X16 – Kyoto

Après une semaine à vivre l’effervescence de Tokyo, nous avons pris le Shinkansen (train à très haute vitesse) pour Kyoto, ancienne capitale impériale du pays, afin d’y passer la deuxième partie de notre séjour. On m’a vendu cette ville comme étant un complément idéal à Tokyo, par son aspect bien plus traditionnel et proche de la nature. Il est vrai que Kyoto est entourée de montagnes et parsemée de centaines de temples, de ruelles traditionnelles aux bâtiments en bois et de jardins zen à chaque coin de rue.

Eliness à Kyoto

Kyoto

Kyoto

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Kyoto

Kyoto

Carte de Kyoto

Mes photos semblent conforter ces descriptions de carte postale, et me feraient presque oublier les déceptions cumulées que j’ai vécues sur place. Je m’étais fait avoir par une projection idéalisée dans des photos de guide touristique, m’imaginant errer au crépuscule dans des parcs déserts et m’immerger dans l’ambiance zen des temples. J’avais naïvement oublié que je n’étais pas la seule personne à vouloir vivre dans cette image idyllique de Kyoto. La solitude et le calme que j’espérais tant ont vite été piétinés par des hordes de touristes, dont je faisais partie. Adieu donc, fantasme occidental qui m’a profondément vexée, naïve d’y avoir un peu trop cru.

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Car Kyoto est avant tout une grande ville, moderne en bien des aspects comme Tokyo, les jolis coins médiévaux étant des sites touristiques bien précis et éparpillés, pris d’assaut par de nombreux visiteurs. Nous n’étions pourtant pas en pleine saison touristique, mais seules les visites au plus près des horaires d’ouverture et de fermeture nous ont accordés un peu de répit et d’espace.

Nijō-jō (le rigolo)

Le château de Nijō était juste à côté de l’appartement que nous avions loué pour la semaine, et donc notre premier point de visite dès son ouverture. Sitôt arrivé devant la porte de la première enceinte, richement décorée de bois sculpté peint, K s’est exclamé « Putain oui, ça déconne pas ! » Résidence du shogun, ce palais entouré de douves a été érigé pour démontrer la richesse artistique tout comme militaire de son propriétaire.

Comme d’habitude, il faut se déchausser pour entrer dans les bâtiments du palais. Interdiction d’en photographier l’intérieur, qui est grandiose malgré sa sobriété. La lumière diffusée par les panneaux de papier met en valeur les nombreuses peintures traditionnelles de chaque pièce. Ces dernières sont de plus en plus décorées au fur et à mesure qu’on approche les quartiers réservés au shogun, qui n’étaient d’ailleurs autorisés qu’aux femmes lui rendant visite. Chaque boiserie est finement sculptée du sol au plafond, et l’absence de meubles ne fait que renforcer le minimalisme des tatamis au sol et des traits de pinceaux au mur décrivant tour à tour dragons, oiseaux et cerisiers. J’ai particulièrement aimé sentir sous mes pieds le bois du plancher, creusé par les passages, qu’on appelle un parquet rossignol. Ses planches grincent intentionnellement dès qu’on marche dessus, une mesure de sécurité contre d’éventuels assassins qui tenteraient de se faufiler dans les chambres privées du shogun et de son harem…

Le parc du palais permet d’admirer ses remparts, d’immenses blocs de pierre tenant les uns contre les autres sans mortier, et de flâner dans un jardin on-ne-peut-plus traditionnel. Petite particularité touristique à laquelle je me suis vite prise au jeu : chaque temple de Kyoto propose à sa sortie un tampon à son image, qui m’a permis d’agrémenter les pages de mon carnet de voyage.

Nijō-jō

Nijō-jō

Nijō-jō

Nijō-jō

Nijō-jō

Nijō-jō

Nijō-jō

Nijō-jō

Nijō-jō

J’avais déjà décrit dans un article précédent la quête difficile de trouver un café digne de ce nom au Japon. C’est Reddit qui m’a mise sur la piste d’une bonne adresse lors de mes recherches préliminaires. Juste à côté de Nijō-jō se trouve The Coffee Stand, petite bicoque retapée par un amoureux de café. Nous lui avons rendu visite un soir à l’heure de fermeture, alors que nous rentrions nous coucher. Le propriétaire promet de servir la tasse de café la plus optimale possible en vérifiant scrupuleusement la température de l’eau, sa qualité, en important son café directement du producteur et en le moulant à la dernière minute. Ne sachant lequel choisir, je lui ai demandé de me préparer son café préféré, que j’ai savouré sur le toit de notre immeuble, profitant de la vue nocturne sur la ville et les montagnes environnantes. Le syndrome voyage fausse sans doute mon jugement, mais je garde en mémoire ce café comme étant l’un des meilleurs que j’ai jamais bu. Tellement bon qu’il m’a également causé l’insomnie la plus forte que j’ai jamais vécue, me maintenant les yeux grand ouverts passé 4h du matin.

The Coffee Stand

The Coffee Stand

The Coffee Stand

Bambouseraie d’Arashiyama

Un des points les plus négatifs de Kyoto est sans doute son système de transports catastrophique. Aucune ligne ne semble cohérente pour relier les sites touristiques tous éparpillés dans la ville, et nos pass n’étaient pas acceptés par la plupart des bus. Ces derniers font souvent d’interminables détours avant d’arriver aux points d’intérêt tant et si bien que nous avons fini par totalement nous en affranchir pour parcourir une bonne partie de nos trajets à pied. C’est d’ailleurs souvent ainsi que nous avons pu découvrir les quartiers qui nous ont le plus plu. Pour les plus grandes distances, nous nous sommes reposés sur le train qui semble venu d’un autre temps, traversant de petites gares souvent désertes, dont les conducteurs sont impeccablement vêtus d’un uniforme et de gants blancs, et dont les wagons sont souvent de couleurs vives, comme celui qui nous a emmenés à la Bambouseraie d’Arashiyama.

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

Je m’attendais à une forêt sauvage où faire un bout de randonnée, la bambouseraie est en réalité à l’image de son pays : impeccablement propre, goudronnée, panneautée et noire de monde. La déception fut heureusement de courte durée : c’est en parcourant cent mètres qu’on s’éloigne de la foule et qu’on peut enfin apprécier le calme de la forêt, prenant la pleine mesure de l’immensité des arbres si particuliers qui la composent. J’ai pu écouter le grincement de ces bambous infinis ployant sous le vent, paysage sonore si particulier qui a été érigé au rang de patrimoine à protéger par le Ministère de l’Environnement japonais. Cette magie s’est cristallisée sur le chemin de retour de la bambouseraie, où j’ai croisé le regard à la dérobée que m’ont lancé deux geishas au maquillage immaculé, qui ont émergé de la sortie d’un temple avant de disparaître dans la foule.

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

Bambouseraie d'Arashiyama

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Kinkaku-ji, le pavillon d’or

Kinkaku-ji, l’un des temples les plus célèbres de la ville, était bien loin du moment de magie précédent. Le site est envahi par une foule bruyante et irrespectueuse brandissant des selfie-sticks comme autant d’armes contre la sérénité, tant et si bien que nous avons plutôt expédié sa visite. Gimmick récurrent de l’histoire Japonaise, la plupart des temples ont été reconstruits à de nombreuses reprises, sujets aux guerres, tremblements de terre et autres catastrophes. Le Pavillon d’Or n’a pas été épargné, puisqu’il a été incendié plusieurs fois durant son histoire (est-ce pour cela qu’un phœnix est sculpté à son sommet ?), et a du à chaque reconstruction être à nouveau recouvert d’une sacrée épaisseur de feuilles d’or. Sa dernière destruction date de 1950, et a été provoquée par un moine bouddhiste qui y a mis feu, jugeant que ce symbole de beauté clinquante et d’opulence allait totalement à l’encontre de la religion à laquelle il était censé rendre hommage. Ce moine se retournerait dans sa tombe s’il pouvait voir à quel point le site a tout d’un lieu anti-zen au possible aujourd’hui…

Kinkaku-ji

Kinkaku-ji

Kinkaku-ji

Kinkaku-ji

Ginkaku-ji, le pavillon d’argent, et le chemin de la philosophie.

De l’autre côté de la ville, j’ai de loin préféré le Pavillon d’Argent, bien plus modeste ; en effet, ce temple ne fut jamais abouti ni recouvert de feuilles d’argent comme son homologue doré. Il ne tient son nom que du Ginsadan, la « mer d’argent » de sable blanc et de graviers qui s’étend à son pied. À noter que le pavillon d’argent est un des rares temples de Kyoto qui a résisté au temps et aux cataclysmes, le bâtiment est ainsi toujours d’origine. Ce temple était bien plus paisible et attachant ; j’étais particulièrement fascinée par son jardin de mousses, et nous avons bien pris le temps de nous imprégner de son atmosphère.

Ginkaku-ji

Ginkaku-ji

Ginkaku-ji

Ginkaku-ji

Ginkaku-ji

Ginkaku-ji

À la sortie du Pavillon d’Argent, je suis tombée sur la boutique Qu An, qui m’a attirée par les nombreux petits bonsaï qu’elle vendait à son seuil. J’ai terriblement regretté les restrictions douanières qui m’ont empêchée de ramener un petit érable chez moi, et je me suis empressée d’en acheter un sitôt rentrée. Je suis tout de même ressortie de ce magasin avec un plat en métal brut qui m’a tapé dans l’œil, et qui a une jolie histoire : la propriétaire était en effet fière de m’annoncer que c’était son mari qui l’avait forgé, et j’ai adoré son enthousiasme d’apprendre que j’allais rapporter cet objet en France.

Juste à côté se trouve le départ du Chemin de la Philosophie, balade apaisante de deux kilomètres le long d’un canal, ponctuée de multiples boutiques et cafés. Cette promenade tire son nom de Kintaro Nishida, célèbre philosophe japonais qui aimait y méditer, et dont les élèves ont suivi la même tradition. J’ai lu que le chemin n’avait pas grand intérêt hors de la saison de floraison des cerisiers – je ne suis absolument pas d’accord, puisque j’ai personnellement préféré le découvrir sans touristes, y croisant quelques lecteurs et artistes, profitant de la marche à guetter les carpes dans le canal et à caresser les chats errants de passage.

Eliness - Chemin de la philosophie

Chemin de la philosophie

Chemin de la philosophie

Chemin de la philosophie

Chemin de la philosophie

Chemin de la philosophie

Chemin de la philosophie

Il semble que nous soyons tombés en pleine journée de sortie scolaire, puisqu’à chaque arrêt que nous faisions pour visiter un des temples bordant le chemin, nous nous faisons assaillir par des dizaines d’écoliers en uniforme. Leur mission ? Accoster les touristes pour leur poser quelques questions en anglais. Ils étaient ravis d’apprendre que nous étions français (la mention de notre pays ne cesse jamais de déclencher des réactions rêveuses et admiratives), que nous avions goûté de multiples plats japonais durant notre séjour, et ne semblaient pas connaître Cowboy Bebop, un de nos animés préférés (à moins que notre prononciation ne laisse trop à désirer). Une interview 2.0, entièrement filmée grâce à une tablette – j’essaie d’imaginer notre discussion projetée en pleine classe d’anglais – et clôturée par une photo de groupe aux poses on-ne-peut-plus typiques. Nous n’avions pas fait cinq mètres qu’une autre troupe nous prenait d’assaut ; malgré notre bonne volonté, au bout du troisième nous avons été contraints de décliner leurs interrogatoires, sans quoi nous ne serions jamais arrivés au bout du chemin !

Je tiens à mentionner que sur le trajet, il serait dommage de passer à côté de Ishibe koji, une petite rue parallèle toute en bois de cèdre et en pierres, dont l’architecture historique des années 1900 a été préservée.

Ishibe koji

Ishibe koji

Ishibe koji

Ishibe koji

Le chemin permet de rejoindre le sud-est de la ville, où se concentrent tellement de temples que je ne savais plus où donner de la tête. Il y en a beaucoup qui étaient pourtant réputés mais que nous avons zappés, fatigués de marcher autant, et commençant à saturer de la foule et des odeurs d’encens. J’ai sélectionné un peu au hasard Kodai-ji parmi toutes les possibilités, et ce choix était plutôt judicieux. Le temple était pratiquement vide, nous a permis d’assister à la construction d’un jardin zen, et présentait un jardin digne de ces images de carte postale que je décrivais en début d’article.

Kodai-ji

Kodai-ji

Kodai-ji

Kodai-ji

Kodai-ji

Kodai-ji

Kiyomizu-dera, le bain de foule

Nous avons conclu cette tournée de temples par Kiyomizu-dera (temple de l’eau), un complexe de temples bouddhistes et shintoïstes à flanc de montagne qui a fini de m’achever. La rue pour s’y rendre devenait progressivement de plus en plus dense de monde, cela aurait du nous mettre la puce à l’oreille. Le temple était submergé d’une foule tellement compacte qu’il était impossible d’y avancer sans jouer des coudes. Une partie du site était en travaux d’où cet engorgement, sûrement, qui m’a hélas totalement empêchée d’apprécier le lieu (qui semblait pourtant grandiose).

Kiyomizu-dera

Kiyomizu-dera

Kiyomizu-dera

Kiyomizu-dera

Kiyomizu-dera

Kiyomizu-dera

Kiyomizu-dera

Kiyomizu-dera

Kiyomizu-dera

Gion & Pontocho Alley

Bilan des courses : nous étions épuisés d’avoir marché toute la journée, d’avoir du affronter tant de monde, nous avions faim et soif. Il était temps de nous trouver un petit restaurant où passer tranquillement la soirée et reprendre des forces. J’espérais que nous trouverions notre bonheur à Gion, quartier réputé de loisirs traditionnels et d’écoles de geishas – où tout était hélas fermé lors de notre passage. Au vu des tarifs affichés par les rares restaurants ouverts, nous avons vite compris que nous n’aurions de toute façon pas pu nous permettre le luxe d’une soirée dans ces maisons traditionnelles.

Gion

Gion

Gion

Gion

Gion

Nous nous sommes rabattus en désespoir de cause sur Pontocho Alley, réputée comme étant « la » rue où sortir à Kyoto, réminiscente des rues du même genre que nous avions parcourues à Tokyo. À nouveau la déception était de taille : chaque restaurant affichait des prix exorbitants et des « welcome to foreigners » bien trop clinquants pour être honnêtes. J’avoue que c’est ce soir-là, épuisée et un peu sur les nerfs, que j’étais le plus fâchée contre Kyoto, et peut-être contre moi-même aussi, ayant l’impression d’avoir moins bien préparé cette seconde partie du voyage.

Pontocho Alley

Pontocho Alley

Pontocho Alley

Pontocho Alley

Pontocho Alley

Et comme à chaque fois, je me suis réconciliée avec la ville par un heureux hasard : au détour d’une dernière rue nous nous sommes fixés sur un restaurant qui était un excellent choix. Komefuku nous a régalés de tempura et de poisson cru dans une super ambiance et à un prix dérisoire, on n’y croyait plus !

Sanjūsangen-dō, le temple des 1001 statues

K était plutôt dubitatif lorsque j’ai insisté un autre jour de voir « encore un temple », qui nous demandait de plus un peu de marche depuis la gare. Et pourtant, Sanjūsangen-dō est une visite qu’il aurait été dommage de rater. Prendre des photos du lieu est strictement interdit, aussi vous ne pourrez que vous fier à mes mots pour vous convaincre de sa magnificence.

Après avoir payé mon billet et glissé mes chaussures dans un sachet plastique, je suis restée bouche bée en entrant dans le temple. Sanjūsangen-dō est un immense hall d’une centaine de mètres de long, empli de 1001 statues de Kannon, déesse de la compassion, parfaitement alignées en rangs. K et moi avons passé de longues minutes à détailler ces sculptures du regard, chaque statue en bois doré étant différente de sa voisine, portant des vêtements sculptés aux drapés incroyablement réalistes, possédant 42 bras dans des postures toutes différentes et tenant chacun un objet différent. La légende raconte que chaque visiteur peut trouver dans une statue le portrait de son âme sœur… Au centre du temple, une gigantesque statue de la déesse trône dans son entièreté, avec onze têtes et pas moins de mille bras. Tous les quelques mètres, une immense statue en bois d’une divinité gardienne de Kannon renforce les rangs et tient à distance les visiteurs qui souhaiteraient trop s’approcher. À nouveau, ce temple a été presque totalement détruit dans un incendie en 1249, et la plupart des statues ont du être re-sculptées.

Les murs du temple sont constellés de trous qui sont des impacts de flèches, témoignage du Tōshiya, une compétition de tir à l’arc s’y tenant annuellement depuis l’ère Edo. À l’époque, les meilleurs archers du Japon étaient jugés sur le nombre de flèches maximales qui atteignaient leur cible sur une durée de 24h sans interruption. Le record est détenu par Wasa Daihachiro, qui a tiré 13 053 flèches (soit 9 par minutes), dont 8 113 ont atteint le cœur des cibles visées.

Tokyo Tower

De retour du temple, nous avons eu le temps de grimper en haut de la Kyoto Tower, haute de 131 mètres, et qui permet de constater à quel point Kyoto est enclavée dans des montagnes, et est finalement bien plus moderne que l’image qu’elle véhicule dans les guides touristiques.

Kyoto Tower
Tokyo Tower

Tokyo Tower

Tokyo Tower

Tokyo Tower

Tokyo Tower

Distillerie Suntory Yamazaki

Outre son apparition dans le film de Sophia Coppola qui a amplement contribué à le rendre populaire, le whisky Suntory est le premier à avoir été distillé au Japon, bien avant l’apparition des whiskies japonais les plus primés actuellement tels que Nikka. La distillerie Suntory est située dans la ville de Yamazaki à quelques kilomètres au sud de Kyoto, et propose des visites guidées. K et moi sommes certes amateurs de whisky, mais était-ce bien nécessaire d’y sacrifier 1/2 journée de notre séjour ? La réponse est oui, sans hésitation.

Distillerie Suntory Yamazaki

Distillerie Suntory Yamazaki

Distillerie Suntory Yamazaki

Distillerie Suntory Yamazaki

Distillerie Suntory Yamazaki

Distillerie Suntory Yamazaki

Distillerie Suntory Yamazaki

Nous avions pourtant déjà visité une distillerie à Dublin il y a quelques années, mais Suntory a la particularité de faire visiter son usine de production. C’est ainsi que nous avons suivi notre guide Cherry dans les salles réservées à la fermentation, distillation ou au vieillissement qui nous ont aussitôt ravies par leur forte odeur de pomme cuite. Un parfum prenant que j’associe à la distillerie de cognac que notre ami Thomas nous avait fait visiter en Charente, et que j’ai retrouvée avec grand plaisir. Un audioguide nous permettait de suivre en anglais les explications que la guide débitait en japonais – ce qui était un peu dommage, j’aurais préféré une interaction plus directe. La visite était en outre très rapide, probablement pour ne pas laisser le public trop longtemps dans les zones de production – mais en valait largement la peine pour les amateurs novices que nous sommes.

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Distillerie Suntory Yamazaki

Distillerie Suntory Yamazaki

Distillerie Suntory Yamazaki

Distillerie Suntory Yamazaki

Distillerie Suntory Yamazaki

Dernière étape de la visite, une dégustation nous a permis de découvrir le Highball, la « meilleure façon de boire du whisky » selon les japonais, qui est de le savourer… mélangé avec de l’eau gazeuse. Une particularité confirmant à nouveau que les Japonais ont une culture de l’alcool bien différente de la nôtre, à juste titre. En effet, environ 40 % d’entre eux possèdent une mutation génétique qui les empêchent de dégrader complètement l’éthanol. Des restes de ce dernier s’accumulent alors dans l’organisme, qui prend cela pour une agression et réagit plutôt violemment, par des bouffées de chaleurs, nausées voire crises d’urticaire. Étant plutôt pompettes suite à notre dégustation (belle stratégie marketing !), nous avons évidemment pris soin de débarrasser ces pauvres japonais de quelques bouteilles que nous avons glissées dans nos valises en guise de souvenirs. Après l’avoir re-goûté tranquillement chez moi, et malgré toutes les explications de Cherry, le Suntory que nous avons acheté n’est pas vraiment à mon goût – plutôt agressif et pas assez tourbé ni boisé. Peut-être que le diluer à l’eau pétillante est effectivement la meilleure façon de le déguster, au final ?

Fushimi inari taisha, le sanctuaire aux torii rouges

Une des visions les plus célèbres de Kyoto est sans aucun doute cette succession de portes rouges qui part du temple Fushimi Inari Taisha, suivant un chemin d’une bonne heure de marche vers le haut de la colline adjacente. Plus de 10 000 de ces portes, les torii, sont des offrandes financées par des sociétés dont le nom est gravé au dos comme autant de panneaux publicitaires. Il est quasiment impossible de capturer une image de ce couloir rouge sans qu’il ne soit peuplé de nombreux touristes. J’ai fini par perdre patience et complètement bloquer le passage, en expliquant à mes pairs que si nous attendions sagement que les personnes devant nous disparaissent, nous aurions alors quelques secondes suffisantes pour prendre la photo tant convoitée. Une fois le cliché dans la boîte, nous avons eu le loisir de vagabonder dans ces couloirs rouges, nous hissant vers une vue qui allait jusqu’Osaka. Nous n’avons toutefois pas eu le courage de grimper jusqu’au sommet, le jour commençant déjà à faiblir, et ayant largement eu notre dose de marche pour la journée.

Fushimi inari taisha

Fushimi inari taisha

Fushimi inari taisha

Fushimi inari taisha

Fushimi inari taisha

Fushimi inari taisha

Fushimi inari taisha

Le bilan Kyoto


Contrairement à Tokyo où mes souvenirs sont avant tout des ambiances et des mélanges d’expériences, mes meilleurs souvenirs de Kyoto sont des moments très précis et soigneusement choisis. Il y avait par exemple la camionnette qui diffusait cette adorable chanson dans Gion, ce regard échangé avec des geishas, cette écolière au pavillon d’or qui ignorait la foule autour d’elle pour prier, ou encore la bougie que j’ai allumée en offrande « pour la réussite scolaire ». Malgré mes quelques déceptions, je comprends totalement le charme qu’on peut trouver à la ville, et j’essaie de ne pas focaliser ma mémoire sur la horde de touristes dont nous faisions partie et qui ont quelque peu terni sa sérénité. Loin des clichés touristiques, j’ai effacé toutes mes attentes sur Kyoto pour les remplacer par ces petits souvenirs choisis bien réels, et finalement bien plus magiques.

Kinkaku-ji

Kinkaku-ji

Kyoto

11 commentaires

  1. Je n’ai pas ressenti le besoin de retourner à Kyoto pour mon second voyage au Japon, préférant tester Osaka (ville dont j’attendais beaucoup et qui m’a déçue) ! Pourtant je me souviens qu’en arrivant de Tokyo, la première fois, j’ai été charmée par la ville que j’ai trouvé tellement plus calme ! J’ai particulièrement apprécié nos ballades nocturnes ! Malgré tout, au bout de quatre ou cinq jours, on ne savait plus trop quoi y faire, il faut bien l’avouer… Et quelques années plus tard, tous les temples que j’y ai vu se mélangent dans un souvenir confus !

    Ah ce chemin de la philosophie ! Je m’en souviens ! Nous l’avions emprunté super tôt dans la matinée, il faisait déjà une chaleur d’enfer et il n’y avait personne, à part un couple de japonais juste devant nous ! Nous avions rencontré plusieurs petits vieux qui nous avaient tous demandé de quel pays nous venions, c’était sympa !

    Pas eu le courage non plus d’aller jusqu’en haut de la colline du Fushimi Inari Taisha pour cause de chaleur mais cela reste un gros regret en fait ! Mais il m’est plus facile de le regretter de derrière mon écran que sur place car j’étais épuisée !

    Merci pour ce nouvel article, aussi intéressant que d’habitude ! :)

    • J’avais lu à plusieurs reprises qu’il était préférable de séjourner à Osaka et de n’octroyer que deux jours de visite à Kyoto, mais ton commentaire sur cette première ville me conforte dans notre choix malgré tout (même si j’ai un peu regretté ne pas avoir pu y faire un tour). Kyoto permet d’accéder à quelques autres points d’intérêt d’excursions d’une journée, c’est ce qui a fixé notre choix.

      Beaucoup de Japonais nous ont effectivement demandé notre origine – une fois passée la barrière du premier contact, j’ai beaucoup aimé discuter avec eux de leur point de vue sur la France ! J’ai souvent regretté la barrière de la langue, peu de ceux avec qui nous avons parlé s’en sortaient vraiment bien en anglais ce qui était frustrant parfois. Mais je garde de chers souvenirs de nos quelques discussions :)

      Même réaction que toi sur l’ascension de Fushimi Inari Taisha, je regrette un peu maintenant de ne pas avoir persévéré mais sur le coup, c’était vraiment de trop. Je ne sais pas si c’est parce que nous avions déjà une semaine dans les pattes, mais Kyoto m’a bien plus épuisée que Tokyo…

      Merci à toi pour rebondir avec tes propres souvenirs, il est toujours intéressant de mettre en parallèle des impressions et ressentis d’un même voyage vécu par des personnes différentes !

  2. « J’avoue que c’est ce soir-là, épuisée et un peu sur les nerfs, que j’étais le plus fâchée contre Kyoto, et peut-être contre moi-même aussi, ayant l’impression d’avoir moins bien préparé cette seconde partie du voyage. »
    hi hi :) C’est là qu’on reconnait les vrais pros de l’organisation ! Tu ne supporterais pas de partir en voyage avec moi, car je me mets très souvent dans ce genre de situation puisque je ne prépare quasiment rien :) Je pense qu’énervement, fatigue et découragement font intrinsèquement partie du voyage. (puis c’est comme d’aller à Ikéa : si ton couple a survécu à ça, il survivra à tout ;))

    Merci pour ce merveilleux voyage ! Quel plaisir ça a été de m’asseoir, un lundi sur deux, devant mon PC et accompagnée d’un thé pour découvrir vos pérégrinations… Tes photos sont superbes !

    • J’ai toujours vu ma mère préparer nos voyages, guides touristiques et cartes à l’appui ; j’ai hérité de cette façon de faire, même si j’accorde un peu plus de liberté, de choix multiples sur place et de temps libres d’improvisation. Je t’avoue que mes recherches préalables ont été un atout incroyablement précieux au Japon ; j’étais un peu stressée de partir pour la première fois aussi loin en tant qu’adulte responsable de tout le bon déroulement du voyage, et mon carnet de notes était une assurance solide qui nous a permis de nous organiser sur place sans aucun problème. J’aime avoir plein d’options sur place et profiter du temps libre à flâner plutôt que de rechercher plein d’informations sur place ;)

      Merci à toi d’avoir été une lectrice assidue de ces articles, je vais finir par y avoir passé plus de temps que le voyage en question ^^ Je conçois qu’ils puissent être lassants pour des personnes ne sont pas plus que ça intéressées par un compte-rendu de voyage – mais il était important pour moi de me créer cette capsule de souvenirs qui est un complément parfait au journal que je tenais sur place, tant pis si ça dure un peu trop longtemps. Il ne reste plus qu’un article si tout va bien, et après le blog reprendra son rythme normal !

      • Ah il reste un article, cool ! Je n’en étais pas tout à fait sûre :)

        Je me rends compte que si j’ai pu laisser libre cours à l’improvisation lors de mes voyages, c’est parce que je n’ai jamais entrepris un voyage dans un pays aussi éloigné et différent du nôtre que toi – enfin, je suis allée en Australie, mais c’était pour y vivre, et d’ailleurs comme nous n’avions rien planifié, les premières semaines ont été compliquées ;)

  3. J’aime bien ton retour d’expérience et ton naturel par rapport au voyage. En effet, dur dur d’échapper aux lieux touristiques au risque de rater quelque chose, mais l’essentiel et tout le charme d’un lieu se trouvent souvent dans les plus petites choses, l’ordinaire des autochtones…

    • Tu mets le doigt sur ce que j’avais tant de mal à équilibrer au Japon, cette envie de découvrir tous les lieux « importants » puisqu’on n’allait pas y retourner de si tôt, mais sans saturer de l’ambiance « troupeau de touristes », et en essayant de vivre des moments un peu plus authentiques. K et moi avons déjà discuté de la possibilité d’un second voyage là-bas, dans de nombreuses années, où nous aimerions bien explorer un peu plus du pays et de coins moins touristiques.

  4. Ta série d’article sur le Japon et sur Tokyo en particulier me donne envie de revoir le film « Tokyo! » de Michel Gondry, Leos Carax et Bong-Joon Ho. C’est un regroupement de 3 courts-métrages qui font chacun un portrait de la ville. Je serais curieuse de voir ce que tu en penses, après ton voyage. Je l’avais trouvé assez hallucinant à l’époque où je l’avais vu.

    • Bienvenue par ici Emma :) Je ne connais pas du tout le film que tu mentionnes mais il me fait très envie, autant pour son sujet que pour ses réalisateurs. Je ne manquerai pas de te faire un retour une fois que je l’aurai vu, ce week-end j’espère. Merci pour la recommandation !

      • Haha, de rien. Ils sont assez spéciaux – enfin, si tu connais les réalisateurs, tu dois t’en douter – mais je les avais trouvés intéressants dans leur mélancolie, leur étrangeté et leur poésie. Bref, je te laisse le découvrir pour quand tu auras du temps. :)

    • Je viens tout juste d’en finir le visionnage, et whaou ! C’était déstabilisant, mais je crois que ça m’a plu :) Au départ je me disais que Tokyo était surtout un prétexte, et que ces histoires auraient pu se dérouler n’importe où – mais à y réfléchir, je réalise que chaque court-métrage contient des éléments vraiment essentiels de la culture japonaise. K et moi nous sommes exclamés à plusieurs reprises : « Hé, mais on est passé par ici ! », ce qui a donné une saveur toute particulière au film, sans pour autant prendre le dessus sur les histoires racontées. Ces dernières m’ont en tout cas parlé – même si à mon sens elles auraient toutes trois mérité quelques minutes en moins, je les prends vraiment comme des expériences. Merci encore, c’était une chouette découverte !
      PS : Ça m’a fait plaisir de retrouver le leprechaun d’Holy Motors ^^

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