X16 : Tokyo III

Pour ce dernier article sur Tokyo, pas l’temps de niaiser ! Moins de lieux visités et pourtant pas moins d’expériences, j’ai le plus grand mal à m’arrêter d’écrire et de compléter chaque partie de cet article au fur et à mesure des souvenirs qui me reviennent. Cette fois-ci on rayonne de Shibuya, un carrefour d’expériences on-ne-peut-plus typiques de la mégalopole japonaise !

Carte

Shibuya station : Hachikō chien fidèle et musique traditionnelle.

Il y a des années que les Louise me chantent à l’oreille « Enjoy Tokyo’s emulation » au cœur de Shibuya Station, le carrefour le plus emblématique de Tokyo. Flux tendu de piétons et de véhicules, je m’attendais à être submergée par ce tourbillon d’activité en le traversant. Et pourtant… Shibuya m’a presque déçue de simplicité. D’accessibilité. Tout y est chronométré, millimétré, les feux rouges sont scrupuleusement respectés, tant et si bien que l’ordre qui y règne diminue grandement l’impression de démesure du lieu – d’autant plus qu’il est impossible d’en avoir un point de vue en hauteur.

C’est à nouveau de nuit que j’en tomberai amoureuse, émerveillée de tant de lumières. Je me répète, mais ces ambiances de nuit sont vraiment ce qui me manque le plus de Tokyo : l’atmosphère était douce, les lampadaires jaunes enveloppaient les visages des passants de lumières chaudes, les écrans géants recouvrant les gratte-ciels ne cessaient de me faire lever la tête vers l’infini. Jamais une grande ville ne m’avait paru si immense et si rassurante à la fois, une contradiction que je pensais jusqu’alors impossible. C’est au beau milieu du carrefour de Shibuya que j’ai su que même si mon cœur criait pour un bout de verdure, il ne saurait jamais se détacher de la ville tout à fait.

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Shibuya

Hachikō

Dès la sortie de la gare de Shibuya, la statue du chien Hachikō est un point de repère où s’agglomèrent les touristes. Dans les années 20, Hachikō accompagnait son maître Ueno à la gare de Shibuya tous les matins. Flânant dans les rues durant la journée, Hachikō retournait devant la gare à l’heure du train du soir pour retrouver son maître et rentrer chez lui. Cette routine fut toutefois brusquement interrompue un soir où Ueno ne rentra pas. Atteint d’un AVC fatal sur son lieu de travail, Ueno ne retrouvera plus jamais son chien à la sortie du train. Et pourtant, année après année, Hachikō continua d’attendre son maître à la même heure devant la gare de Shibuya, et ce jusqu’à sa mort. Symbole de fidélité et d’honneur, Hachikō est actuellement empaillé au musée des sciences de Tokyo ; on dit que caresser les pattes de sa statue promet une relation longue et heureuse, à l’image de celle qu’il avait avec son maître (tout du moins, lorsque ce dernier était toujours vivant, sinon la métaphore relationnelle semble plutôt morbide.)

Inception Of Genocide

Un des nombreux écrans entourant la place de Shibuya a attiré mon attention : il présentait le nouvel album d’un groupe apparemment réputé au vu des publicités qu’il pouvait se permettre, Inception of Genocide. Le nom m’a tellement amusée que j’en ai pris une photo, me promettant une fois rentrée de jeter une oreille à ce groupe que je prenais naïvement pour un boys band de J-Pop qui voulaient se la jouer un peu dark. J’ai découvert leur musique grâce à la vidéo ci-dessous. Qui m’a fait piquer un fou-rire monumental, tellement mon idée reçue était à côté de la plaque. J’ai alors réalisé que ce groupe était promu sur un panneau publicitaire gigantesque, surmontant l’une des plus grandes places du pays. Essayez d’imaginer la même chose au beau milieu des Champs Elysées… :)

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Purikura, ma nouvelle photo de passeport.

Shibuya était un excellent point d’accès vers de nombreuses activités typiquement japonaises que je tenais absolument à essayer. Un peu de douceur après cette musique violente ? Essayons donc un Purikura ! Nous avons eu grand mal à repérer un de ces photomatons bien particuliers, et c’est au moment où nous allions abandonner notre quête que nous sommes tombés au troisième étage de ce tout petit bâtiment, intégralement rempli de ces immenses cabines au fonctionnement plutôt obscur. Aucune instruction en anglais, nous cliquions un peu partout au petit bonheur de la chance, essayant de suivre les gestes des modèles à l’écran, ne sachant absolument pas comment nous allions être cadrés, passant un temps infini sur une machine complémentaire à ajouter maquillage et gommettes, et ne comprenant absolument rien aux formats d’impression pourtant amplement détaillés… en japonais.

Nos photos seraient-elles toutes imprimées ? En une planche complète ? Fallait-il en choisir un seul cliché ? En quel format ? Au final, un décompte nous a pressés de boucler notre commande en choisissant un bouton au pif. Nous avons cru à une fausse manipulation de notre part, puisqu’aucune impression n’était en vue après quelques minutes d’attente. C’est en faisant tout le tour de l’étage que j’ai fini par trouver un bac où nos photos nous attendaient sagement, dans un format absolument minuscule de timbre poste. En levant les yeux, j’ai hélas repéré trop tard que toute une partie de l’étage contenait des déguisements en libre service qui auraient pu rajouter un sacré degré de WTF à notre expérience. Je trouve qu’on ne s’en est tout de même pas trop mal sortis niveau kawaii attitude sur nos clichés, non ?

Purikura

Purikura

Frapper des balles en plein centre-ville.

K nous a mis sur la voie d’une autre activité que je n’aurais jamais envisagée de pratiquer à l’autre bout du monde. Un soir en rentrant à notre hôtel, nous étions surpris d’entendre des bruits sourds réguliers ressemblant à des tirs à air comprimé. C’est en levant les yeux que K a découvert qu’au-dessus d’un parking public se trouvait… Un terrain d’entraînement de base-ball en libre accès ! Il était réjoui, j’étais totalement déconfite. Je dois avouer que j’ai peur des balles. Traumatisme de collège où je m’en suis prises beaucoup trop en pleine poire, mon premier réflexe dès qu’on me lance quelque chose est de me protéger le visage plutôt que de rattraper le projectile. Il était temps d’affronter mes peurs.

C’est ainsi qu’au cœur de Tokyo, pour 1000¥ (un peu moins de 10€ pour 3 parties), nous avons pu nous entraîner face à un automate qui nous lançait à intervalles réguliers des balles à la vitesse et hauteur définies par nos soins. Après avoir laissé K étudier la question et s’essayer à quelques frappes, j’ai fini par oser une partie à mon tour. Inutile de dire que je n’étais absolument pas douée, mais je me suis surprise à bien m’amuser et même à renvoyer quelques balles dans les filets !

J’avais été très surprise à mon arrivée au Japon, en prenant le train vers Tokyo, de voir le paysage constellé de ces immenses filets rouges ou verts délimitant des terrains dédiés à ce sport. Le base-ball est une réelle institution dans ce pays – il est ainsi logique qu’il trouve sa place dans le paysage urbain et soit accessible à tous.

Baseball

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Eliness baseball

Pousser la chansonnette en cabine.

C’est enfin dans Shibuya que nous nous sommes adonnés à un loisir emblématique du Japon : le karaoké. Celui-ci peut se pratiquer à chaque coin de rue, dans d’immenses bâtiments qui y sont entièrement dédiés. Nous avons jeté notre dévolu sur le Karaoké Kan où a été tourné cette scène emblématique de Lost In Translation (quitte à faire les touristes, autant le faire bien).

Lost in Translation karaoké

Nous avons choisi une cabine un peu moins luxueuse mais non moins bien équipée qui se loue à la demi-heure. K et moi nous sommes ainsi enfermés dans cette toute petite pièce insonorisée (mais à la porte vitrée tout de même, je vous vois venir ;) ), sans aucune instruction sur la façon de procéder. J’appuyais au hasard sur tous les boutons de l’écran-télécommande sans aucun résultat compréhensible (réminiscences du scénario photomaton qui se répète). C’était sans compter mon binôme qui a miraculeusement trouvé la section « chansons anglaises » et a pu mettre en route la machine. Une commande de boissons a complété notre installation : le serveur nous a activé tous les spots lumineux nécessaires, et mon verre surprenamment chargé en alcool a complètement éliminé toute gêne que je pouvais ressentir en chantant pour la première fois dans un micro (à grands renforts d’effets vocaux pour masquer les défaillances de nos voix peu habituées d’un tel exercice).

Nous nous sommes relayés durant une heure sur de bons classiques internationaux, chacun choisissant le morceau que l’autre allait devoir interpréter. Nous nous sommes bagarrés à coups de Bon Jovi, Vanessa Carlton, Beatles, Aerosmith, Pharrell Williams (ça c’était un coup bas, K)… Une sonnerie de téléphone nous prévenant de la fin de notre session m’aura fait réaliser que je passais vraiment un super moment, et que j’étais complètement épuisée au bout d’une heure de chant ! Le tarif modique (1450¥ soit ~14€ pour 2 boissons et 1h de karaoké) m’aura définitivement conquise sur cette pratique. Ça, et une fameuse interprétation de Bohemian Rhapsody que je garderai longtemps en mémoire…

Karaoke

Karaoke

Karaoke

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Gonpachi : Un saké chaud dans un décor de Tarantino.

Après Lost In Translation, nous sommes partis sur les traces de Kill Bill. Tout fan de Tarantino a forcément en tête cette scène emblématique du film, où Uma Thurman combat les fameux Crazy 88 (abstenez-vous si vous êtes sensibles à la vue du sang) :

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L’environnement de cette scène a été inspiré par le restaurant Gonpachi, non loin de Roppongi Hills (dont je vais parler juste après), validé par Tarantino et surnommé à juste titre le Kill Bill restaurant. Il s’agit en fait d’un izakaya, l’équivalent d’un pub anglais ou d’une brasserie française. Bien entendu, Gonpachi profite amplement de sa réputation avec des tarifs plutôt élevés, une nourriture qui n’avait pas l’air incroyable, et une clientèle principalement composée de touristes. Néanmoins, j’ai beaucoup apprécié d’y savourer un saké chaud en regardant le personnel s’affairer en cuisine, les serveurs criant chaleureusement bienvenue à chaque nouveau client, et ces lanternes chaudes se mariant parfaitement avec le bois omniprésent. Amateurs d’ambiances de fête, réservez une table vers la fin de soirée qui durera jusqu’à 5h du matin, heure de fermeture – nous avons préféré le calme d’un apéritif qui nous a permis de cocher ce lieu emblématique dans notre pèlerinage de cinéphiles.

Eliness Gonpachi

Gonpachi

Roppongi Hills : Maman, aliens, et appel du vide.

Louise Bourgeois - Maman

Roppongi Hills est un complexe de bâtiments dont la Mori Tower que je voulais absolument visiter pour plusieurs raisons. Je l’avais vue dominer la ville du haut de ses 238 mètres depuis la Tour de Tokyo, elle abrite un célèbre musée d’art moderne, et à ses pieds se trouve une statue de Louise Bourgeois, Maman. Cette araignée, dont de nombreuses reproductions sont parsemées aux quatre coins du globe, est pour l’artiste une représentation très particulière de la maternité : sa structure menaçante n’existe que pour protéger ses œufs. En cherchant plus d’informations sur cette interprétation, j’ai appris sans surprise que Louise Bourgeois s’inspire beaucoup de sa propre psychanalyse, qu’elle décrit très justement de la manière suivante :

The analysis / is a job / is a trap / is a job / is a privilege / is a luxury / is a duty / is a duty towards myself / my parents / my husband / my children / is a shame / is a fare / is a love affair / is a rendez-vous / is a cat and mouse game / is an interment / is a joke / makes me powerless / makes me into a cop / is a bad dream / is my interest / is my field of study / is more than I can manage / makes me furious / is a bore / is a nuisance / is a pain in the neck.

Le Mori Art Museum, au 53e étage, hébergeait une exposition proposant d’explorer les croisements entre art et espace. Pas moins de 200 pièces étaient présentées dans une visite qui nous a laissés plutôt perplexes. Était-ce le style minimaliste du musée, les explications très limitées en anglais ou la trame de l’exposition qui nous échappait ? Au lieu de voir l’exposition comme un ensemble, j’ai pris le parti d’y faire mon shopping, en me concentrant sur les œuvres qui me parlaient le plus.

Björn Dahlem - Black hole

Björn Dahlem – Black hole

Patricia Piccinini - The rookie

Patricia Piccinini – The rookie

Okayoshi Kunimune - Meteorite sword

Okayoshi Kunimune – Meteorite sword

J’ai été particulièrement émue de retrouver face à moi des éditions originales de l’Origine des Espèces de Darwin ou de Principia Mathematica de Newton, tout comme des croquis originaux de Léonard De Vinci, ou encore cette retranscription de l’alunissage d’Apollo 11 qui pour une raison obscure m’a fait monter les larmes aux yeux.

Newton - Philosophiae naturalis principia mathematica

Isaac Newton – Philosophiae naturalis principia mathematica.

Apollo 11

Retranscription d’Apollo 11

Hajime Sorayama - Sexy robot

Hajime Sorayama – Sexy robot

Semiconductor - Brilliant Noise

Semiconductor – Brilliant Noise

L’œuvre qui m’a le plus enthousiasmée est sans aucun doute cette projection de teamLab, groupe créatif manipulant l’espace de certains lieux pour y donner une nouvelle place au visiteurs qui les parcourent. J’ai assisté deux fois à ce petit court métrage, dont la force visuelle et musicale qui saturait mes sens m’a totalement bouleversée. Ce type d’œuvres font résonner en moi des cordes émotionnelles très simples d’accès, mais dont la portée intérieure est infinie ; c’est en ces moments-là que je suis infiniment reconnaissante d’être affectée d’hypersensibilité.

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Ancient aliens

Laurent Grasso – Ancient Aliens

La Tour de Tokyo nous avait déjà comblés d’une vue splendide sur la ville, mais j’ai tout de même profité de la possibilité d’un billet combiné entre le musée et la tour Mori pour avoir une vue sur Tokyo de nuit. Je n’ai pas compris au départ pourquoi nous étions obligés de laisser toutes nos affaires dans un casier avant de nous engouffrer dans l’ascenseur vers le haut de la tour. C’est une fois au sommet que je me suis retrouvée totalement bouche bée.

En plein air. Nous étions tout en sommet de la tour, sur une plateforme en plein air. À plus de 230 mètres du sol. Nous baladant en plein vent, à 360°, les lumières de Tokyo se déroulant à nos pieds. Je ne trouve pas les mots pour décrire à quel point c’était grisant. J’aime beaucoup voir passer sur Tumblr ces mots inventés pour décrire des sensations particulières, comme petrichor qui décrit l’odeur de la pluie sur le bitume, ou hiraeth, la nostalgie qu’on peut ressentir pour un lieu qui n’existe pas. Je souhaiterais fort qu’il existe un terme pour cet amour inconditionnel que je ressens envers l’appel du vide.

Au sommet de Roppongi Hills

Au sommet de Roppongi Hills

Harajuku : lolita, design et petits chats.

Le quartier de Harajuku m’a été décrit comme le coin le plus hipster de Tokyo. On m’y a promis de nombreuses lolitas, boutiques alternatives et cafés mignons. On y a surtout découvert une foule horriblement dense, des magasins tellement bondés qu’il était impossible d’y entrer, et une pluie fine qui a fini de dresser un tableau plutôt triste, nous abritant sous un petit auvent pour déguster une crêpe tiède en regardant les passants.

Harajuku

Harajuku

Angel crepes

Harajuku

Harajuku

C’est dans les petites rues qu’Harajuku dévoile finalement tout son charme : nous avons flâné une bonne heure au hasard des jolies découvertes, comme Oz Abstract, un créateur de bijoux en argent alternatif qui nous a accueillis dans sa petite cave-échoppe, ou encore la boutique vintage Junk Dealer Ripple dans laquelle K aurait pu tout acheter, et dont les propriétaires nous ont donné de chouettes recommandations culinaires.

Oz Abstract

Photo par Oz Abstract

J’avais noté dans ce quartier la Design Festa Gallery dont le concept m’avait enchantée : il s’agit d’une galerie d’art où les chambres se louent au mois, et dans lesquelles les artistes peuvent exposer absolument toutes les œuvres qu’ils veulent, des plus simples aux plus controversées. Fascinée par ces endroits où l’art dépasse le politiquement correct, je me réjouissais de découvrir un lieu de liberté d’expression totale. Je m’attendais à être confrontée à des œuvres d’art subversives, violentes, extrêmes, décadentes, et… et je n’ai pas compris.

Imaginez qu’on propose à un artiste une pièce entière où il peut faire absolument ce qu’il veut. Imaginez venir quelques heures plus tard pour le voir soigneusement clouer au mur des clichés de légumes encadrés. Bienvenue dans cette galerie d’art. La déception était à la hauteur de mes espoirs. Nous avons rapidement parcouru les quelques expositions minimalistes de photos de chevaux, de légumes, de vente de chapeaux et de dessins de petits animaux. À peine quelques tags sur les murs pour nous stimuler, mais pour le reste… Est-ce moi qui ai mal compris le concept de l’endroit ? Est-ce parce qu’il n’est qu’un aperçu salon annuel Design Festa, qui est reconnu comme une des plus grandes performances artistiques du Japon ? Est-ce simplement une question de culture ?

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Harajuku

Design festa gallery

Yanapyon

Cette toile de Yanapyon est la seule que j’ai retenue, et que je regrette de ne pas avoir eu les moyens d’acheter.

Bien heureusement, il y a eu MoCHA qui nous a vite fait oublier toute déception. Beaucoup de propriétaires Japonais refusent à leurs locataires d’avoir des animaux de compagnie, d’où la popularité des cafés à animaux : chèvres, serpents, hérissons, penguins, … J’en avais listé tout un tas d’entre eux, et tout comme les cafés à thèmes, je les ai quasiment tous éliminés après quelques recherches. Le café à chèvres ? Deux biquettes restant cloitrées dans une cage. Café à serpents ? Ils sont confinés à leur vivarium sur votre table, un extra conséquent devant être payé pour pouvoir les manipuler dans une pièce à part. Je me suis rabattue sur le café à chats, un classique, mais un design s’il-vous-plaît : Le café MoCHA de Harajuku est un véritable havre de paix au quatrième étage d’un immeuble juste en face de la gare.

Dès l’entrée, les consignes sont strictes : enlevez vos chaussures, désinfectez-vous les mains, n’embêtez pas les chats qui dorment, c’est 600¥ la première demi-heure et 200¥ par tranche de 10 minutes supplémentaires, sans compter les boissons. À deux, nous en avons vite eu pour plus de 30€, dépassant évidemment le temps initial obligatoire. Mais quel plaisir… Plus d’une dizaine de chats vagabondent librement dans un lieu tout en lumière spécialement conçu pour eux, organisé autour d’une structure en bois où ils peuvent grimper et de nombreuses cages suspendues où ils peuvent se nicher. De nombreux d’entre eux étaient d’ailleurs en pleine sieste, mais il nous suffira de quelques chatons, plus réactifs que leurs ainés, pour oublier toute notion de temps.

MoCHA cat cafe

MoCHA cat cafe

MoCHA cat cafe

MoCHA cat cafe

MoCHA cat cafe

MoCHA cat cafe

MoCHA cat cafe

MoCHA cat cafe

MoCHA cat cafe

Passée la vague d’émerveillement et de magie, je me suis demandée si ces chats étaient heureux. La plupart d’entre eux semblaient complètement indifférents aux visiteurs, se laissant photographier et manipuler sans réaction, regardant d’un air blasé toute tentative d’interaction. Ils étaient chouchoutés, brossés, nettoyés, et pourtant j’ai eu un peu mal au cœur en les comparant avec les chats que j’ai connus étant enfant, vagabondant librement en pleine campagne, nous ramenant régulièrement des souris, disparaissant parfois durant des jours, parfois définitivement, mais qui avaient dans le regard cette vivacité que seule la liberté peut procurer. C’est finalement Levi, ce dernier chat du café qui m’a semblé le plus heureux d’entre eux, parti loin dans ses rêves comme en attestent les ronflements adorables que K a enregistrés.

MoCHA cat cafe

Meiji-jingū

Non loin d’Harajuku se trouve l’immense parc Meiji, célèbre pour être au cœur de nombreux événements festifs à Tokyo. Nous avons hélas manqué les fameux rockers du dimanche, clones d’Elvis qui s’y retrouvent en une messe dansante à la gloire d’une époque rêvée. Un petit spectacle nous attendait toutefois en la présence de RyoTracks dont le beatbox m’a impressionnée, et dont le 365 project (366 cette année en réalité, 1 beatbox par jour) mérite un clin d’œil :

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J’ai été très déçue de Meiji-jingū au cœur du site, le plus grand temple shintoïste du pays, qui m’a laissée complètement de marbre. Une cour sans âme blindée de monde, des bâtiments inaccessibles, nous avons vite passé notre tour, préférant flâner dans le parc. L’atmosphère brumeuse dans laquelle se découpaient ces portes Tori en bois, les allées bordées de barils de saké en offrande à l’empereur, le chant des corbeaux croisant celui des cigales, et cette touriste qui nous a vivement recommandé de payer pour une visite du jardin intérieur – merci énormément à elle pour ce conseil qui aura été une belle source d’émerveillement.

Meiji-jingū

Meiji-jingū

Meiji-jingū

Eliness Meiji-jingū

Meiji-jingū

Meiji-jingū

Nephila clavata

J’ai déjà posté une photo de cette magnifique araignée qui est Nephila clavata, dont nous avons rencontré des dizaines de femelles aux couleurs chatoyantes et aux immenses toiles.

Meiji-jingū

Les transports de Tokyo

Le réseau de transports Tokyoïte est impressionnant et plutôt effrayant au premier abord : métro, bus, monorail, train, plusieurs compagnies différentes, distributeurs entièrement en japonais, titres de transport multiples et variés incompatibles selon les moyens sélectionnés… Un enfer vite simplifié par la carte Suica, une carte rechargeable valide sur tout le réseau à l’image de l’Oyster card Londonienne. En outre, chaque station est dotée d’au moins un point d’information dont les employés hyper serviables se font un plaisir d’aiguiller tout touriste égaré. Si ce n’est pas les passants eux-mêmes qui nous accostaient pour nous proposer leur aide lorsque nous hésitions à un croisement. Après une première acclimatation, on se met vite à repérer les arrêts et les lignes essentiels, et il devient rapidement naturel de s’orienter dans cette immense fourmilière.

Lors de notre dernière rencontre, Aleks et moi comparions nos expériences de voyages, elle à Séoul, moi à Tokyo. Elle m’avouait avoir eu en horreur ce cloisonnement silencieux extrême des passagers dans les transports, tous les yeux rivés sur leurs portables, sans prononcer un seul mot entre eux. Personnellement, j’ai vécu cette aliénation comme un véritable soulagement : je n’en peux plus du métro Lillois, de ses imbéciles qui font profiter toute la rame de leur musique pourrie, de ces connards qui m’accostent à répétition au mieux en me demandant ce que je lis, au pire en me sifflant ou en m’aboyant à la gueule, si ce n’est pas les alcooliques dont l’ébriété notoire semble donner l’immunité de pouvoir hurler ou se frotter contre tout le monde. Dans le métro de Tokyo, je me sentais enfin respirer, relâcher ma garde, ne pas avoir sans cesse besoin de tenir mon sac contre moi ni de surveiller du coin de l’œil toute personne qui s’approcherait de trop près. À croire qu’il ne peut hélas exister de juste milieu de cohabitation ; quitte à choisir, je préfère tristement l’isolation.

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Distributeur Tokyo

Métro de Tokyo

Eliness métro

Métro de Tokyo

Eliness - Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Métro de Tokyo

Nous voici ainsi à la moitié de notre aventure Japonaise ! Départ de Tokyo vers de nouveaux horizons dès l’article suivant… Je pense encore consacrer trois gros articles à ce voyage ; un effort de rédaction qui coïncide avec celle de mon manuscrit de thèse que j’écris en parallèle. Les deux projets me demandent beaucoup d’énergie et d’endurance, je serai fière d’y être arrivée au bout ! Il ne me reste plus que plusieurs milliers de mots à écrire d’ici-là…