Boulimie culturelle d’avril

Le printemps a apporté plusieurs signes et opportunités me poussant à rompre l’autisme social dans lequel je me suis repliée tout l’hiver. Sachant que ma thèse allait progressivement dévorer le moindre de mon temps libre (ça y est, je suis en plein dedans), j’ai ressenti l’urgence de saisir cette bouffée d’air et de transformer les dernières semaines d’avril en véritable boulimie événementielle.

Souvenirs d

Tout est parti du blog de Scarphelia que j’ai dévoré d’une traite sur plusieurs jours. Ses premiers articles tout particulièrement m’ont saisie tant elle maîtrise l’art de romancer des instants qui lui sont précieux et d’en tirer des leçons de vie qui me font écho. Cela fait longtemps que je n’avais été saisie d’une écriture qui me touche à ce point, résonne avec tant de mes convictions personnelles, et mon goût de sublimer par les mots des instants somme toute ordinaires. Elle m’a surtout tirée de la torpeur d’un train train dans lequel je m’enlisais ces derniers temps : j’ai trouvé dans sa prose l’énergie de provoquer l’extraordinaire et de ne pas hésiter à saisir la moindre opportunité toquant à ma porte, surtout durant ces dernières semaines de liberté qu’il me restait.

La borne d’anniversaire passée signant ma douce mais sûre approche de la trentaine appuie fortement sur cette peur de me contenter de mon petit confort et de passer à côté d’expériences de vie que je recherche pourtant si ardemment. Cette prise de conscience a été très justement soutenue par plusieurs personnes bienveillantes ces dernières semaines, qui m’ont proposé de partager des occasions de sortir de ma coquille pour partir à l’aventure. Alors que j’aurais habituellement été réticente, je me suis prise au jeu de dire oui à chaque occasion croisant ma route. Cela m’a donné de quoi vivre de forts instants ce dernier mois, et de quoi composer un des posts les plus longs et informels que j’aie écrits jusqu’ici. Vous voilà prévenus.

11-12 avril : La Nuit Fantastique du BIFFF

Je ne remercierai jamais assez ma plus grande muse webienne de ces cinq dernières années de vivre à moins de deux heures de route, d’être devenue une véritable amie au fil des années, et de me partager des événements incontournables. Aleks nous a invités K et moi à participer à cette nuit cinématographique incroyable à Bruxelles. « Vous devez ramener des rouleaux de papier toilette, des capotes, des provisions, de la caféine en canette et un oreiller si vous êtes faibles ». Cette phrase que je prenais pour une demi-plaisanterie donnait en réalité le ton exact de ce qui s’avère être la plus longue et barrée séance de cinéma que j’ai jamais vécue.

Le concept ? 1 nuit, 4 films. Les règles ? Tout le contraire de celles du fossoyeur.

Nuit fantastique du BIFFF 2015

22h30 : Tandis que nous campons en plein escalier au milieu de la foule en attendant que la salle s’ouvre, Aleks me fait part des quelques règles implicites indispensables du lieu. Plusieurs éléments apparaissant à l’écran, peu importe le contexte, doivent provoquer une réaction de l’auditoire. Chaque porte non fermée doit être rappelée en hurlant à l’écran, et chaque protagoniste suivant cette injonction doit être soigneusement remercié. Toute représentation de la lune doit être accueillie par un hurlement de loup. Il ne faut surtout pas hésiter à beugler chaque vanne pourrie qui passe par la tête, et à applaudir quand l’envie nous en prend, des points bonus sont attribués lorsqu’il s’agit d’un instant totalement inapproprié.

Tokyo Grand Guignol

23h : Tout le monde est plus ou moins installé dans la salle, et c’est déjà un joyeux bordel. Les organisateurs de l’événement s’efforcent de le présenter comme il se doit sur scène, en français et flamand, mais seuls les premiers rangs sont capables de vraiment suivre le discours. Derrière ? C’est l’anarchie. Les gens crient à tue-tête, chantent, balancent des rouleaux de papier toilette accueillis par des hourras lorsqu’ils traversent toute la salle. Un premier court métrage est projeté juste pour nous mettre l’eau à la bouche, et je commence à réaliser avec un grand sourire l’ampleur de l’événement que je vais vivre ces prochaines heures.

Everly

23h30 : Everly, annoncé comme un Die Hard version féminine, s’avère accumuler les clichés du genre de façon grotesque. Je me prends au jeu d’applaudir à cœur joie chaque mort à l’écran, tandis que chaque zoom sur la poitrine de Salma Hayek est poncuté par un « Ah ça c’est un bon film alors ! » balancé à l’autre bout de la salle. Imaginez regarder un nanar du fond de votre canapé où vous pouvez vous permettre de commenter chaque action ridicule. Imaginez maintenant pouvoir gueuler vos commentaires à mille personnes qui se permettent de faire de même face à un grand écran tandis que vous vous escrimez à gonfler des ballons de baudruche qui envahiront progressivement toute la salle. On en est au premier film à peine et je suis déjà complètement conquise par le concept.

Life after Beth

01h : Nos premières provisions sont entamées, Aleks me confie « Je ne sais pas comment je fais pour toujours m’asseoir devant le pire groupe de la salle », et ça se confirme sur Life After Beth. Le film le plus inclassable peut-être, commençant comme un drame romantique calmant le public avant de basculer dans un n’importe quoi zombiesque humoristique et ridicule au plus grand plaisir de nos voisins de derrière. Qui s’en donnent à plein poumons, me faisant pleurer de rire entre les imitations à deux balles et répliques choquant les âmes sensibles. La fatigue commençant à s’installer ne font que renforcer des fous rires libérateurs qui me font mal aux côtes.

03h : Jorge y Alberto contra los demonios neoliberales me fait capituler, entre l’espagnol sous-titré flamand et la piètrerie du film, je ne tiens plus et sombre sur l’épaule de K pour une heure de sommeil entre-coupée de cris du public (LA PORTE, BORDEL !). Ces derniers étaient néanmoins estompés, plusieurs spectateurs nous suivant dans cette recharge de batteries collective. L’organisation a su placer le film le plus mauvais au meilleur moment pour une sieste bien méritée.

Eat

5h30 : Un peu revigorée, j’étais d’attaque pour Eat qui m’a le plus interpellée de tous ces films, par sa photo de qualité et par son sujet névrosé approprié. Je n’irai pas jusqu’à écrire que c’était bon, mais pour le moins intéressant. Suffisamment dérangeant en tout cas pour me faire bien détourner la tête durant les scènes d’autophagie les plus graphiques, mais au moins j’ai pu gueuler des « Oh noooon je peux pas voir çaaaaaaa » appropriés sans plus aucune honte.

7h00 : Victoire ! Nous avons survécu à la Nuit Fantastique, et sommes accueillis par un petit déjeuner de récompense. Après ce dernier film où le personnage principal se mangeait lui-même, ça semblait une clôture ironique de circonstance.

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Merci infiniment Aleks de m’avoir fait vivre une telle expérience, je vois le cinéma fantasticohorrifique d’un nouvel œil et risque fort de me greffer à cette tradition l’année suivante. Qui sait, peut-être deviendrai-je moi aussi peu à peu une amatrice du genre grâce au BIFFF ?

16 avril – Godspeed You ! Black Emperor

Godspeed You! Black Emperor (photo par Kmeron)

Lorsque je me suis expatriée à Lille en 2010, j’ai eu la chance d’être intégrée par Marion à une bande de photographes et rédacteurs d’un webzine. Je me suis trouvée une petite place de chroniqueuse de concerts pendant deux ans, accompagnant les photographes sur tout et n’importe quelle date dans toutes les salles de la métropole Lilloise, affublée de mes bouchons d’oreille et d’un petit carnet pour rédiger un article journalistique en échange d’un billet d’entrée.

J’ai cédé ma place il y a quelques années, l’enthousiasme et l’énergie requis pour une telle activité s’étant peu à peu taris. Godspeed, c’était l’occasion de retrouver quelques grenouilles que je n’avais vues depuis au moins un an, de partager des bières en prenant des nouvelles et de voir sur scène un groupe qui semblait mettre tout le monde d’accord.

Godspeed You! Black Emperor (photo par Kmeron)

Cela fait des années que C me loue GY!BE, et je ne me suis jamais pris le temps de m’y intéresser. Pourtant, A Silver Mt. Zion (et ses dérivés) est leur groupe dévié ayant marqué mon entrée dans l’univers du post-rock par son premier album, qui est un de mes fondamentaux musicaux. Je ne sais pourquoi je ne me suis jamais intéressée au groupe principal, aussi en voyant C tout enthousiaste de les voir malgré sa longue expérience de concerts et sa froideur face au dernier album, je me suis dit que j’allais passer un bon moment.

Godspeed You! Black Emperor (photo par Nicolas Monguzzi)

Quel euphémisme. Ayant au fil des premiers morceaux perdu qui va chercher une bière et qui va soulager une envie pressante, j’ai décidé vivre ma propre expérience de concert en solitaire, quittant ma place confortable près des issues de secours pour rejoindre le foyer du public. Je me suis frayé un chemin à travers la foule jusqu’aux premières loges sans l’ombre d’un rouspétage de mes voisins qui se sont écartés pour me laisser une place parmi eux devant la scène. Les artistes étaient répartis en arc de cercle, les profils à peine dessinés par cette lumière rouge constante et ces projections de photographies d’archives brutes en toile de fond. Je garde particulièrement en tête ce moment où Moya montait doucement en puissance, me prenant peu à peu à la gorge : j’ai ôté mes bouchons d’oreilles tant j’avais besoin d’en savourer le maximum d’amplitude. J’en étais en plein cœur, entourée d’inconnus, légèrement éméchée, j’ai fermé les yeux et je me suis mise à danser, submergée par une telle intensité.

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Le morceau terminé, j’ai essuyé les larmes qui m’étaient monté aux yeux, et tournant la tête j’ai surpris mon voisin effectuer exactement le même geste. Nous nous sommes souri, complices anonymes d’une émotion partagée. Je me suis alors faufilée hors de la foule pour m’asseoir près de la sortie, et griffonner quelques notes dans mon carnet sur le morceau suivant. J’ai bien conscience que les quelques bières partagées à nos retrouvailles ont eu leur part d’effet sur la claque que je me suis prise, et je me suis trouvée ridiculement émotionnelle le lendemain matin en relisant les mots que j’avais absolument tenu à écrire sur le moment. Mais c’est justement pour cela que j’ai pris le soin de le faire : pour figer quelque part cette bulle d’émotion pure pour laquelle je vis tellement, aussi.

18 avril – Birth Of Joy, Rival Sons & Triggerfinger

Petit Alex, le stagiaire partageant mon bureau, subit au quotidien mes tourments de thésarde et mes craquages récurrents sur des lignes de code et autres graphiques qui n’en finissent plus de me noyer. Un salvateur « Pause ? » de sa part vers 16h m’aide souvent à maintenir la tête hors de l’eau et nous donne l’occasion de discussions de comptoir qui me changent les idées. Ces breaks café/clope en bas de l’immeuble nous ont amené entre autres à débattre sur la manière dont nous composons les différents cercles sociaux dans lesquels nous évoluons. Nos opinions sur ce sujet sont drastiquement opposés, aussi s’est-il targué de la mission de vouloir me faire voir le monde de son point de vue pour me persuader de descendre de mes grands chevaux.

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En temps normal je fais mon chat sauvage face à quiconque cherche à ébranler mes convictions, même si cette démarche m’amuse. Aussi lorsqu’il m’a annoncé vouloir me greffer à sa bande d’amis le temps d’un concert, j’ai longtemps hésité, ne sachant à quoi m’attendre et ayant déjà suffisamment prévu d’événements pour le mois. Toutefois je me suis remémoré les mots de Scarphelia, qui insistait qu’il était stupide de passer à côté d’expériences juste parce qu’on s’y rendait sans proches avec qui on souhaite les partager, et qu’on n’était jamais à l’abri d’une bonne surprise. J’y vais quand même ? J’y vais quand même.

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La salle de concert est pleine à craquer, la fosse déborde de fans invétérés de Triggerfinger campant dès les premières parties. Le premier groupe Birth Of Joy sent bon le revival de Jim Morrisson à plein nez. Je suis néanmoins frustrée de devoir me tenir à l’écart, encore toute retournée de l’expérience musicale de l’avant veille. J’ose ? J’ose. Je profite du passage d’un préposé aux bières ramenant trois verres à ses potes pour le suivre dans la foule, ayant à peine le temps d’attraper petit Alex par le bras et de lui ordonner « Chope les autres, on y va ! ».

Quelques sourires et « Pardooon, excusez-moiii » plus tard, nous voici au deuxième rang, et je ne m’attendais pas à passer un aussi bon moment de rock’n’roll. Les trois groupes évoluant devant nous sont juste incroyables, aux influences de Doors, Led Zep’ et autres Deep Purple. La voix du chanteur de Rival Sons nous décroche à tous la mâchoire tant elle emplit toute la salle. Je me suis retrouvée projetée à une époque que je n’ai jamais connue, profitant de ce bain de foule anonyme pour me défouler comme jamais en dansant, criant, applaudissant et sautant de plus belle. Triggerfinger était le groupe que j’ai trouvé le moins intéressant musicalement, mais quel jeu de scène ! Tous mes amis d’un soir étaient dans le même état survolté que moi, partageant blagues, bouteilles d’eau et mouvements de foule tout en prenant bien garde à ce que personne ne tombe ni se blesse durant les moments les plus actifs. J’ai rarement ressenti une telle énergie bienveillante et bon enfant durant un concert, me permettant de lâcher complètement prise en tout en sécurité. Je suis sortie de la salle trempée de sueur, le sourire jusqu’aux oreilles, sans aucun regret de m’être laissée embarquer dans cette soirée.

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19 avril – The Prodigy

Je me suis arrêtée quelques minutes devant une affiche de Prodigy sur la porte de la boulangerie de mon quartier, annonçant leur passage imminent à Lille. J’avais en tête Voodoo People, entendu avec grand plaisir dans cette scène brillante de Dobermann il y a peu, et je me suis dit que de voir un tel groupe sur scène, ça doit quand même être quelque chose… Les pensant enterrés depuis longtemps, sans trop réfléchir, j’ai bouclé des places pour cette résurrection inespérée. Je me suis surprise à écouter leur dernier album très régulièrement, à le trouver vraiment bon, et à avoir hâte d’en vivre l’expérience en live. Toute revigorée par les expériences réussies des jours précédents, j’étais prête à vivre le gros concert qui en jette de cette série.

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La déception qui m’a envahie le soir même n’avait d’égal que mon enthousiasme initial. Pourtant, j’étais idéalement placée au premier rang, et le spectacle avait de quoi donner : lumières épileptiques à tout va, excitation de la foule à son comble, les deux chanteurs ont fait leur show comme il se doit. Mais c’était creux. Bon sang que c’était creux. La setlist était bien léchée, propre, dirigée au métronome et sans aucune saveur. Les artistes balançaient le spectacle qu’ils ont l’habitude de dérouler depuis dix ans, chaque intervention étant soigneusement maîtrisée et reproduite tout au long de leur tournée, sans aucune personnalité, une heure à peine de par cœur impersonnel. Le son du Zénith n’était pas pour aider : saturé à bloc, j’ai eu du mal parfois à reconnaître certains morceaux, qui ne m’inspiraient aucune émotion musicale tant leurs basses étaient au maximum. Je me suis remerciée intérieurement de toujours porter des bouchons d’oreilles sans quoi mon cerveau aurait probablement fini par couler de ces dernières.

The Prodigy (photo par Stojan Mihajlov)

« Witness the sickness » était peint sur la grosse caisse comme une mise en garde, et c’est exactement le spectacle auquel j’ai eu droit. L’excitation que j’ai vécue était due à la violence du public, nullement à la musique. Je me suis même sentie mal à l’aise de prendre autant de plaisir à me battre avec les allumés qui cherchaient à me déloger de ma place ou à abuser de la proximité de la foule. J’ai donné de bons coups de coudes dans les côtes des abrutis, j’ai sauté à Docs jointes sur les pieds des pervers, et tenir ma place agrippée à la grille était une question d’honneur stupide. Finalement, le plaisir à en tirer, c’est de se vider l’esprit en se laissant abrutir par le son poussé au maximum, et l’effet d’excitation de masse démultiplié par la foule transformant la fosse en terrain de Battle Royale.

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Je repensais au concert précédent, où je me suis tellement plus défoulée et sentie proche de la scène sans avoir ressenti une ambiance aussi malsaine. Connaissant la nature de The Prodigy et l’énergie de leur musique, je m’attendais certes à ce que ça bouge sévèrement et souhaitais vivre une telle énergie en son cœur. J’étais toutefois loin d’imaginer un spectacle aussi plat qui m’a ainsi complètement empêchée de savourer l’intensité du moment, ressentant un décalage complet entre l’usine scénique creuse devant moi, la musique saturée inaudible, et l’excitation surjouée du public m’entourant. Ayant vécu les deux derniers concerts avec bien plus d’émotion, je n’étais sûrement pas dans les bonnes conditions, c’était dommage. Je peux ajouter Prodigy à mon tableau de chasse, j’étais contente d’avoir vécu certains de leurs morceaux « en vrai », mais mes souvenirs s’estomperont sans doute bien vite.

21 avril – Plexus

Plexus

En feuilletant un magasine gratuit événementiel sur la région, je suis tombée sur cette photo du spectacle qui a bouleversé Aleks quelques semaines auparavant. Concours de circonstances, une nouvelle représentation avait lieu à 1/2h d’ici à peine. Sans chercher plus d’informations, j’ai décidé de me laisser surprendre, et grand bien m’en a pris. Ce fut certes un brin cintre sur mur, mais d’une intensité oh combien palpable. Il m’est difficile de retranscrire mes impressions sans trop en dévoiler, car j’ai été bien heureuse de ne rien en lire ni voir, et de me laisser happer par le concept incroyablement original et saisissant d’émotion. J’en retiens surtout qu’il peut être plaisant de ne pas se renseigner à l’excès, lisant chronique sur chronique et cherchant la moindre photo avant le spectacle. Une bonne impression sur une seule image telle celle ci-dessus suffit parfois à découvrir de véritables perles. Encore une fois, Aleks, chapeau bas pour avoir fait mouche.

11 mai – Le mot de la fin

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Je finis de rédiger ce billet en rentrant d’un week-end passé à la DreamHack de Tours, énorme tournoi d’eSports qui fut l’occasion d’assister à des matches professionnels de jeux vidéos absolument hallucinants, et mon tout premier salon geek (qui ne sera je pense pas le dernier). Il est 1 heure du matin, je suis trop épuisée pour rédiger un dernier paragraphe à ce sujet, et dans quelques heures je plonge dans des semaines de travail intensif en apnée pour boucler la première partie de ma thèse. Je n’ai pas de conclusion propre à ce post confus : il me reste des souvenirs plein la tête, et la force de me plonger dans mon travail en sachant qu’à côté, il existe tout un réservoir de moments de vie incroyables qu’il ne tient qu’à moi d’explorer.

6 commentaires

  1. AbyssalChaos

    Ça m’a l’air… spécial, cette nuit fantastique. :p
    Là comme ça je ne suis pas spécialement séduite, ça me semble le terrain idéal pour raviver ma haine des gens mais pourquoi pas xD

    J’allais me laisser tenter par Life After Beth (juste parce qu’il y a Dane DeHaan sur l’affiche) mais si il y a des zombies je crois que je vais passer mon tour !

    • C’est spécial pour sûr, mais il ne faut pas du tout prendre cet événement au sérieux ! Les films diffusés sont d’ailleurs choisis pour ne pas être extraordinairement bons, ce qui permet un tel lâcher prise. Lorsque toute une salle amoureuse du cinéma du genre est prise dans le même délire, il est impossible de ne pas se sentir entraîné…

      Ah, Dane DeHaan, toi aussi :) Les zombies ne sont qu’un prétexte humoristique, ne laisse pas cela t’arrêter ! Le film est un peu maladroit et WTF, mais dans le genre indépendant curieux, quelques idées y sont bonnes à piocher.

  2. Assister au P.I.F.F est un de mes objectifs cinématographiques, mais je prendrais tout aussi bien la version belge puisque les concepts sont les mêmes. J’adore cette idée d’une salle enthousiaste où l’on partage à la fois les ratés et les réussites du cinéma. Plus le film est mauvais plus ça promet des moments d’anthologie. Par ici, il y a la nuit du 31 octobre qui est consacrée à des films d’horreur et l’ambiance survoltée qui règne parmi les spectateurs me fait toujours sourire. Ce n’est pas la même chose, mais cela me donne un petit aperçu de ce que ce festival pourrait donner.

    Et ces concerts avaient l’air géniaux. Ravie de voir qu’ils ont tous apporté quelque chose, c’est rare, et précieux.

    • Je ne savais pas que le concept était décliné à plusieurs endroits différents (mais ça me semble assez logique à y réfléchir, comme les Zombie Walk qui se sont démocratisées un peu partout pour devenir finalement tout et n’importe quoi…) Je suis curieuse de savoir si Paris a une aussi bonne ambiance que Bruxelles, l’événement m’a tellement plus à cette dernière que je pense y rester fidèle.

  3. Aleks Crément

    Je dois dire que j’étais assez emballée à l’idée de découvrir un nouveau blog cool, mais j’ai quitté le blog de Scarphelia à peine après avoir été sur la section About. J’ai recraché mon café sur ses mots: « Scarphelia was born on the 1st January 2013, for one sole purpose; because I was done with being unextraordinary. » Tout m’a tellement dérangé dans cette phrase et la suite n’était pas vraiment mieux, faut avoir des sacrées couilles pour se définir comme un tourbillon. Après je suis retournée sur un effort pour quand même voir le contenu et je suis tombée sur un article sur le fait qu’il y avait du Wifi sur un coin reculé d’une partie de l’Islande et que c’était chouette de pouvoir s’instagramer à volonté devant les glaciers. Tu me connais, c’était juste pas possible de mon côté :D

    Enfin, je suis contente de lire des gens comme toi qui donnent aux blogs une vraie raison d’exister et de voir que l’investissement des autres dans cette sphère peuvent réellement avoir un impact sur autrui.

    Ta description du Bifff est tout à fait brillante, je suis admirative du travail du graphiste des Paradis Artificiels, je suis tout à fait d’accord avec le fait d’aller dans l’ignorance totale à des représentations comme Plexus, et je ne pensais pas qu’un concert de Prodigy serait aussi « animé ».

    Le « Witness the sickness » m’a rappelé mon premier concert de Devildriver, la plus grosse boucherie que j’ai expérimenté cette année-là. A la fin du concert le chanteur a clôturé par un « We are Devildriver, and we did this to you. » Les gens avaient le nez pété, tandis que d’autres étaient par terre alors que j’avais réussi à survivre aux dernières 45 minutes on ne sait comment. Je me suis souvenue de cette phrase équivoque toute ma vie, ça aurait fait un excellent t-shirt.

    Sinon je te remercie vraiment pour le passage qui me concerne, cela me touche de lire que les ressentis sont « réciproques ». J’ai cette fâcheuse tendance à me rouler en boule les jours qui suivent des rencontres en pensant que tout le monde me déteste.

    Si jamais tu persistes dans cette attitude de saisie du moment et essayons tout et n’importe quoi, mon invitation au Castlefest en été est toujours d’actualité. On y va en caravane cette année, il y a plein de place pour y accueillir des tentes et des voyageurs occasionnels.

    https://nl-nl.facebook.com/pages/Castlefest/189101994437787

    Bisous!

    • Hahaha ta réaction face au blog de Scarphelia ne m’étonne absolument pas de ta part :) J’avoue que ses articles de ces dernières années m’attirent bien moins car bien plus dans le moule « blogueuse instagram populaire », mais j’ai pour ma part apprécié cette attitude couillue et assumée des débuts où elle envoie tout en l’air pour essayer de devenir quelque chose de grand. La force de caractère qu’il faut pour assumer des phrases telles que celle que tu cites m’émerveille, et pour avoir un peu discuté avec elle par email, n’est pas un crachat à la gueule de ceux qui n’en ont pas l’ambition. Je comprends toutefois tout à fait ta réaction de considérer ça comme un ramassis de bullshit prétentieux ^^

      On en avait déjà discuté, je cherche de plus en plus à faire l’effort de contacter les gens qui font l’effort de développer des blogs que j’aime, pour leur en faire part et leur dire à quel point ils ne font pas cela pour rien. J’ai vu l’évolution de la blogosphère sur 10 ans, et tenir un blog est devenu tellement insignifiant voire has been si on n’est pas un youtubeur-instagrammeur-Zoellaesque-insupportable qu’il me paraît essentiel de se serrer les coudes. Ça me donne en outre l’impression de moi aussi servir à quelque chose et de me dire que si j’impacte ou fais réfléchir une seule personne, alors je ne fais pas cela pour rien.

      Je pense que les concerts auxquels tu as l’habitude d’aller sont à un degré de mouvement et de déchaînement bien au-dessus de ce que j’ai pu connaître, et que l’ambiance à The Prodigy t’aurait paru une ballade à la campagne ^^ Néanmoins c’est surtout le décalage entre le spectacle bien trop léché et la violence de la foule qui m’a choqué, comme si cette dernière cherchait à compenser l’absence d’émotion sur scène. Devildriver, par ta description, avaient au moins le mérite d’assumer pleinement l’effet qu’ils causaient dans la fosse !

      Je t’écris de ce pas un petit mail plein d’amour pour le Castlefest <3

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