#hopla

Pourrais-je écrire ce post en une heure à peine ? J’étais prête à me lancer ce défi face à une page blanche lorsque j’ai réalisé l’avoir déjà perdu, sans même avoir posé mes mains sur le clavier. Une heure n’avait pas suffi à trier, sélectionner et traiter les photos qui allaient l’illustrer.

Je veux me prendre le temps de les apprécier : Chaque cliché stimule ma mémoire et ravive les moments que j’ai savourés durant cette petite semaine de vacances plus qu’indispensable, où je me suis ressourcée en plongeant dans mes racines alsaciennes.

Reflets

Musée du grand père

Il y a la maison de mes grands-parents à l’orée des Vosges, siège de mes vacances d’enfant. Les tempes ont blanchi, les dos se sont courbés, même les mots sont plus difficiles à trouver. Mais il y a les rires, toujours, la joie de les entendre parler de leur jeunesse, des ragots de village, te souviens-tu d’un tel, et ces blagues que j’ai entendues des dizaines de fois et que je savoure toujours autant. Il y a le musée de mon grand-père, quelques nouvelles pièces ajoutées à la collection, vois comme elles y trouvent parfaitement leur place. Tout ceci avec cet accent qui m’a tellement manqué, il ne faudra que quelques minutes pour que le dialecte traverse mes lèvres avec fluidité comme s’il ne m’avait jamais quittée.

Tournesols

12 ans d

Mûres

Il y a le jardin et le verger qui me donnent tant envie de posséder moi aussi un petit bout de terre. Des tomates au goût incroyable, et regarde comme les oignons mis à sécher ont pris une belle couleur. Derrière, la forêt à perte de vue où je m’échappais pour de longues balades, et que je connaissais comme ma poche. Il y a mon cerisier, grandissant en miroir de moi, à chaque visite je m’émerveille de voir à quel point il s’épanouit.

Il y a ce voile de tristesse de vivre si loin désormais, et de savoir qu’il ne me restera plus beaucoup d’occasions de venir en ces lieux, que tout cela disparaîtra bien trop vite, et que je n’en aurai pas assez profité comme je l’aurais du. J’ai essayé de ne pas y penser, mais je n’ai pu éclipser tout à fait cette sensation amère.

Tarte flambée

Table

Heureusement d’autres traditions ne sont pas prêtes de s’arrêter. Il y a ce petit restaurant à tartes flambées cuites au feu de bois, bien loin des attrape-nigauds touristiques du cœur de Strasbourg. Là, on est en pleine campagne : j’ai été accueillie par une cigogne claquant du bec sur le toit, et la table est on ne peut plus traditionnelle. Il y a les flammenküche qui s’enchaînent et qu’on mange avec les doigts, la bataille toujours pour la dernière part en attendant la suivante. Une pizza me paraîtrait si fade en comparaison. Il y a ce vin blanc dont j’embarque toujours quelques bouteilles dans ma valise, de ce producteur que j’aime tant.

Et la nourriture, tant de nourriture… La cohésion d’une famille alsacienne passe avant tout par là, en témoigne la quantité de paquets comestibles que ma mère ne manquera pas de glisser dans mes bagages à mon départ comme autant de mots d’amour.

Feuilles

A et Gibson

Gibson

Il y a aussi mes étoiles. J’ai enfin pu serrer dans mes bras V. Raven, proche amie de l’Internet depuis des années qui m’a ouvert son foyer comme si nous nous connaissions depuis toujours. Ces instants partagés m’ont offert un véritable cocon d’apaisement et de sécurité, le temps passant bien trop vite sans que les sujets de discussion ne s’épuisent. J’étais toute intimidée de constater qu’elle était encore plus merveilleuse en réalité que ce que je savais déjà d’elle.

Il y a A comme une évidence, présente depuis mes tous débuts, à chaque fois c’est comme si on s’était quittées hier. Compléter les phrases l’une de l’autre, ajouter des « tu vois ce que je veux dire » en réalisant sans aucun doute possible que oui, l’autre comprend exactement ce qu’on a en tête. Savoir que les silences partagés sont d’or et qu’elle me transmettra toujours l’amour des jolies choses aussi simples qu’un verre de grenadine à l’ombre d’un pommier.

Contact

Cathédrale de Strasbourg (détail)

Il y a mon pèlerinage obligatoire vers cette grande dame qui me serrera toujours la gorge en se révélant au coin d’une rue Strasbourgeoise, et qui s’est revêtue d’une parure de lumière pour fêter son millénaire. Je ne sais pas si un jour je trouverai les mots qui me permettront de vous expliquer mon amour pour cette Cathédrale.

Rose

Un post de blog demande certes plus d’investissement qu’un tweet condensé en un hashtag, un filtre Instagram sur ma tarte flambée, ou un like Facebook sur un selfie de famille. J’apprécie ces plateformes pour différentes raisons, mais c’est ici que je me sens le mieux sur la toile, même si je dois y accorder bien plus de temps.

Juste une heure pour cet article, cela ne me semblait pas inenvisageable : après tout, il ne s’agit que de quelques simples photos de vacances. Pourtant, alors que j’écris ces mots dans une nuit bien trop avancée, je comprends que je ne peux faire autrement lorsqu’il s’agit d’Hypothermia. Je trouve ce que j’y recherche qu’en ne comptant plus les heures que j’y dédie. C’est ainsi que je distille les moments vécus pour en sublimer l’essentiel dans ma propre histoire.

12 commentaires

  1. Aleks Crément

    – On dirait que tu as une queue de sirène sur la photo en vis à vis de toi petite!
    – J’ai fait découvrir la flamenkuche à tous les collègues le mois passé, personne n’en avait jamais mangé! SACRILEGE.
    – Je les ai aussi convaincu d’installer un potager sur la grande terrasse du lieu de travail , ne pouvant pas en posséder un moi-même, je regrette comme toi ne pas avoir de petit bout de terre, alors je m’incruste chez les autres.
    – J’attends une opportunité d’aller dans les Vosges à cause d’un compte instagram qui me donne chaque fois l’impression que c’est le plus bel endroit du monde. Et voir Strasbourg ce serait kewl aussi.
    – Les photos sont belles!

    • – Encore un craquage vestimentaire du à FAIIINT, j’ai acheté la version jupe longue que je porte très souvent
      – J’ose espérer que tes collègues se sont rendu compte du vide intersidéral qu’a comblé la tarte flambée dans leur vie
      – J’essaie d’entretenir des petites jardinières sur mon balcon (tomates cerises, herbes aromatiques et fraises). Elles tiennent quelques mois puis meurent, probablement par manque d’espace. On s’échangera nos trucs et astuces d’apprenties potagères quand on aura chacune un lopin de terre !
      – Ohlala la beauté des Vosges, des immenses rochers de grès et des forêts que j’ai parcourues tout au long de mon enfance… Je suis forcément biaisée tant j’aime cette région. Tu peux combiner un séjour avec une journée de visite à Strasbourg !
      – Venant de toi, ça me touche :) J’essaie de me réapproprier un peu plus mon appareil en bidouillant mes réglages et en prenant un peu plus d’images de tout ce qui passe. Je redécouvre ce plaisir et suis très contente des photos que j’ai prises ce weekend à Bruges, stay tuned… :)

  2. Je ne connais pas tes racines, mais à la lecture de ton article, impossible de ne pas penser aux miennes ! Ces endroits que je chérit, pour leurs rituels immuables, pour les souvenirs qu’ils m’évoquent et pour les pèlerinages que j’aime faire à chaque fois ! Ta cathédrale est ma place Stanislas ; le musée de ton grand père est la cheminée de ma grand mère et ses nouvelles photos qui y fleurissent ; ton vin blanc, c’est ma bière brassée dans le village voisin, la Champigneulles ; tes plats préparés sont mes tartelettes et pâtés lorrains qui remplissent ma glacière 40L à chaque visite en Lorraine ; ton jardin me rappelle les « miens », que ce soit celui de Lille, ou celui d’Orléans. Bref, de jolis souvenirs, qu’on ne pense plus toujours à apprécier tant ils paraissent immortels (et pourtant, non, ils ne le seront pas…).

    • Je trouve très joli ce parallèle avec ta propre histoire, merci de la partager :) J’ai pris conscience de l’importance de ces détails, et prendre mon appareil photo avec moi durant ces retours aux sources m’aident à capturer ces détails de façon un peu désespérée mais si importante !

  3. Evidemment, mon Miniloup sous la table…

    Le gras, c’est la vie.

    Je t’Aime.

  4. J’adore la photo de toi enfant/adulte. C’est incroyable la différence de taille entre les arbres également, ça fait un beau parallèle.

    Les tartes flambées, c’est la vie, même si je n’en mange pas si souvent… Je rêve d’aller en Alsace, mais je ne trouve jamais le bon moment : l’hiver, c’est cher et pleins de touristes, et l’été, d’autres destinations volent toujours la priorité. Mais un jour, j’irai !

    Sinon, je trouve très astucieux ton gif sur la cathédrale ! Je ne sais jamais comment prendre en photo ces édifices pour garder un souvenir (moche) de leur splendeur, tu tiens une idée là ! Sauf que je ne sais pas faire de gif…

    Biz’

    • Lorsque nous sommes allées faire un tour au verger, ma mère n’avait de cesse de me répéter à quel point mon cerisier était devenu immense comparé à la petite brindille qu’elle a plantée à ma naissance. Cette photo est la plus ancienne que j’ai pu trouver dans les albums de famille, et j’ai adoré réaliser ce parallèle et constater à quel point elle avait raison :)

      L’Alsace en hiver est magnifique et tu peux éviter les touristes si tu n’empruntes pas le circuit classique Strasbourg/Colmar, et si tu oses vadrouiller un peu plus dans les petits villages, tout aussi décorés et ayant leurs propres marchés de Noël à l’approche des fêtes. Il fait très chaud et lourd dans la région en été, personnellement je préfère la fin de l’été et le début d’automne surtout pour se balader dans les vignes et la forêt vosgienne qui est magnifique en cette saison.

      Je t’avoue que j’avais pris ces photos de la cathédrale dans le but initial de faire un panorama. Hélas le rendu était hideux, la flèche étant toute écrasée car prise en contre plongée comparativement au portail pris de face, ce qui est logique… Le gif m’a permis de rattraper le coup ! Ce n’est pas bien compliqué à réaliser, cette vidéo te montre une façon de faire assez simple avec le logiciel Gimp. Le plus difficile est de garder le gif à un poids raisonnable pour ne pas qu’il soit trop long à charger !

  5. Belles photos estivales qui parlent d’elles même ! :)
    On sent que tu as passé des vacances douces et lumineuses.

    Je ne connais pas du tout l’Alsace même si je suis passée à Strasbourg en coup de vent il y a de longuuuuuuuues années ! J’aimerais y retourner un jour !

    • Strasbourg est une super destination pour passer un petit weekend, le cœur de la ville est assez réduit. Et pour de plus longues vacances, le reste de la région est vraiment à découvrir !

  6. Cet article agit un peu comme un cocon de nostalgie, de doux souvenirs d’enfance. Il y a la lecture de celle que tu es parce que tu as été et il y a l’écho fait à mes propres souvenirs.
    Je suis loin de chez moi et même si la région en elle même ne me manque pas, ce sont les miens que je laisse. Quand nous y retournons, j’aime à m’isoler dans les pièces et couloirs qui ont tant vécu, comme pour étayer mes souvenirs. Il faudrait que j’y emmène mon carnet avant que certains lieux ne disparaissent.

    Ta famille vient elle lire ton blog ? Cet article est à partager !

    • Je me suis surprise durant ces vacances comme toi à flâner dans ces lieux que je prenais comme acquis étant plus jeune, et dont je constate la nature éphémère désormais. Ça leur donne une toute autre dimension et j’ai apprécié ce nouveau regard nostalgique. Les photos que j’y prends sont, je pense, dans la même démarche que ce que tu projetterais dans ton carnet.

      Ma famille ne lit pas (encore ?) Hypothermia, j’ai pour le moment des sentiments très contradictoires à l’idée de leur ouvrir un jour ce lieu, même si ce n’est pas exclus d’arriver un jour. Nous avons tout de même partagé nos photos et ces discussions à table, les idées sont ainsi tout autant véhiculées :)

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *