Copy of A

Tu m’écrivais ne pas vouloir me vexer et pourtant tu m’as blessée, en réussissant à me faire douter de moi-même. Je me suis longtemps demandée si tu avais raison, et à quel point je devais me remettre en question ; je suis passée par bon nombre d’émotions jusqu’à être assez sûre de moi pour partager mon opinion.

Pour remettre les choses dans leur contexte, nous avons échangé quelques mails au sujet d’Hypothermia et des blogs en général, jusqu’à ce que tu m’avoues ton ressenti sur mes publications. Selon toi, je me contente de me calquer sur d’autres plutôt que d’innover ; mon blog te parait ainsi une fade copie de ce que tu peux déjà voir ailleurs, et mériterait de trouver sa propre authenticité.

Tout d’abord, cher lecteur, merci de m’avoir autorisée à te répondre ici. Ne prends pas ce post comme un besoin de justification affiché, j’utilise ton propos comme angle d’approche à un sujet sur lequel je souhaite écrire depuis longtemps. Par ce biais je souhaite te transmettre deux éléments : l’aveu qu’effectivement, ce que tu m’écrivais a une part de vérité. Et la conviction que je ne changerai en rien ma façon de faire.

Eliness doubles

Depuis que je suis adolescente et que je construis ma propre identité, j’absorbe ceux qui m’inspirent. Je suis sûre qu’il t’est déjà arrivé de croiser dans ta vie des personnes qui te font un effet « whoua », des personnes qui ont quelque chose, tu ne sais pas vraiment quoi, qui résonne en toi ? C’est ce quelque chose qui me fascine et que je recherche ardemment, car je suis persuadée que chaque autre détient des morceaux de soi. À l’époque j’étais terrorisée d’être un canevas blanc, et je l’ai rempli de toute personne à qui j’accordais de la valeur. J’ai grandi, j’ai mûri et j’ai appris à faire la part des choses, mais je me construis toujours de la même façon : en me greffant des morceaux d’autres.

Ça peut être physique – les cheveux longs, les rangers aux lacets bicolores, un vêtement ou un trait d’eye liner. Ça peut être créatif – un point de vue photo qui me plaît, une activité que j’ai envie de découvrir, des idées artistiques qui me parlent. Dans ton mail, tu soulignais que j’affiche des similarités avec une personne qui nous est commune : bien sûr qu’il y a des parallèles à tirer puisque nous partageons plusieurs goûts et influences. Cependant, tu es loin d’être en mesure de saisir à quel point ce n’est pas un cas isolé, et que mon patchwork identitaire est tissé d’un nombre incalculable de personnes.

Ces muses sont pour moi des miroirs. Cet impact qu’elles ont sur moi, la raison pour laquelle elles me fascinent tant, c’est qu’elles font écho à une part de moi qu’il me reste à explorer. Souvent, j’en deviens obsessionnelle : je peux passer des jours en mode stalkeuse à déterrer la moindre info sur ces icônes, à les étudier soigneusement. J’ai besoin de cette investigation pour comprendre mon attirance. Pour faire le tri et sélectionner quels sont les éléments de moi que ces autres révèlent. Au départ, j’absorbe tout comme un buvard. C’est avec le temps que je distille certains morceaux choisis et que je ne garde que l’essentiel, ces fragments qui se grefferont tout naturellement à ma propre personne.

Dans cette démarche, Internet m’a été un outil formidable. Il peut être malsain, certes, mais je ne veux pas parler de ses zones d’ombres ici. Il m’a permis de découvrir un nombre incroyable de catalyseurs, et je peux en citer plusieurs rien que sur ces dernières années. Il y a bien sûr les grandes pointures, les « célébrités » que je suis de loin, telles que Alicia Hannah Naomi, Anna Akana, Alexys Fleming, Rachel Aust et bien d’autres encore dont les créations me stimulent et m’inspirent. Il y a aussi des amies proches, telles que A, Aleks, Tinù ou encore V. Raven. Les filles, sachez le, j’ai volé des morceaux de vous et je les porte en moi au quotidien. Il y a enfin tous ces anonymes que j’ai croisés, avec qui j’ai échangé quelques mots ou juste un regard : le rouge à lèvres impeccable de ma voisine dans le métro, le clin d’œil d’un mec à la cantine, le rire que j’ai déclenché chez cette vielle dame dans une file d’attente. Tous ont laissé leur marque en moi.

Eliness puzzle

Tout processus créatif est impacté par nos influences. Certains vont jusqu’à dire que tout a déjà été créé, qu’il n’existe plus d’innovation mais que du recyclage. Mon avis est moins catégorique, mais je suis convaincue qu’en créant, il est impossible de se défaire d’une grande part d’appropriation de ce que d’autres ont déjà produit. En quoi serait-ce un mal, d’ailleurs, d’être ainsi stimulé et enrichi ? J’applique cette même démarche d’inspiration artistique à mon développement identitaire. J’ai longtemps cru être vide et creuse, à devoir ainsi me nourrir d’autres personnes pour me donner une contenance. Pourtant, je serais tellement loin de qui je suis aujourd’hui si je n’avais pas embrassé cette démarche. J’ai compris avec le temps à quel point c’est une chance de pouvoir toujours apprendre et évoluer grâce à ceux qui m’inspirent, et j’ai réalisé pouvoir donner tout autant en retour, je l’espère. Je suis fière de ce que je produis sur ce blog, je ne cache pas mes influences et n’ai encore moins l’impression de vivre la vie de quelqu’un d’autre.

Cher lecteur, merci d’avoir eu le courage de m’écrire aussi franchement. J’ai choisi d’utiliser ta critique de façon constructive plutôt que de m’en offenser. J’espère que ma réponse te conviendra, et si ce n’est pas le cas et que je continue à décevoir tes attentes, permets-moi de te rappeler que rien ne t’oblige à suivre ce que je produis. Ton point de vue ne changera pas ma démarche sur ce blog, et c’est par cette intégrité que je réponds à ton accusation d’en manquer.

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16 commentaires

  1. Il y a un extrait des « Identités meurtrières » d’Amin Maalouf qui traine depuis quelques années dans mes brouillons de blogs, dans l’attente d’un article sur l’identité qui n’est jamais venu. Peut-être que son destin était de prendre la forme d’un commentaire, pour faire écho à ce que tu dis, parce que ton post m’y a immédiatement fait penser :

    « Il m’arrive quelquefois de faire ce que j’appellerais « mon examen d’identité », comme d’autres dont leur examen de conscience. Mon but n’étant pas – on l’aura compris- de retrouver en moi-même une quelconque appartenance « essentielle » dans laquelle je puisse me reconnaître, c’est l’attitude inverse que j’adopte : je fouille ma mémoire pour débusquer le plus grand nombre d’éléments de mon identité, je les assemble, je les aligne, je n’en renie aucun.
    […]
    Chacune de mes appartenances me relie à un grand nombre de personnes ; cependant, plus les appartenances que je prends en compte sont nombreuses, plus mon identité s’avère spécifique.
    […] grâce à chacune de mes identités, prise séparément, j’ai une certaine parenté avec un grand nombre de mes semblables ; grâce aux mêmes critères, pris tous ensemble, j’ai mon identité propre, qui ne se confond avec aucune autre. »

  2. Je ne sais pas.
    Vraiment.
    Je veux dire, je ne sais pas que penser de ce genre de commentaire, celui de ce-tte lecteur-trice sur votre soi-disant « inauthenticité »…
    J’y vois de la bienveillance, peut-être.
    Mais je ne peux m’empêcher de penser à de la malveillance, au fond.
    Quel est le but de ce genre de remarques? Vraiment?
    J’aime beaucoup votre réponse, elle est digne. Et argumentée. Et subtile. Et je vous en félicite!
    Du coup, j’allais, dans un premier élan, vous dire qu’il/elle avait tort, totalement! Mais vous m’avez convaincue qu’il/elle avait raison. Je veux dire que VOUS avez raison! Enfin, vous voyez ce que je veux dire…

    • J’ai volontairement choisi d’anonymiser et d’être vague sur l’échange que j’ai eu avec cette personne, car je ne souhaitais pas qu’il soit le sujet principal du texte, mais plutôt une façon de le contextualiser. J’ai eu du mal à trouver un équilibre d’écriture entre la provocation véhémente dont j’aimais le ton, et le respect de son opinion. En l’occurrence, elle a lu et validé mon texte avant que je le publie, c’était important pour moi, et nous sommes en de bons termes. Je n’ai pas partagé le contexte de notre discussion aussi il me semble dangereux de s’indigner contre son propos de la sorte, même si j’admets que mon texte est volontairement orienté vers une réaction de défense. Dans tous les cas, tout de même, j’apprécie votre soutien et vos compliments ;)

  3. Il va sérieusement falloir penser à mettre tes titres en rose, publier des photos de chatons et de cookies, parler des petits chiens trop adorables, et dire que tu veux vivre d’amour et d’eau fraîche.

    • J’y ai pensé mais je ne peux pas, c’est toi que je plagierais dans ce cas, et nous savons toutes les deux à quel point tu constitues déjà une grande part de moi ;)

  4. nate alex etc

    c’est vrai que ton blog manque de billets sponsorisés et de coordinations de vêtements. ah oui, et la critique du dernier musso, elle arrive quand ?

    « ton point de vue ne changera pas ma démarche sur ce blog, et c’est par cette intégrité que je réponds à ton accusation d’en manquer. » meilleure sortie d’article du monde. j’aimerais être aussi éloquent bon sang.

    • Et quand bien même je posterais sur des vêtements, je serais sponsorisée ou je critiquerais des rentrées littéraires, je serais dans mon plein droit et mon sentiment d’intégrité ne regarde que moi – je reste souveraine de ce petit royaume qui est le mien.

      La phrase de conclusion que tu cites est sans aucun doute celle sur laquelle j’ai passé le plus de temps – l’éloquence demande un sacré travail, et je suis incroyablement loin d’y être fluide et à l’aise, encore moins à l’oral. C’est en forgeant qu’on devient forgeron, expression facile mais ô combien juste.

  5. C’est marrant, j’aurai pu écrire cet article !

    Non pas que j’aie reçu des critiques sur mon blog, mais sur la façon de se construire en s’appropriant des petits bouts des autres.
    Je fonctionne de la même manière que toi. A l’adolescence quand j’ai commencé à me construire c’est exactement ce que j’ai fais : piocher des choses chez les personnes qui me faisaient cet effet « whoua » – et pas seulement dans la réalité, j’ai également copieusement pioché dans la fiction.
    Aujourd’hui je continue plus ou moins a fonctionner de cette façon :)

    Ce que tu dis me fais d’ailleurs penser au cours de codesign que j’ai suivi durant mes études. Le prof nous avait dit que le processus créatif était de s’approprier les idées des autres, de rebondir dessus et de les assembler, d’y ajouter sa patte pour arriver à quelque chose d’innovant. Que créer en groupe sur ce schéma était plus productif que chacun seul dans son coin. Sur le coup l’idée m’avait un peu laissée sceptique mais la pratique qui a suivi lui a souvent donné raison.

    D’ailleurs quand on regarde, nous mêmes sommes physiquement – génétiquement – fais de morceaux d’autres : les yeux de Maman, les cheveux de Papy, les jambes d’une arrière grand tante… tout (ou grande partie) de notre génome est issu de morceaux de génomes d’autres personnes. Au delà du physique, on retrouve aussi des personnalités calquées sur celles d’autres membre de la famille (mais là je ne sais pas si c’est génétique ou si c’est un mimétisme inconscient ?).

    Au vu de ça, il me parait normal de se construite une identité en patchwork de celles des autres.
    Seulement, si les morceaux sont copiés ou inspirés, le fil qui les relie, la trame du tissu c’est bien toi qui la crée. L’assemblage final est donc aussi unique que la personne que tu deviens :)

    • Je n’ai pas du tout pensé aux œuvres de fiction mais tu as tout à fait raison, j’ai tellement tiré de personnages de bouquins ou de films/séries sur lesquels je me suis projetée avec une force incroyable ! Tu m’as fait prendre conscience de tout cet ensemble d’influences – il faudra qu’on discute de nos idoles fictives respectives :)

      J’aime beaucoup ton parallèle avec notre héritage morphologique, même si pour le coup il nous est imposé tandis que nos influences identitaires sont choisies. Et encore, je crois que ce choix découle en partie d’une sensibilité et d’un goût développés durant notre enfance, donc par des facteurs extérieurs. On parle en génétique d’inné (ce qui nous a été transmis par nos ancêtres) et d’acquis (ce qui s’est développé à cause de notre environnement). Je pense fortement que notre développement identitaire est en grande partie conditionné par ces deux éléments, et que notre part de choix / libre arbitre est minime, car il découle de leur combinaison. Tu cites les traits de personnalité qu’on tire de notre entourage familial, c’est un bon exemple : certains sont effectivement génétiques (par exemple certains mécanismes de réaction au stress), mais ils sont aussi environnementaux (un enfant élevé par des parents constamment angoissés aura beaucoup de chances d’être également quelqu’un d’angoissé).

      On s’éloigne du sujet, mais je m’intéresse énormément à tous ces mécanismes de construction identitaire et regrette ne pas avoir les connaissances en psychologie nécessaires à les appréhender sans faire des généralités de comptoir – merci du coup d’avoir partagé tes quelques pistes de réflexion qui ouvrent la discussion au-delà du postulat de départ de ce post !

  6. La sphère des blogs est tellement vaste maintenant qu’il devient impossible de savoir qui de la poule ou de l’oeuf est arrivé en premier.
    Il y a toutes ces rencontres que tu as faites depuis au moins dix ans. Qui peut dire qu’il a grandi seul pendant dix ans ?
    Je me retrouve dans ce que tu évoques sur le fait de se nourrir de ceux que l’on croise. Et c’est même délicieux de revenir sur ces rencontres et de se remercier de ce que l’on a pu se donner à une époque.
    Moi j’ai abandonné les blogs. Rien à y dire, je n’ai pas les mots, ni les sujets.. Par contre je continue de venir lire.
    Parfois je passe, parfois je reste et chez toi je suis restée, ce n’est sans doute pas pour rien.

    • J’en discutais avec une amie il y a quelques jours lorsqu’elle me disait avoir le même comportement de construction identitaire, et nous sommes arrivées à la conclusion que cela nous aurait fait le plus grand bien à l’adolescence de réaliser que nous n’étions pas seules, et que c’est un processus que d’autres partagent. Je sais très exactement quelle pièce de moi est liée à quelle personne, proche ou anonyme, et comme tu l’écris si bien c’est joli de se rappeler cette multiplicité d’origines et les gens qui y sont liés.

      Je peux comprendre qu’un blog soit lié à un besoin d’expression restreint à une phase particulière de la vie – et personnellement je trouve ça fort de ta part de ne pas t’être forcée à le tenir, et d’avoir su t’en détacher lorsque tu as réalisé que tu n’en avais pas le besoin ou plus l’intérêt. Je suis plusieurs blogs de personnes qui les recommencent sans cesse, où chaque article commence par une excuse de ne pas avoir écrit plus tôt ou une remise en question de cet espace virtuel… J’ai l’impression que le fait de bloguer est une source de conflit intérieur et de stress dans ce cas, une angoisse de cette constante page blanche à remplir. Parfois, il faut savoir se détacher des choses qui nous pèsent en réalisant que l’idéal qu’on en a est bien loin de la réalité qui nous convient.

      Tu fais partie de cette sphère de proches virtuels « des débuts », et ça me fait chaud au cœur de savoir que tu es toujours là, dix ans après ♥

  7. C’est curieux ! Quand j’ai découvert ton blog, j’ai tout de suite été admirative, peut-être même fascinée par cet univers que tu portais en toi et que j’ai trouvé tellement unique. Et c’est sans doute parce que, comme tu le dis, nous sommes la somme (zut pour la répétition) de personnes et de rencontres fort différentes.
    Je ne crois pas en effet que quiconque soit autre chose que ce patchwork, même si l’image renvoie peut-être l’idée erronée de bouts désaccordés cousus ensemble dans le plus grand désordre.
    Quand j’étais plus jeune, ça me terrifiait aussi, de n’être que ça, un miroir ou même une sorte de goule, aspirant la vie des autres, comme si j’étais une espèce de toile vierge qui absorbait la peinture un temps, avant de redevenir blanche. J’étais trop jeune pour voir ce qui se construisait.
    Aujourd’hui enfin j’ai compris que j’étais en quelque sorte la colle qui unissait tous ces éclats, et qu’il n’existait qu’un seul type de colle capable de fusionner des choses aussi disparates (je suis carrément en veine de comparaisons douteuse dis donc :))

    Bref… Pour ma part, j’espère bien que tu vas continuer à écrire comme tu le fais à présent, parce que tu m’es, comme tous les autres tubes de colle dont je lis les blogs, une grande source d’inspiration et de réflexion ;)

    • Je pense bien que c’est la première fois qu’on me traite de tube de colle et que je prends ceci comme un merveilleux compliment ;) Tu l’exprimes avec tes mots à toi, et ça me fait du bien de lire à quel point on est nombreux à avoir eu cette angoisse étant jeune avant de réaliser que c’est une mécanique de construction normale. Bienvenue dans le clan, Nathalie, et merci pour tes encouragements =)

  8. C’est marrant parce qu’au contraire, depuis le temps que je suis ton blog, j’ai toujours trouvé que tu avais un univers bien à toi. Mais bon, si hier je lisais beaucoup de blogs, aujourd’hui je n’ai plus vraiment de références en la matière et ne saurais dire si tu t’es inspiré de tel ou tel univers.

    Et puis d’ailleurs, qu’est ce qu’on s’en fout ! L’essentiel c’est que tu t’exprimes ici avec sincérité et que tu prennes du plaisir à écrire de nouveaux articles… Il me semble que tu n’as d’ailleurs jamais revendiqué de proposer des contenus inédits… tu t’es juste construit le monde virtuel qui te ressemblais.

    Ce que tu réponds à Personne en commentaire a fait écho en moi (sur la question des blogs et du stress que cela peut engendrer chez celui qui le tient) car si j’ai arrêté d’écrire sur moi… c’est justement pour me libérer de tout ça. Si écrire sur mon blog m’a, un temps, soulagée de bien des choses, passé 23-24 ans j’ai quand même trouvé qu’il me faisait surtout ressasser des sujets qui me plombaient plus le moral qu’autre chose ! Malgré tout, ça a été dur d’arrêter et même aujourd’hui, il m’arrive de faire des rechutes et de me dire « tiens ! si j’ouvrais un nouveau blog ? ». Mais jusque là, j’ai tenu le coup ! ;)

    • J’aime beaucoup utiliser l’image du patchwork car justement son intérêt réside en la petitesse et multiplicité des pièces qui le composent. Impossible de deviner l’origine de l’une d’entre elles si on n’est pas hyper familier avec sa source, d’où la création finalement d’une toute nouvelle couverture sans plus vraiment de lien avec chaque fragment de tissu originel. J’ai longtemps lutté avec cette mécanique, maintenant je suis consciente de sa force et elle me plait énormément.

      Tenir un blog n’est pas que libérateur et créatif, ce n’est pas qu’un petit cocon de personnes bienveillantes et un lieu où se sentir en sécurité, c’est avant tout un énorme boulot. J’ai parfois été sur le fil, me demandant si ça en valait vraiment la peine. Maintenir Hypo pour ma part n’est pas sans coût : certains sujets que j’aborde poussent à une introspection désagréable, je m’impose un calendrier et donc une pression parfois difficile à respecter, et j’y consacre beaucoup (trop ?) de mon temps libre. Mais en pesant le pour et le contre, le pour l’a toujours emporté jusqu’ici. J’espère réussir à reconnaître le jour – en espérant qu’il n’arrive pas – où ça ne sera plus le cas, et avoir le courage comme toi de m’arrêter si je n’en tire plus suffisamment les bénéfices qui me motivent à continuer.

      Tu as réussi à trouver un bon équilibre toi aussi mine de rien, entre le blog voyages et le blog culturel – finalement tu es parvenue à définir la façon de bloguer qui te convient le mieux sans te tirer vers le bas !

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