au matériau original, trouvant souvent le bouquin redondant avec le film qui en a été tiré, et mon imagination étant bien trop bloquée par les souvenirs des scènes cinématographiques que j’essaie de superposer à ma lecture. J’avais toutefois lu que le roman originel de Shriver apportait de nombreux compléments au film, dont je ne me souvenais de plus pas très bien au-delà de son impact émotionnel fort ; la lecture du roman me paraissait ainsi une excellente redécouverte complémentaire.

Finalement, aujourd’hui que les enfants ne labourent plus nos champs et ne nous prennent plus chez eux lorsque nous devenons incontinents, il n’existe plus de raison valable d’en avoir, et il est stupéfiant qu’avec l’avènement d’une contraception efficace on trouve encore des gens qui choisissent de se reproduire. En regard, l’amour, l’histoire, la satisfaction, la foi en l’ « humanité » – bref, toutes les motivations modernes sont comme des dirigeables, immenses, suspendus et rares ; optimistes, généreuses, voire profondes, mais dangereusement infondées.

Le livre est composé d’une série de lettres qu’Eva adresse à son ex-mari, où elle essaie de décortiquer la descente aux enfers de sa famille, partant de la décision d’avoir un enfant jusqu’à un certain drame que cet enfant a causé à son adolescence. En tant que mère, Eva cherche à comprendre comment son enfant a mal tourné, où est-ce qu’elle a échoué dans l’éducation de Kevin, pourquoi elle ne s’est jamais sentie proche de lui, et si c’est par sa faute qu’il a ainsi sombré.

Le problème, c’est que je ne sais pas exactement ce que j’avais imaginé qui allait m’arriver lorsqu’on m’a mis Kevin au sein pour la première fois. Je n’avais rien imaginé de précis. Je voulais ce que je ne pouvais pas imaginer, je voulais être transformée ; je voulais être transportée. Je voulais qu’une porte s’ouvre et que se déploie devant moi une toute nouvelle perspective dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Je ne voulais rien qui fût dépourvu de révélation, et la nature même d’une révélation est qu’on ne peut pas anticiper ; elle promet ce dont nous ne sommes pas encore familiers. Mais si j’ai tiré une seule leçon de mon dixième anniversaire, c’est que les attentes sont dangereuses quand elles sont à la fois élevées et vagues.

Plusieurs personnes reprochent à ce bouquin son style et sa longueur (un bon pavé de 600 pages), je l’ai personnellement adoré et dévoré en quelques jours, dans toute son horreur. Les réflexions d’Eva m’ont tellement marquée que j’en ai recopié des passages entiers, tant certains faisaient écho à mes propres mes propres croyances et angoisses face à l’idée de maternité. Je n’ai pas envie pour le moment d’exposer ici mon point de vue sur ce sujet tant il m’est personnel et pas assez clair, mais j’ai trouvé dans ce livre énormément de pistes de réflexions et de miroirs qui m’ont fortement aidée à cerner ma propre opinion. C’était intense, c’était juste, c’était merveilleusement écrit, c’était sans aucun doute une de mes lectures favorites de cette dernière année.

Avant de tomber enceinte, les images que j’avais de l’art d’être parent – lire l’heure du coucher des histoires de wagon qui font de larges sourires, enfourner de la pâtée dans des bouches grandes ouvertes -, tout cela relevait d’un univers ne me concernant pas. Je redoutais la confrontation avec ce qui risquait de s’avérer une nature froide, fermée, mon propre égoïsme et mon absence de générosité, les pouvoirs noirs et opaques de mes ressentiments personnels. Pour intriguée que j’étais par l’idée de « tourner une page », j’étais aussi mortifiée par la perspective de me retrouver désespérément coincée dans l’histoire de quelqu’un d’autre.

Film & série

Je rattrape petit à petit mon retard cinéma et ma liste-longue-comme-le-bras-de-films-à-voir-un-jour. Cette dernière est à moitié remplie de recommandations personnelles, et l’autre moitié est composée de recommandations de cinéastes dont j’aime suivre les chroniques. Il y a bien entendu le Fossoyeur de Films qu’on ne présente plus – mais je crois avoir une préférence pour les vidéos d’InThePanda, qui a été à l’origine de nombreuses chouettes découvertes ciné ces derniers mois (pour vous faire une idée du personnage, regardez par exemple sa vidéo « Le cinéma est politique »).

Je ne suis pourtant pas grande adepte de sa websérie, Unknown Movies, mais je suis absolument captivée par les passages qu’il y dévoue à faire découvrir une pièce méconnue du cinéma. Dans son final, InThePanda a partagé le film qui m’a sans doute le plus marquée ces dernières semaines : Final cut – Hölgyeim és uraim.

Vous connaissez peut-être La classe américaine, ce montage hilarant de films dont des extraits mis bout à bout et un redoublage permet de créer une nouvelle histoire ? Final Cut pousse à l’extrême ce même procédé : pas moins de 400 films différents ont été soigneusement découpés pour en extraire quelques secondes remontées afin de créer une oeuvre cinématographique absolument unique. Pas de redoublage, pas de longues scènes, pas d’acteurs identiques : ici, le protagoniste principal est tantôt Néo de Matrix, Oh Dae-Su d’Old Boy, Charlie Chaplin des Temps Modernes, j’en passe et des meilleures. Le concept n’est pas évident à expliquer, aussi voici les quelques premières minutes du film qui exposent très clairement la prouesse dont il est question :

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Cette œuvre est incroyable. Les scènes de films s’enchaînent en toute fluidité pour créer une histoire parfaitement cohérente, peu importe le changement de ratios, de protagonistes, de couleurs. Le travail de montage est absolument phénoménal, et nous permet une expérience unique : réaliser que le cinéma est universel au point de pouvoir suivre une histoire tout en s’affranchissant de toute époque, de tout style, de tout repère.

J’ai adoré pouvoir reconnaître des dizaines de films que j’ai aimés, découpés dans un tout nouveau contexte, parfois de façon incroyablement comique. Sans compter la bande originale, dont chaque morceau est une pièce emblématique du cinéma qu’il est merveilleux de redécouvrir. Ce film est un merveilleux hommage au cinéma, un peu difficile à se procurer, mais qui en vaut vraiment le visionnage ; j’avais un sourire extatique tout au long de mon visionnage.

Cinéma

Outre ma liste de films, je rattrape également les saisons de séries que j’ai en retard. Je continue actuellement ma découverte de Black Mirror, dont j’avais déjà parlé il y a peu, et dont chaque épisode est un véritable film à part entière. Je constate jusqu’ici que chaque saison a un épisode en particulier qui me marque au fer rouge ; cette semaine a fait fort, puisque le premier épisode de la troisième saison m’a laissée roulée en boule dans mon canapé à pleurer toutes les larmes de mon corps.

Nosedive présente une société dystopique où la valeur des individus est entièrement mesurée par leur popularité, notée sur un score de 5 étoiles. Chaque interaction sociale est ainsi évaluée et notée par ses participants, l’objectif étant d’avoir le score le plus élevé possible afin de faire partie d’une élite privilégiée. On y suit Lacie, une jeune femme cherchant à tout prix à obtenir un score de plus de 4,8 pour accéder à certains privilèges.

Nosedive

Nosedive

Nosedive

Nosedive

Nosedive

Je reproche souvent à Black Mirror d’être trop manichéen et peu nuancé dans ses critiques, et cet épisode n’échappe pas à la règle. Je me suis toutefois facilement laissée emporter par la superbe réalisation de Joe Wright, dont j’adore de nombreux films, et le jeu de Bryce Dallas Howard que j’ai eu grand plaisir à revoir à l’écran. Nosedive m’a replongé le nez dans toutes ces discussions passées que j’ai eues sur la mise en scène de nos vies sur les réseaux sociaux, sur le besoin de validation poussé à l’extrême, sur le décrochage complet de la réalité que l’on vit à travers nos écrans.

Cet épisode est tombé au moment où j’envisageais d’installer sur Hypothermia une possibilité de liker les articles sans les commenter, afin de permettre aux lecteurs de partager leur appréciation sans se sentir obligés d’élaborer un texte associé. Inutile de dire que j’ai fait complètement machine arrière après le choc de cet épisode, sachant pertinemment que j’allais bien trop me focaliser sur le nombre de likes que chaque article allait récolter. Rayant cette idée de mon carnet, j’y ai apposé en lettres rouges la maxime suivante : Feed your content, not your ego.

Hypothermia

Parlant du blog, je dédie également pas mal de temps actuellement à améliorer son apparence et ses fonctionnalités. Nettoyant son code et triant mes idées d’articles, je m’attelle aussi aux améliorations que plusieurs d’entre vous m’ont suggérées.

Hypothermia est ainsi désormais doté d’un moteur de recherche, accessible par son menu – ce qui évite de parcourir les pages des archives lorsque vous voulez retrouver un article précis. Autre petite modification, les liens dans les articles sont maintenant soulignés pour être plus visibles. J’ai également modifié l’affichage des commentaires imbriqués afin qu’ils restent lisibles même en version mobile ; l’amélioration de cette dernière est d’ailleurs mon prochain gros chantier. Si vous avez d’autres suggestions d’amélioration, n’hésitez surtout pas à les partager !

In corpore sano

Après tant d’années à l’ignorer, un des plus grands changements que j’ai appliqué ces dernières semaines a été d’enfin écouter mon corps et ses signaux d’alarmes. Passer mes journées devant l’écran dans des postures peu ergonomiques a un impact dramatique sur mon état physique, et génère des douleurs qui deviennent dangereusement permanentes. Souffrant d’un syndrome auto-immun qui m’empêche de pratiquer une activité physique intense, je me suis jusqu’ici résignée – ou plutôt excusée – de ne pratiquer aucun sport ; mon corps me rappelait toutefois au quotidien qu’il manquait cruellement d’exercice, et qu’il était temps que je m’occupe de lui.

Beaucoup de personnes m’ont proposé le yoga comme une solution idéale à mes problèmes. J’ai pourtant mis longtemps à m’y mettre, ayant une tendance stupide à me méfier des solutions miraculeuses qui font l’unanimité ; ma tête était emplie de préjugés sur l’idée de faire la pose du chien pissant au soleil levant tout en ouvrant mes chakras. C’est finalement l’enthousiasme partagé indépendamment par Aleks et Maddy qui m’a forcée à mettre de côté mon jugement débile pour, au moins, essayer. Et dès la première séance, j’ai compris que je n’étais pas prête de m’arrêter.

Yoga

Je n’ai pas voulu me lancer dans des cours en groupe dans un premier temps, aussi j’ai suivi le conseil de Maddy de me baser sur les vidéos d’Adriene. Cette professeur de yoga propose des séries de 30 séances d’environ 1/2h chacune – je me suis ainsi imposée de suivre le Yoga Camp durant un mois, cours qui me semblait idéal pour la débutante que je suis. Ne sachant absolument pas où je mettais les pieds, j’ai immédiatement été rassurée par le discours d’Adriene, qui validait le fait que chacun pouvait la suivre à son rythme, peu importe son niveau. Aucun problème si les mouvements ne sont pas parfaits, si les postures sont déséquilibrées voire impossibles – le but est d’essayer, simplement, et la plus grande victoire est juste d’être présent et consistant dans sa pratique.

Ces exercices de yoga sont avant tout des étirements et postures d’équilibre, réalisés de façon douce et adaptés à mes capacités. Je m’étonne de ne rencontrer aucun des symptômes limitants de ma maladie, tout en faisant fortement travailler mes muscles puisque je suis très régulièrement courbaturée le lendemain. Chaque séance me fait l’effet d’une bonne dose de WD40 injectée dans chacune de mes articulations. Mon mal de dos s’atténue de jour en jour, je sens que j’apporte à mon corps le soutien musculaire et la souplesse qui lui manquaient cruellement. En quelques semaines à peine, je me sens déjà progresser, certaines postures m’étant un peu plus faciles chaque jour, ce qui est extrêmement encourageant. En outre, chaque séance est gouvernée par un mantra (j’accepte, je crée, je réveille, je suis soutenue, …) qui permet d’y ajouter une dimension méditative complètement facultative, mais surprenamment bienvenue.

Me pousser à faire une séance de yoga tous les matins a sûrement été le changement le plus bénéfique à mes habitudes, que j’espère fortement maintenir, y compris lorsque je reprendrai un travail. Cette pratique m’apporte enfin un exercice physique qui m’est accessible et indispensable, et me permet de m’ancrer pleinement dans un corps que j’ai trop l’habitude d’oublier.

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Musique pour conclure

Un dernier domaine dans lequel j’aimerais être plus active est la recherche de nouvelles révélations musicales. Tout autant que j’aime la musique, en écouter beaucoup me draine rapidement toute mon énergie – cela fait ainsi de longs mois que je n’ai pas cherché à écouter de nouvelles œuvres, m’enfermant dans mes trésors, écoutant en boucle les mêmes albums qui me suivent depuis des années sans avoir le courage d’étendre mes horizons. Ce sont pour le moment mes proches qui me font découvrir de nouveaux artistes, et me motivent à me relancer dans certaines explorations musicales.

J’ai la chance de recevoir périodiquement des petits mails d’Aleks qui me partage les concerts qu’elle juge intéressants dans la région, et qui s’avèrent souvent de bonnes claques, même si je n’ai pas toujours le courage de les relater ici (Briqueville, Horskh et Perturbator ont fait partie des chouettes découvertes live de ces derniers mois). Une autre chance est de vivre avec quelqu’un qui explore beaucoup plus de musique que moi, et que j’harcèle souvent à grands coups de « Hééééé, je sais que je te l’ai déjà demandé, mais c’est quoi ce que t’écoutes là ? C’est vachement bien ! »

Parmi ces pistes, que K liste régulièrement sur son blog, je me permets de repartager ces trois morceaux qui tournent souvent dans mes oreilles ces dernières semaines et qui génèrent en moi de fortes réactions, que ce soit me faire monter les larmes aux yeux et/ou me donner une forte envie de danser !

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Moderat – Intruder

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Twenty One Pilots – Goner

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Lorn – Acid rain

Rédiger cet article m’a été un exercice essentiel pour réaliser que ma démarche de structurer et discipliner mes journées de chômage porte ses fruits ; je n’ai pas mentionné la reprise de l’écriture automatique quotidienne avec mon café du matin, les expérimentations photographiques, ou encore le réapprivoisement du piano avec l’apprentissage d’un nouveau morceau. Cette période de chômage m’est une véritable renaissance personnelle, me permettant de renouer avec de nombreuses passions et de me reconnecter avec moi-même par l’occasion.

Je regrette toujours que mes journées filent à toute allure, mais je sais aussi à quel point elles sont remplies. Une pensée m’inquiète, cependant. Combien de ces activités épanouissantes devrai-je sacrifier, une fois que je me remettrai au travail ?

12 commentaires

  1. Peut-être que quand tu reprendras le travail, tu t’organiseras différemment, et que tu offriras à certaines de ces activités une place dans ton planning, là où il y a quelques mois il n’y en aurais pas eu… Il y aura un peu moins de ceci ou cela, mais y’a toujours moyen de caser un peu quelque part… surtout quand on est aussi organisé que toi :D

    Tiens, moi aussi je viens de découvrir Perturbator, c’est marrant !

    • Ce n’est pas tant le temps qui me manquera que l’énergie, je crois. Je sens une réelle différence de concentration et de motivation à attaquer tous ces projets personnels – qui sont certes plus simples d’accès qu’un travail, mais tout de même. Cela fait quelques semaines qu’enfin, je ne ressens plus cette frustration et culpabilisation de « ne rien faire qui compte pour moi », et j’ai peur qu’elles reviennent en flèche sitôt que je retournerai dans le monde du travail. Là où je te rejoins, c’est peut-être que cette organisation que j’ai mise en place actuellement et qui semble porter ses fruits me permettra une meilleure structure personnelle à l’avenir !

      Le concert de Perturbator était super chouette, mais fort éprouvant, ça bougeait sévèrement dans la fosse ! Ceci dit un tel style de musique m’épuise très rapidement, et j’y deviens hélas vite hermétique. K avait laissé un chouette commentaire que je trouve assez à propos : « [Perturbator est] trop « pistolet laser rose » alors que je préfère « néon bleu sous la pluie » » ^^

  2. Je suis d’accord avec Nath, tu seras mieux organisée et surtout, tu pourras faire le tri entre diverses activités et savoir lesquelles t’apportent le plus de plaisir et de plénitude. Le piano, à force de vouloir m’y remettre et bien … j’ai décidé que c’était trop douloureux, je ne peux pas, il n’y a finalement aucun plaisir donc tant pis ! Pour le yoga, c’est comme la méditation, je regarde de loin mais du coup je vais essayer ces vidéos ! Et pour finir, quel soulagement de savoir que je ne suis pas la seule à oublier ce que je lis !! Depuis quelques temps, je note mes lectures sur mon blog, mais je peux oublier que j’ai lu tel ou tel livre (je ne garde presque plus mes livres, je note les titres sur un cahier). Ce qui m’en reste est principalement une émotion de plaisir ou pas d’avoir lu. Pour la musique, c’est compliqué, il y a beaucoup de choses et peu que j’aime vraiment … et je suis incapable d’écouter de la musique sans faire autre chose (comme les films … ce sont des activités passives). Oren Lavie, Her Elegant Morning, est une récente découverte, même si elle date pour d’autres ! Profite de ton temps libre, tu as raison de faire des listes et de te souvenir de toutes ces choses qui te tiennent à coeur et que tu vas faire !

    • J’admire ta conception de sacrifice, pour le piano par exemple – c’est un sujet sur lequel je change sans cesse d’opinion, et je ne suis pas prête à capituler, préférant en souffrir pour le moment. Il faut croire que je garde espoir…

      Je t’encourage fort à tester une première semaine de yoga, je trouve cette série de vidéos vraiment chouette et le discours tenu par Adriene me parle totalement ! Mais je peux comprendre que ça ne fasse pas écho – tout comme je n’ai jamais réussi à me tenir à une pratique de méditation. Le tout est de trouver chaussure à son pied !

      Quant à la lecture, il y a à nouveau quelque chose du sacrifice que je me refuse de faire – je crois qu’en réalité ce n’est pas grave, si je ne me rappelle pas de tous ces livres, tant que ceux qui m’ont réellement marquée restent. Mais j’ai du mal à l’accepter… Ce qui m’est difficile est de réaliser que parfois, je ne me souviens de quasiment rien quelques semaines à peine après avoir complété un bouquin ! Arrives-tu à lâcher prise sur cette impression de consommable ?

      J’avais oublié ce chouette clip d’Oren Lavie =) Peut-être aimerais-tu Daughter ? Mon cerveau fait une connexion de style, je trouve que ces artistes iraient très bien ensemble dans une même playlist à se passer sous la couette un jour de pluie :

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      Et c’est enfin une des raisons principales pour laquelle je tiens ce blog : pour me noter les choses, et me les rappeler :) Ça m’a fait plaisir que tu reprennes chacune des catégories de cet article pour partager ton propre rapport à elles, merci Ptisa !

      • Ptisa FireBird

        Je te remercie, c’est une caractéristique neurologique. Bon, j’ai quand même zappé les jeux vidéos et les séries ;)
        et peut-être autre chose !
        Merci pour cette découverte, en effet, les sonorités et les mélodies sont proches !!
        A bientôt !

      • Ptisa FireBird

        Je sais, je n’ai pas répondu à la question sur la consommation de livres. J’ai quelques auteurs favoris dont j’essaie de ne rien rater. Après ça, je trouve qu’il y a une telle quantité de choses que je n’ai pas lu … alors je lis. Le truc vicieux c’est que j’ai installé une petite librairie gratuite et que bien sur, je suis la première à me servir. J’ai une pile à lire monstrueuse, mais je sais que ce n’est pas de bonne qualité … en même temps, ce que je lis n’est pas forcément de grande qualité littéraire, mais ça me touche. Je cherche à être touchée par mes lectures et aussi à apprendre des choses. Il faut surtout que j’apprenne à abandonner un livre qui me fait souffrir, comme celui que je suis en train de lire en ce moment : je lui laisse encore 50 pages pour capter mon attention.

        • Ce que tu écris sur l’abandon de livres en cours me parle beaucoup, puisque c’est quelque chose que j’ai mis longtemps à accepter. Autrefois, je mettais un point d’honneur à finir absolument l’entièreté de tous les bouquins que je commençais, même ceux que je détestais. Résultat ? Je n’ai plus aucun souvenir de ces pavés que je me suis enfournée, mais je me rappelle bien des heures perdues et de la mauvaise humeur qui m’habitait au travers de leurs pages… Mon temps est trop précieux pour cela !

          Quant à la qualité littéraire de tes lectures, quelle importance au final ? Il est bien plus essentiel de se focaliser sur l’expérience vécue selon moi. Je préférerais mille fois que tu me partages un livre de gare qui t’a touchée plutôt qu’une référence littéraire qui t’a barbée… Alors abandonne ton pénible bouquin actuel, et profite d’un nouveau livre qui te donne plus envie :)

  3. Aleks Crément

    Toujours plus de musique!

    Hangdrums, mélancolie & relaxation:

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    Un de mes compositeurs de soundtracks préférés, sur un voyage de nuit au coeur de Tokyo:

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    Du grunge « of heck »:

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    Orchestre médiéval:

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    Toujours pas pour la princesse?

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    Méditation mobyesque:

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    • Ouiiiii trop bien, merci du partage Aleks ♥ ! J’écouterai tout ça ces prochains jours et t’en ferai un retour !

    • Petits compte-rendus rapides suite à mon écoute !

      Les hangdrums me seront toujours magiques, cet instrument a vraiment une résonance particulière qui me transporte ! Est-ce que Seb s’en sert dans son groupe ? Je regrette de ne pas connaître plus de morceaux qui les associent à d’autres instruments, comme ici par exemple, j’aime beaucoup ce mélange avec une trompette :

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      Je connaissais déjà Tangerine Dream, mais cette vidéo, pfiouuuuh, elle me rappelle tellement de souvenirs :)

      Sunny Day Real Estate ne me parle pas vraiment (j’en ai écouté plusieurs morceaux et je les trouve assez mélangeables et plats, surtout en comparaison avec le « of heck » dont on a discuté ;) ) PAR CONTRE Apocalypse Orchestra, je dis OUI (chœurs d’hommes + instruments anciens et modernes – amour sur la cornemuse et la vielle à roue – sont des ingrédients gagnants !)

      Surprenamment chouette ce morceau de la princesse, j’aimerais en entendre plus de la sorte !

      Et quant à Moby, ses ambiants sont des classiques de mes morceaux favoris quand je cherche un fond sonore pas trop intrusif mais qui donne tout de même une certaine atmosphère :) D’ailleurs, le sachiez-tu, il propose ses derniers albums gratuitement (bien que je les aime moins), et permet aux créateurs de vidéos de se servir dans sa banque de morceaux sans contrepartie, je trouve ça génial !

  4. « Dans le cas d’une adaptation, je ne m’intéresse pas souvent au matériau original, trouvant souvent le bouquin redondant avec le film qui en a été tiré, et mon imagination étant bien trop bloquée par les souvenirs des scènes cinématographiques que j’essaie de superposer à ma lecture. »
    –> C’est marrant, j’adopte une démarche complètement opposée! :) J’essaie toujours de lire le livre avant de voir le film et je suis quasi systématiquement déçue/frustrée par le film, qui, bien souvent, occulte des passages et réflexions selon moi essentiels.

    Et sinon, étant une fan de La Classe Américaine, tu m’as donné envie de voir Final Cut ^^

    • D’où le fait que je préfère souvent avoir la démarche inverse : voir le film pour avoir une première impression, et si celle-ci m’a plu, découvrir tout un univers complémentaire en complétant mon expérience par la lecture du livre qui l’a inspiré !
      Bonne découverte de Final Cut =) Ne t’attends pas à un même degré d’humour et d’absurde que La Classe Américaine ; mais si tu te laisses emporter, je suis sûre que tu y trouveras une incroyable poésie.

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