Connexions parallèles

Ces derniers temps je soupire beaucoup en constatant qu’Internet m’est de plus en plus étranger. Je râle sur la perte d’anonymat, je râle sur les articles putaclic, je râle sur l’uniformisation des contenus, je râle sur la course aux likes. Je crie sur les toits que c’était mieux avant, que je me sens isolée sur la Toile, que les blogs sont morts et que bientôt on m’enterrera avec (#dramaqueen).

Ce négativisme est monté en flèche en cette période où je vis seule. En effet, je me suis rabattue sur Internet pour occuper mes soirées vides, et force m’est de constater que le web n’arrive plus aussi bien à combler le vide qu’autrefois. Je me languis de ces nuits adolescentes passées à chatter, de cette multiplicité de nouveaux univers personnels à découvrir, de ces posts de blogs cryptiques que seuls pouvaient comprendre les membres d’une petite tribu privilégiée, de ces longs échanges de mails, de lettres et de colis traversant les quatre coins de la France. Internet a toujours été indispensable à mon épanouissement social, et je sombre souvent dans une nostalgie immense de cette époque où je m’y sentais bien moins seule.

Je me lamente de cette perte d’un temps meilleur non sans un certain sens de l’hystérie, puisque je réalise ces derniers temps que ce spleen n’est rien d’autre qu’un syndrome de l’autruche. J’oublie bien trop facilement que le web a évolué en même temps que moi et que l’utilisation que j’en fais. J’ai beau râler qu’Internet ne me rassasie plus autant, je ne peux négliger le fait que je le consomme toujours énormément, mais simplement différemment.

On est tous passés à l’âge adulte. Beaucoup d’entre nous sommes entourés de proches bien plus présents en réalité qu’une petite fenêtre webcam de 300 pixels de large partagée avec des inconnus. Certes, je conserve toujours précieusement toutes les captures d’écran que j’ai pu prendre à cette époque comme autant de trésors. Mais cela ne m’empêche pas d’avoir de longues discussions par Skype avec mes proches, de sortir boire des verres avec les personnes dont je commence à me rapprocher dans cette nouvelle région, d’être inspirée par Twitter, Tumblr et Instagram, ni de continuer à avoir des échanges merveilleux via ce blog. Alors pourquoi un tel paradoxe dans mon ressenti ?

Premier site web

Puisqu’on est dans la nostalgie, parmi ces trésors de mes archive se trouve enfoui le tout premier site internet que j’ai jamais publié, à 10 ans, dont voici une capture d’écran (je vous épargne le code source généré par Word, les gifs animés ainsi que la musique midi automatique à l’ouverture…)

Je me souviens d’une période où je découvrais régulièrement de nouveaux blogs hypnotisants, des artistes musicaux merveilleux qui m’accompagnent encore aujourd’hui et une multiplicité de courants de pensée qui me retournaient l’esprit. Si j’ai l’impression de sacrément ralentir dans mes découvertes, c’est déjà parce que j’ai bien moins de temps à y consacrer ; je travaille toute la journée dans un environnement où mon accès à Internet est très contrôlé, et je ne peux envisager passer tout mon temps libre à rattraper ce à côté de quoi je suis passée. Je crois aussi que ces perles se font plus rares parce qu’aujourd’hui elles sont moins évidentes. La période dorée de l’exploration était mon adolescence, celle où je ne connaissais encore rien à rien et où chaque découverte était une véritable révélation. Maintenant que les plus gros blocs de mes fondations sont posés, bien moins de nouveaux éléments sont capables de m’ébranler à ce point. Enfin, l’augmentation exponentielle de la quantité d’informations partagées et du bruit inévitablement associé finit de noyer les éléments de valeur qui me manqueraient encore.

Pourtant, je ne peux éteindre mon appétit dévorant de ces révélations hasardeuses. Ces effets ricochet qui, de lien en lien, afficheront sur mon écran un bouquin, un morceau de musique, une citation voire une personne qui transformeront à jamais ma vie, comme cela m’est arrivé tant de fois par le passé. J’ai hâte des prochaines fois, des prochains bouleversements qui me renverseront au détour d’un clic. En me penchant sur le regret que ces événements se font de plus en plus rares, je constate que je ne suis pas pour autant un exemple en la matière…

Trop souvent je consomme sans rendre en retour. Je ne suis pas une très bonne exploratrice, certes, mais je peux tout de même jouer un rôle dans la propagation des découvertes, dans l’effet boule de neige, dans l’entretien de ce partage que je chéris tant. C’est kReEsTaL qui me le rappelle à chaque fois qu’elle publie une de ses revues du web : je suis toujours abasourdie de la qualité et de la quantité des liens qu’elle se prend la peine de curer. Pourtant, je ne me prends que rarement la peine de les consulter, ce qui m’empêche de relayer à mon tour ceux qui m’auraient impactée. Je romps ainsi ce cercle vertueux dont le manque me fait paradoxalement tellement de peine.

Un autre exemple d’hypocrisie est cette impression de ne plus faire partie d’un petit réseau intime de blogs qui me plaisent, de déplorer la mort des espaces web individuels au profit des géants réseaux sociaux. Et si, au lieu de chouiner dans mon coin, je faisais le bilan de ce à quoi je tiens toujours sur le web ? C’est à nouveau kReEsTaL ainsi que la souris qui m’ont fait réfléchir, puisqu’elles ont toutes deux récemment publié leur blogroll, cette page relayant les sites internet qu’elles préférent. En ouvrant ma propre page de liens, j’ai constaté n’avoir partagé que les quelques blogs des personnes qui me sont le plus proches. Je me souviens avoir régulièrement pesté de devoir supprimer ceux qui fermaient, réduisant la liste comme une peau de chagrin. Ceci dit, trop enfermée dans ce culte du cercle intime, je ne m’autorisais pas à y publier des adresses qui m’étaient un peu plus éloignées, et pourtant que je consulte avec grand plaisir à chaque nouvelle publication.

Lasse d’être à ce point négative et suite à plusieurs échanges des plus stimulants à ce sujet ces dernières semaines, j’ai décidé ce week-end de me retrousser les manches. J’ai passé tout mon dimanche à trier les multiples flux internet que je suis, à sélectionner ceux que je préfère, à réfléchir à la meilleure façon de les décrire, à chercher une image pour les illustrer et à rassembler le tout en une nouvelle compilation de mes coins de web favoris qui, je l’espère, ne fera que grandir avec le temps. J’ai ainsi sacrément rafraîchi et complété ma page de liens, dont la nouvelle version est en ligne depuis aujourd’hui (Si la mise en page a l’air cassée, rafraîchissez le cache de votre navigateur. J’espère qu’il y aura dans le lot quelques adresses que vous ne connaissez pas encore !)

Une fois le travail fini, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. J’avais devant moi la preuve que non, le web personnel comme je l’aime n’est pas mort. Il a juste évolué, et est peut-être simplement plus difficile d’accès que par le passé. kReEsTaL me décrivait samedi une image qui m’a énormément plu. Celle d’un réseau parallèle de sites personnels, auxquels on n’a accès qu’en navigant de lien en lien, de commentaire en blogroll, de partages en recommandations. Un ensemble de blogs un peu plus cachés, moins focalisés sur le brassage des foules et bien plus sur l’aménagement d’un espace web à taille humaine. Qui ne peut exister que par la bonne volonté de ses contributeurs. Il est toujours là, mon web que j’aime. Il ne tient qu’à moi de l’entretenir en me poussant à partager, à commenter, à diffuser. Je vais être plus consciente et engagée dans cette démarche. Faut se serrer les coudes, que j’écrivais.

12 commentaires

  1. « La période dorée de l’exploration était mon adolescence, celle où je ne connaissais encore rien à rien et où chaque découverte était une véritable révélation. »

    En lisant ce passage, j’ai soudain réalisé que l’adolescence est sans doute une donnée que j’ai sous-estimée dans ma réflexion sur l’implication individuelle sur Internet.

    Ce sentiment d’une époque bloguesque révolue pourrait-il être lié à notre âge (et donc à notre expérience et à nos attentes, qui ont évolué) ainsi qu’à l’âge des personnes qui bloguent désormais ?

    Il m’était bien plus facile de bloguer quand j’étais ado puis étudiante, car je disposais d’un temps libre conséquent, et d’une charge mentale bien moindre. Comme toi, à l’époque, tout me semblait neuf et excitant, ma curiosité était sans cesse inassouvie. Je découvrais énormément, et je partageais énormément aussi.

    Aujourd’hui, en tant qu’adulte, tenir un blog me « coûte » bien davantage, en terme de temps et d’implication personnelle.

    Déjà, j’ai moins de temps libre que par le passé, puisque désormais je travaille à plein temps, et que mon blog n’est plus, dieu merci, mon seul hobby. Plus jeune, j’étais accrochée à mon blog comme une huître à son rocher, car j’étais extrêmement introvertie et je n’avais pas grand chose d’autre à faire (à part étudier).

    Aujourd’hui, mon temps libre est non seulement compté, mais également partagé entre plein d’autres activités. Et choisir de consacrer deux heures à mon blog plutôt qu’à une promenade, à une exposition ou à une séance d’aquarelle est un choix que je fais de moins en moins souvent.

    Ajouté à cela, effectivement, une exigence supérieure vis-à-vis de ce que je publie. Mes billets sont beaucoup moins spontanés (exception faite des arcanes), je les travaille plus, et je disqualifie plus facilement tel ou tel sujet que par le passé : non seulement parce que, comme toi, « les plus gros blocs de mes fondations sont posés, (et) bien moins de nouveaux éléments sont capables de m’ébranler à ce point », mais aussi parce que les personnes qui me lisent ont grandi, elles aussi, et n’ont plus les mêmes attentes non plus.

    Bloguer quand j’étais ado a été quelque chose de spontané et de naturel, j’en avais besoin pour me construire. Bloguer en tant qu’adulte est un effort, une activité facultative que je décide de poursuivre malgré tout. Mon identité n’est plus en jeu.

    Outre le temps désormais limité, bloguer en tant qu’adulte demande un investissement personnel différent de celui de notre adolescence. C’est une activité qui engage encore plus, étant donné que notre image professionnelle n’est jamais très loin de notre prise de parole personnelle.

    Et puis, on relativise beaucoup plus la soit-disante importance de ce qu’on a à dire.

    Enfin, peut-être que la sensation personnelle que le temps file, et que le passer sur Internet est un gâchis par rapport à d’autres activités autrement plus épanouissantes et – oserais-je le dire ? – saines, joue aussi.

    Le seul truc que j’identifie comme commun à mon adolescence et à mon présent, c’est le besoin insatiable d’écrire. C’est la seule raison objective que je vois qui expliquerait pourquoi je blogue encore, 18 ans après.

    L’autre jour, je te disais que je trouvais pathétique le fait de créer quelque chose ou d’aller visiter quelque chose uniquement parce qu’on a un blog à mettre à jour. J’y ai repensé, et en réalité, je ne considèrerais pas cela pathétique si, par exemple, j’étais en train d’écrire un ebook à ce sujet, ou bien si je devais préparer une conférence à ce sujet, et avais besoin de matériau de première main pour travailler.

    Si une explosion atomique détruisait Internet, sans doute que toi et moi continuerions à écrire, blog ou pas. Et sans doute que notre soif d’apprentissage, de découvertes et de discussions passionnées ne s’éteindrait pas pour autant. Ainsi, si je suis honnête, le blog n’est qu’un vecteur d’expression parmi d’autres. Ce n’est pas pire et pas mieux qu’autre chose. C’est neutre en soi.

    Faire des choses pour nos blogs serait pathétique si cela était motivé par la recherche de profit, par exemple. Là, je trouverais ça nul. Et d’ailleurs, je continue à vomir les billets et contenus sponsorisés, encore plus lorsqu’ils donnent lieu à des photos personnelles créées spécialement pour une marque. Je trouve qu’il n’y a rien de plus avilissant. Mais sans doute est-ce là encore une question de limite et de perception personnelles.

    Bref, la réflexion continue de mon côté, et je te remercie une fois encore de me donner du grain à moudre ! Je suis contente que ton idée initiale « le web est vide » se soit métamorphosée en « connexions parallèles ».

    J’ai parcouru rapidement ta nouvelle blogroll : j’ai hâte de partir à la découverte de ces nouveaux univers dont tu viens de partager la clé.

    • Whaou, ton commentaire mériterait d’être un article à part entière tant il est intéressant et complet ! Tu exposes très bien ton point de vue qui complète le mien par d’autres angles d’approche :) Je suis convaincue que nous sommes toutes deux passées par des périodes difficiles de remise en question bloguesques justement parce qu’il a fallu transposer cette activité à l’âge adulte, ses nouvelles responsabilités et préoccupations. Tu as parfaitement complété ce point que je n’ai pas beaucoup développé dans mon article, et je suis entièrement d’accord avec toi.

      « Si une explosion atomique détruisait Internet, sans doute que toi et moi continuerions à écrire, blog ou pas. » Cette remarque m’a énormément fait réfléchir, parce que j’ai réalisé avec surprise en la lisant que cela ne serait sans doute pas le cas pour moi. Outre ma correspondance, l’écriture n’a de sens que par ce travail de raffinement que je fais en publiant des articles. Même lorsqu’il s’agit de mon exercice quotidien d’écriture automatique : je l’entretiens car je sais que je pourrais en tirer de nouvelles pistes de réflexion à raffiner ensuite sur Hypo – le déversement de mots n’a de sens que s’il est travaillé ensuite, et ce travail n’a de sens pour moi que s’il atterrit sur Hypo au final. Sans blog, je n’aurais aucune motivation à passer par ce processus de dissection et peaufinement.

      Je me suis alors demandée ce que je deviendrais, sans ces pages comme tribune d’expression introspective et créatrice. Je repense à Aleks, qui me faisait part des nombreuses sources de créativité qu’elle a découvertes depuis qu’elle ne blogue plus, parce qu’elle a redirigé cette pulsion de créer dans d’autres activités auxquelles elle n’aurait jamais pensé auparavant. J’envie beaucoup cet épanouissement mais je m’en crois pas capable. Je crois que sans le blog, ma paresse l’emporterait sur l’envie de créer. Sans ce moteur, je m’enliserais dans mon propre confort et me sentirais sûrement très mal, mais pas au point de chercher d’autre solutions pour rétablir l’équilibre. Je pense qu’inconsciemment je savais déjà tout cela lorsque j’ai décidé de m’imposer cette périodicité de parution…

      Peut-être que, d’ici quelques années, je changerai d’avis à ce sujet. Je l’espère presque, j’ai toujours un peu honte de trouver le blog si essentiel, et n’ai pas encore réussi à mieux le détacher de mon identité comme tu sembles y être parvenue. Bref, je sais qu’on pourrait échanger des heures durant à ce sujet, et qu’on ne manquera pas de le faire encore souvent ;) Par ton commentaire, j’ai pu à nouveau affiner ma réflexion sur le « pourquoi blogue-t-on » ; preuve à nouveau que rien de tel que l’échange pour avancer !

  2. Hiii ! Plein de nouveaux blogs cools à me mettre sous la dent ! Merci !!

    • Oups, ton commentaire était passé en indésirable Nath, je ne sais pas du tout pourquoi ! J’espère que tu as pu faire quelques chouettes découvertes dans le tas, et j’espère aussi pouvoir enrichir la liste au fil du temps :)

      • C’est sans doute parce que j’ai un peu spammé : ces derniers temps, quand je souhaite commenter un blog, il arrive qu’une fois appuyée la touche « envoyer », Chrome me rebalance en haut de la page sans la moindre explication. Mon commentaire n’apparait pas et je n’ai même pas de mention « en attente de modération » ! C’est étrange :)

        Sinon, je suis d’ores et déjà amoureuse du blog de Maddie, et en ai ajouté quelques autres à mes favoris. Merci pour ces belles découvertes !

        • Un souci avec ton bloqueur de publicités peut-être ?
          Les textes de Maddie me marquent souvent très profondément, et parmi eux je relis régulièrement Ressac. Je tiens d’autant plus à faire découvrir ces trésors que trop de blogs que j’aimais ont fermé car leur auteur croyait ne pas être lu. D’où l’importance de plus en plus grande à mes yeux d’entretenir un tel réseau de partage et soutien !

  3. Elle est chouette, cette nouvelle blogroll (comment ça je dis ça parce que je suis dedans ?). J’aime bien l’idée de mettre un article en exergue, parce que le dernier en date n’est pas forcément le meilleur ou le plus représentatif de pourquoi on suit ce blog. En revanche, je serais totalement incapable de l’appliquer de mon côté parce que *choisir* oh mon dieu. ^^

    Merci aussi pour cette image venue du passé, quand WordArt était partout et le .png transparent nulle part. Cela aide aussi à relativiser la nostalgie, qui trouve peut-être moins sa source dans une certaine pratique du web que dans une période de notre vie. Ce qui me fait penser : peut-être que notre tendance à un engagement moindre dans les commentaires vient aussi de ce que nos articles sont de plus en plus réfléchis. Tant qu’on a utilisé le blog comme défouloir ou espace de private joke, on a suscité des émotions qui rendaient le commentaire facile – une réaction à chaud. Le critique d’un film ou la mise en perspective d’une tranche de vie peuvent évidemment susciter l’émotion, mais exigent un temps de réflexion, de digestion, qui peut décourager le commentaire (j’y réfléchis et je reviens commenter plus tard) voire l’inhiber (je ne parviens pas à formuler clairement ma pensée / je n’ai pas grand-chose à apporter et me sens ridicule à dire « super, j’ai lu »). Je ne sais pas si ça se vérifie dans ta blogroll, mais parmi les blogs que je lis, les plus commentés sont souvent plus du côté de l’émotion que de l’analyse (exception faite de ce blog-ci, où tu équilibres les deux ^^) : on se sent à nouveau légitime à ramener sa fraise et à faire écho à ce que l’auteur raconte avec notre histoire personnelle.

    Je remarque aussi qu’avec les réseaux sociaux, le blog tend à être perçu comme un site, sur lequel on hésite à laisser une trace pérenne. Si on n’est pas sûr de son coup ou que l’on veut juste laisser un petit mot pour dire qu’on a lu, Twitter paraît souvent plus adapté, moins intrusif…

  4. Je rejoins les autres : elle est super riche cette blogroll, pleine de découvertes pour moi, et l’idée de mettre un billet en avant est super. Ah, et aussi, je suis très flatté d’en faire partie :)

    De mon côté je n’ai plus grand chose des relations inter-blogs intenses que j’avais il y a une dizaine d’années, et qui m’ont notamment fait rencontrer certaines des personnes les plus chères de ma vie, des gens qui ont presque tou⋅te⋅s abandonné leur blog depuis. J’imagine que justement ces relations me comblent suffisamment au jour le jour pour ne pas ressentir plus de regret que ça pour l’époque et les moyens de communication qui les ont provoquées. Je continue à alimenter mon (mes !) blog parce que c’est comme une plante à entretenir, quelque chose dont on est fier si elle survit longtemps, et puis sans support où montrer ce que je fais je ne sais pas si je ferais grand chose… Tout ça est très égocentré.

    Et je ne sais pas non plus pourquoi je ne commente (presque) plus non plus. Il y a de la flemme, la « peur de déranger » qu’évoque La Souris aussi, celle d’ajouter du bruit parmi une cacophonie de multiples discussions sur de multiples supports. Et sûrement je ne cherche plus à tisser les mêmes liens qu’à une époque… Arf, je m’épanche, je m’épanche, mais surtout je prends conscience de plein de choses grâce à ton billet… Et je crois que comme toi j’ai quand même envie de me botter le cul pour pas laisser ces interactions disparaître :)

    • Épanche-toi seulement, ça me fait plaisir que tu dépasses cette appréhension de commenter pour partager tes pensées ! Ta réflexion sur notre participation au bruit me parle beaucoup puisque je me demande régulièrement à quel point j’entretiens ce système, jusqu’à ce que la souris me dise très justement que les gens n’étaient pas obligés de me suivre (et donc de l’écouter, ce bruit en question). Ça m’a libérée d’un poids, je me sens moins responsable de mon propre nombrilisme.

      L’exercice du blog tel qu’on le pratique est fondamentalement égocentré, tu as raison – pourtant, je le vois plutôt comme un support de développement personnel et un point de départ de soi vers l’autre. Tu cernes très justement l’apport d’une telle galerie virtuelle : celle d’un espace qui nous motive à le remplir, et donc à réfléchir, créer, partager, publier – et donc évoluer. Et quand je constate les multiples échanges que ça génère, les apports de nouvelles réflexions complémentaires, et les graines d’inspiration que ça plante chez d’autres, je me dis que ce nombrilisme a finalement beaucoup de fenêtres ouvertes vers l’extérieur :) Continuons à nous soutenir dans l’entretien de ce si chouette écosystème !

  5. Je suis vraiment contente de découvrir ton article, je venais justement de découvrir celui sur La Lune mauve qui m’a vraiment fait du bien ! Je pense que j’ai quelques années de moins (si je calcule par rapport aux indices disséminés et aux captures d’écran héhé), j’ai moins connu cette époque des débuts des blogs… Et je m’en rends compte quand je vois des blogueuses célébrer leurs 10 ans ou 15 ans d’activité ! Mais je me souviens très bien des premiers Skyblog créés à l’adolescence qu’on consultait essentiellement entre personnes qui se connaissaient déjà très bien… Puis plus tard, des découvertes plus au hasard de blogs que je suis depuis plusieurs années maintenant. Vive les réseaux parallèles ! Ils sont toujours bien là, même s’il faut gratter un peu parfois. Et je pense que c’est une belle raison de réhabiliter les Blogroll.

    • Bienvenue à toi Irène =) Pour moi, « l’âge d’or » des blogs dont j’ai tant la nostalgie date d’il y a dix-quinze ans environ (on est quand même bien après de cette première capture d’écran de site perso statique ^^). Toutefois, plus je cherche à cerner le sens de mon regret de cette époque, plus je me dis que la situation n’est pas si grave en réalité. Il n’y a pas forcément moins de blogs intéressants, il faut juste creuser un peu plus pour les dénicher. Vu que la quantité de publications personnelles sur le web a explosé ces dernières années via le développement de tous les réseaux sociaux, c’est un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin désormais. Ce qui n’en rend la découverte de nouvelles perles que plus précieuse (et comme tu le mentionnes, d’autant plus chouette qu’elle se fait souvent par hasard). Au final, ton commentaire est encore un joli exemple du bon fonctionnement de ce réseau parallèle qui me fait découvrir ton blog à mon tour :) (et chapeau à toi d’entretenir le mouvement via ton dernier article remue-méninges !)

  6. Merci pour ta réponse ! Je serai contente de revenir faire un tour par ici régulièrement !

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