Parenthèse – Transistor

Mon compte Steam répertorie plus d’une vingtaine de jeux vidéo, certains qui ont dévoré des centaines d’heures de ma vie, d’autres que j’ai très rapidement délaissés. Je deviens de plus en plus difficile dans le domaine : comptant précieusement mon temps libre, je ne me permets plus de le dilapider dans un jeu qui ne me convainc qu’à moitié. Je cerne de mieux en mieux quels sont mes critères de validation, que peu d’œuvres réussissent à remplir. Mais quand c’est le cas… Ce sont des expériences magnifiques.

Transistor moto

Un collègue de boulot m’avait mentionné Transistor il y a quelques mois, précisant que l’ambiance du jeu me plairait sûrement. Je savais que c’était le nouveau né des développeurs de Bastion, jeu indépendant que j’avais essayé une heure ou deux. J’en aimais l’idée, les graphismes, la narration, mais je m’en suis vite lassée (univers dans lequel je n’arrivais pas à m’immerger, difficulté trop importante, et personnage principal sur lequel je ne réussissais pas à me projeter). Les jeux de plateforme ne sont pas ma tasse de thé, les try & die encore moins. En écoutant la description de Transistor, qui semblait suivre le même schéma, j’ai tout de suite étiqueté ce jeu comme n’étant pas pour moi et je l’ai soigneusement oublié.

Une erreur qu’Epoc a bien fait de corriger vendredi dernier en propulsant le jeu sur mon ordinateur sitôt nos identifiants Steam échangés, m’enjoignant de m’y atteler par l’affirmation suivante : « Je n’ai aucun doute sur le fait que ça va te plaire. Du genre, ZÉRO. » J’ai du ainsi mettre mes préjugés de côté et donner sa chance à Transistor. Quelques minutes à peine après avoir pris les commandes, force m’était d’admettre qu’Epoc avait totalement raison, et je lui suis grandement reconnaissante d’une telle découverte. Ce jeu est une pure merveille.

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Vous y incarnez Red, une chanteuse au sommet de sa gloire, rendue muette suite à une attaque de la Camerata en plein concert. Cette organisation est en chasse des personnes les plus influentes de Cloudbank, la ville futuriste dont vous étiez la plus grande star. Le jeu commence juste après l’assaut, alors que vous vous réveillez aux côtés du corps de l’homme qui vous a sauvée. Il n’est toutefois pas tout à fait décédé, puisque son esprit semble s’être transféré dans le Transistor, arme du crime que vous devez arracher de son cadavre. C’est ainsi nantie d’une épée parlante que vous allez évoluer dans Cloudbank, découvrir les étranges processus qui l’ont envahie, et traquer la Camerata…

Transistor combat

Dans votre progression, vous allez bien sûr rencontrer des ennemis. Là où j’avais énormément de difficultés à affronter ceux de Bastion, le système de combat de Transistor m’a bien plus conquise. La capacité d’arrêter le temps pour planifier ses coups, la diversité des sorts d’attaque et de défense permettant une infinité de combinaisons stratégiques, la mort tolérante privilégiant la perte d’un pouvoir à devoir repartir de zéro : tout est conçu pour me plaire, moi qui me sens souvent dépassée par des jeux trop rapides ou complexes. Ici la difficulté est progressive et adaptable à loisir. Ce qui m’a laissée profiter des phases d’action sans les trouver éprouvantes, me permettant surtout de me plonger dans la richesse de l’univers du jeu.

Il y a cette ville dystopique aux inspirations art déco d’avant-garde, dont l’histoire nous est dévoilée peu à peu par des indices cachés dans les moindres recoins. Il y a cette relation entre Red et le Transistor, tant de non-dits si touchants décelables au travers des quelques répliques de l’épée (ah cette voix…). Il y a cette narration dans laquelle on veut avancer encore et encore pour en apprendre toujours plus, tout en redoutant le moment où elle se terminera. Il y a les graphismes absolument magiques, je ne compte plus les pauses que j’ai prises à faire fredonner Red dans les rues désertes de Cloudbank. Et cette bande originale, bon sang cette musique…

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Il y a enfin toutes ces références informatiques à côté desquelles la développeuse en moi n’a pas pu passer : les processus, la récursivité, la nomenclature des actions sous forme de fonctions : Help(), Ping(), Void(), … Autant de signes permettant de considérer l’histoire sur un tout autre niveau d’interprétation. La découverte sur Internet de quelques théories à ce sujet me donne envie de me lancer dans une nouvelle partie, afin de saisir toutes les subtilités à côté desquelles je suis passée dans ces différents degrés de lecture. Moi qui n’envisage que très rarement de refaire un jeu une fois que j’en suis arrivée au bout, cela prouve bien à quel point Transistor m’est spécial.

Le jeu n’est pas très long, je l’ai terminé en 7-8 heures, ce qui a permis une intensité constante et concentrée, sans qu’elle ne se dilue au cours du temps. Je suis restée coite devant le générique final, encore habitée par l’univers dans lequel j’étais totalement plongée, et fortement ébranlée d’avoir atteint le fin mot de son histoire.

C’est finalement là mon premier critère d’évaluation d’un jeu vidéo : sa capacité à me transporter et à m’émouvoir. Sur ces points, Transistor fait un sans faute en m’ayant fait vivre une expérience vidéoludique dont je me souviendrai longtemps, et qui méritait sa place sur ces pages. Une œuvre d’art sublime.

Transistor

Les parenthèses sont des articles concentrés et arbitraires publiés dans l’intention d’un partage instantané.

8 commentaires

  1. Neonderthalis

    C’est pas très très sympa dis donc de suggérer une nouvelle source de procrastination, moi qui ait réussi à me sortir à nouveau de Don’t Starve dans lequel j’avais replongé il y a quelques semaines à corps perdu…

    Bon ben on va aller regarder ça de plus près hein :D

    • Entre procrastineurs invétérés, on se soutient mutuellement ;) Si tu t’attelles à Transistor, n’oublie pas de laisser ton avis par ici ! J’en écris de façon très passionnée, aussi je suis très curieuse d’autres opinions qui seraient peut-être plus tempérés que le mien.

      Don’t Starve est aussi un de mes points faibles, m’y plongeant périodiquement sitôt oubliée la rage de tout perdre par un hiver mal organisé ou un ent un peu trop violent ^^ As-tu testé la version Don’t Starve Together ? La coopération se prête vraiment bien au jeu (mais n’est de loin pas plus simple, car qui dit plus de personnes, dit besoin de plus de ressources, et la nourriture est encore plus rapidement critique…)

      • Neonderthalis

        Acheté hier soir mais pas encore commencé du coup ;) Je te tiendrai au courant ici de ce que ça donne ^^
        J’ai pas encore plongé dans Don’t starve together mais à mon avis ça ne va pas tarder : t’es la deuxième à m’en parler et ça commence de plus en plus à me tenter… Adieu vie sociale :'(

  2. J’ai eu l’honneur de tester le jeu à sa sortie à l’époque où j’écrivais pour un site de jeux vidéo. J’en garde un très bon souvenir. Quel univers, quelle musique. Quel jeu.

    • « Quel univers, quelle musique. Quel jeu. » : Un parfait résumé de mon expérience. Je pense que c’est le genre de jeu sur lequel on peut revenir très régulièrement au cours d’une vie sans s’en lasser. D’où pour moi son statut de référence en la matière :) Avais-tu écrit un article à son sujet ?

  3. C’est vrai que ça donne envie ! je ne joue pas beaucoup mais j’aime bien ça, celui-ci a l’air bien mais je préfère jouer sur une console que sur un pc, du coup il va falloir que j’attende de monter en grade au niveau de la console vu que j’ai toujours la PS3 ^^

    • Ouille, ça doit être un bon frein pour toi de constater que beaucoup de jeux actuels ne sont plus accessibles via la PS3, non ? Je ne suis pas du tout console, je n’en ai jamais eues (pas même une Game Boy !) donc je n’ai aucune idée de l’évolution de ces plateformes, mais la vitesse de changement (et aussi l’anti-rétrocompatibilité) me paraissent assez frustrantes.

      Ce jeu est en tout cas à ajouter à ta liste sitôt le pas franchi vers une PS4, vraiment, il en vaut le coup ! (et les promos sur le PlayStation store sont assez récurrentes apparemment). Il me semble qu’il a été porté sur iOS aussi, mais n’étant pas du tout adepte des jeux sur tablette/smartphone, je m’abstiens de donner mon avis à ce sujet.

      • Les jeux tablette/smartphone ne m’intéressent pas trop non plus. C’est un peu frustrant pour certains trucs oui, mais comme je ne suis pas une grosse joueuse et que je mets parfois beaucoup de temps pour finir un jeu, il me reste encore des jeux à découvrir sur PS3 ! Mais j’avoue que le système PS4 me dérange, devoir payer la console + une sorte d’abonnement pour se connecter à internet, je n’aime pas du tout le principe.

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